17/07/2009

La marche de la mort

La marche de la mort

marche de la mort

Nous sommes donc partis, dans l’après midi du 18 janvier 1945… Nous étions plus de dix milles à marcher dans la neige. On marchait… On marchait sans cesse, sur vingt centimètres de neige, par -25° c, à peine habillés, presque squelettiques, sans même nous arrêter pour dormir ou rarement, tandis que les SS nous surveillaient. Nous pesions entre trente-cinq et quarante-cinq kilos. Ceux qui ne pouvaient plus avancer ou qui essayaient de se cacher, les SS les achevaient d’une balle dans la nuque sur le bord de la route, dans la neige, cet épisode, c’est la « marche de la mort ».

Extrait du livre Ce qu’il reste de nous page 103 de Murielle Allouche et Jean-Yves Masson.

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24/06/2009

Les Américains découvent les atrocité de Buchenwald

Les Américains découvrent les atrocités de Buchenwald


 

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Image du livre "Une épopée de la résistance du Colonel Rémy :édition Atlas.

Les atrocités de Buchenwald sont découvert par las Américains en 1945, ils n'en croyaient pas leurs yeux.

Si les déportés ne mouraient pas par la chambre à gaz, il mouraient de faim, de maladie, comme le typhus, par exemple, de la vermine, de froid, d'épuisement,de  soif, et de maltraitante, ils étaient battu à mort et les SS faisaient des expériences médicales en les mutilants sans anesthésie.

 

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18/06/2009

Cette fois c'est notre tour

Cette fois, c’est notre tour.

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Cette fois, c’est notre tour. Cette fois, ils s’arrêtent devant la porte. Nos dents claquent, nos nerfs sont tendus à craquer. Les camions ont stoppé devant notre block. La porte s’ouvre toute grande. Une bande de SS se rue avec fracas à l’intérieur.

La Blokowa avait placé son personnel aux portes pour faire sortir les malades de leur lit. Une bataille commence. Il y en a qui sortent dociles, résignées, le regard absent, mais d’autres se couvrent la tête de leur couverture et ne bougent pas, ou bien s’enfoncent dans leur paillasse. D’autre encore courent comme des  bêtes traquées à la recherche d’un abri. Les SS nous poussent à la  besogne, mais sont obligés de mettre eux-mêmes la main à la pâte et de traîner les victimes devant la secrétaire du block qui, liste en main, contrôle minutieusement le matricule sur le bras, tout en les comptant. Le SS responsable se tient à ses côtés avec une copie de la même liste et compte également. Une porte du block étant condamnée pour la circonstance, les femmes sont poussées dans la direction de l’unique sortie qui aboutit dans un vestibule d’où les SS et leurs aident les chargent sur des camions comme du linge sale. Arrivées près du vestibule, certaines se débattent encore, opposant une ultime résistance. Les SS frappent. Parmi les cris de douleurs, on entend des femmes lancer aux infirmières des adieux et des messages pour leurs parents et amis.

Le block se vide. Les dernières victimes qui gisent à terre, dans las passages entre les gravats et le poêle, sont traînées par les SS vers la porte. Mais le compte n’y est pas. Quatre numéros manquent. Les SS nous harcèlent : «Los, los, schneller ! » D’abord en menaçant que si nous ne les trouvons pas, ils en prendront quatre parmi nous. Ensuite par des promesses. C’est Tauber qui nous réunit pour nous annoncer que celle qui les trouvera aura du « zulage » ( une ration supplémentaire de pain et de saucisson). Mais, encore une fois, ils sont obligés de grimper eux-mêmes sur les grabats supérieurs où ils trouvent trois femmes enfouies dans la paille de leur paillasse. Ils les en sortent avec sauvagerie, en les rouant de coups. Elles tombent à peu près mortes. On les emporte sur le camion. Il en manque toujours une. Les SS s’impatientent. Ils en ont visiblement assez de ce « jeu ». Ils décident de faire partir le dernier camion. Auparavant, ils s’adressent à la secrétaire : « Si demain ton « schmuck-stück » n’est pas retrouvée, c’est toi qui iras à sa place. » La secrétaire est blême.

Les SS partis, nos nerfs lâchent. Une se trouve mal, une autre a un accès de spasmes. Quelques-unes parmi nous s’enfuient du block comme des folles. Nous  ne savons plus si ce que nous venons de vivre était  réel ou si nous avons rêvé un cauchemar d’enfer. Et brusquement, la malade introuvable, sortie, mais d’où ? Se trouve parmi nous.  La secrétaire et la blokowa l’assaillent. La secrétaire lui lance ce reproche : « Comment as-tu osé mettre ma vie en danger ? » La pauvre gosse, une vingtaine d’années, tremble de tous ses membres et sanglote. Elle tremble encore quand, enveloppée dans un tas de couvertures désormais inutilisées, nous la couchons sur un grabat. Le lendemain, nous l’avons trouvée sur sa couche, morte d’émotion et d’épuisement.

Extrait du livre : Les médecins de l'impossible de Chrisitian Bernadac page :376 ( Auschwitz : la solution finale)

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03/06/2009

Les enfants tziganes

Les Enfants tziganes.


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Sur les petites filles tziganes, certaines ont huit ans , les médecins SS pratiquent des expériences médicales. Une déportée tchèque, le docteur Tauferova, qui estime que cent quarante fillettes ont été stérilisées, installe l’appareil radiologique en position horizontale, puis Georgette voit une à une, des « cobayes » rentrer dans la salle d’opération : On entendait les pleurs et les cris des enfants et on les voyait transporter, sanglantes, dans une autre pièce de l’infirmerie, où on les posait sur le plancher.

Au block 9, on amena un jour une petite fille de douze ans, elle portait au ventre une énorme plaie ouverte qui ne cessa de suppurer. Les médecins SS, pour « observer » n’avaient pas recousu l’incision…Pendant ses quatre jours d’agonie, aucun des « observateur » SS ne vint examiner la petite tzigane.

A la libération du camp de Ravensbruck, tous les enfants avaient disparu. Tous sauf une petite fille maigrichonne, Stella ? L’enfant du miracle.

Extrait du livre "Les médecins de l'impossible"auteur Christian Bernadac

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01/05/2009

La dégénérescence de la race juive.

La dégénérescence de la race juive

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Lors de la sélection à l’arrivée des convois, le Dr Mengele aperçoit dans la file un homme bossu, d’environ 50 ans; il est accompagné de son fils, un garçon de 15 ou 16 ans dont le beau visage et la haute statue sont malheureusement assortis d’une infirmitérace, au pied droit.

Le Dr Mengele y voit d’emblée un exemple magistral de la dégénérescence de la race juive. Il Il fait sortir des rangs les deux « spécimens ».Il griffonne deux courtes notes sur son carnet qu’il confie à un sous-officier S.S. en lui ordonnant de conduire le père et le fils au crématorium n°1.

Il est midi. Aujourd’hui, le crématorium n°1 ne fonctionne pas. Nyiszli savoure le calme dans sa chambre lorsqu’un soldat S.S. frappe à la porte et lui enjoint de prendre en charge les deux juifs que Mengele lui envoie. Nyiszli parcourt alors le message qui lui est destiné : salle de dissection. Krema I.

« Examiner du point de vue clinique ces deux hommes. Faire des mensurations précises sur le père et le fils. Etablir des dossiers cliniques renfermant toutes les données intéressantes, et plus particulièrement celles relatives aux causes qui ont provoqués les défectuosités… ».

L’autre message est destiné au bureau du Krema…Le père et le fils ont suivi la scène, craintifs et interrogateurs. Nyiszli les rassure d’un ton calme et serein et leur fait traverser la cour ensoleillée qui mène au laboratoire, en faisant quelques remarques plaisantes. Evitant la salle de dissection, il les fait pénétrer dans la salle d’étude, claire et confortable.

Le médecin hongrois procède aux examens d’usage en maîtrisant ses nerfs mis à rude épreuve : « C’est moi le médecin juif, dit-il, qui doit examiner avec des méthodes cliniques ces deux juifs avant qu’ils ne meurent, et je dois ensuite, moi-même, disséquer leurs corps encore chauds. »

Tout est fini au bout d’une heure. Nyiszli leur demande alors : « Voulez-vous manger quelque chose ? », les deux hommes hochent la tête. Cela fait si longtemps qu’ils n’ont pas mangé à leur faim ! Ils se régalent bientôt de sauté de bœufs ai macaronis. Le médecin les regarde, déchiré : il sait que c’est un repas de condamnés. A peine ont-ils terminé que quatre hommes du Sonderkommando viennent  les chercher et les entraînant vers les fours. Ils reçoivent l’ordre de se déshabiller. Les dalles crépitent à deux reprises. Deux corps ensanglantés s’écroules sur le béton…

Un quart d’heure plus tard, les cadavres sont allongés sur la table de dissection, prêts à être découpés pour démontrer la dégénérescence de la race juive.

Extrait du livre : Les médecins de la mort de l'auteur Philippe Aziz EditionFamot, Geneve 1975

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23/04/2009

Dans la bouche le goût du gaz

Dans la bouche le goût du gaz.

 auschwitz chambres à gaz à gaz et crématorium

« Je ne sais pas vraiment pas comment m’exprimer, écrit Dounia Ourisson, pour décrire toute la terreur du block 25, dans les mois d’août à décembre 1942, à Birkenau…

C’est là qu’étaient rassemblées les détenues après les sélections, qu’étaient amenées les malades de l’hôpital  et les autres blocks, celles qui avaient commis quelques délit et celles qui avaient les jambes malades ou simplement enflées. Le block 25 était situé à l’entrée du camp, et en face de la  blockführerstube (La maison des chefs de blocks), afin que les gardiennes  S.S. puissent l’avoir constamment devant les yeux. La porte s’ouvrait que pour laisser passer autos se dirigent vers le crématoire avec leur chargement de détenues.

Ce seul mot de blocks 25 nous donnait déjà l’avant goût de la  mort et , rien qu’en prononçant, nous avions dans la bouche le goût du gaz. Le blocks 25 était séparé des autres par un fil de fer. Le portail en bois bien lourd s’ouvrait rarement ; il était défendu aux détenues de l’approcher. « Les responsables de blocks, à l’appel, ne faisaient plus de rapport aux gardiennes S.S. sur ces effectifs ; les détenues qui s’y trouvaient n’étaient plus considérées comme des êtres vivants. »

Après chaque sélection, dans la soirée, certaines détenues approchent de ce blocks pour mettre un peu d’eau  dans les mains tendues à travers la fenêtre, barrée de fil de fer, pour transmettre ou recevoir un petit mot d’une mère à sa fille, d’une sœur à sa sœur.

Les femmes enfermées dans ce block ont déjà perdu tout espoir. Elles savent que le block 25 est leur dernière étape avant la chambre à gaz. Elles attendent les autos quarante-huit heures, sans manger ni boire. Des mortes-vivantes reléguées dans  le dernier cercle de l’enfer. Certaines se résignent, d’autres se révoltent, sautent du grabat, courent au portail, le frappant avec leurs poings et crient : « Laissez-moi sortir, je veux vivre ! ».

Mais à 11 heures, tous les deux jours, ou parfois  tous les jours, le camion arrive devant le block 25.

« L’aufseherin S.S. (surveillante) Dresker, vêtue de sa blouse blanche, la cravache à la main, accompagnée du Dr Mengele, tous deux fumant des cigarettes après un déjeuner copieux, ordonne d’ouvrir le portail. La gardienne du block fait déshabillé les condamnées ; Leurs haillons misérables sont nécessaires pour d’autres, les prochaines victimes de ce même block.

Deux S.S. jettent les détenues nues dans le camions, l’une sur l’autre, afin de le remplir le plus possible et d’en finir d’un seul coup. Deux cent cinquante femmes sont ainsi chargées sur ce camion. Quand il est rempli, les S.S. le ferment, et deux autres d’entre eux prennent place à côté du chauffeur. Le camion démarre.

Un extrait du livre « Les médecins de la mort de l’auteur Philippe Aziz

 

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29/03/2009

suicide dans le ghetto

Suicide dans le ghetto

Les juifs du ghetto qui ne voulaient pas être déportés ou capturés se suicident à l'arrivée des SS, car ils savaient ce que les Allemands leurs réservaient.

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Voici une femme accrochée au balcon de sa maison, elle se jettera dans le vide


22:21 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Varsovie le Ghetto | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ghetto, ss, allemands |  Facebook |

11/02/2009

Premier convoi pour Auschwitz

Premier convoi pour Auschwitz

Il fait très beau, le ciel est lumineux lorsque, en début d'après-midi, ce 27 mars 1942, les quelque 4 000 juifs détenus au camp de Drancy sont rassemblés sur la place centrale, ceinte de bâtiments en U. Depuis sept mois, les nazis y parquent les juifs étrangers, appartenant pour la plupart aux "classes laborieuses", qui ont été raflés le 20 août 1941 par la police française, dans le 11arrondissement de Paris.

Edition abonnés Archive : Yves Guéna : "A Dachau, nous avons réalisé que c'était le nazisme que nous avions combattu"

Un officier allemand hurle 565 noms et chaque appelé doit sortir des rangs. Parmi eux, Joseph Rubinstein, 23 ans, et Simon Gutman, 18 ans, qui s'exécutent sans trop d'appréhension. En moins d'un quart d'heure les 565 hommes doivent rassembler leurs affaires personnelles dans des musettes et des baluchons. Ils comprennent alors qu'un départ s'organise. Vers où ? Personne ne sait.

pour le gazage aixchwitz

"Certains prétendaient qu'on allait nous emmener dans les Ardennes pour du bûcheronnage, raconte Simon Gutman. Nous pensions presque avoir de la chance de sortir de ce qui nous apparaissait comme l'enfer et n'en était en réalité que l'antichambre."

Destinés à des habitations bon marché, les bâtiments de Drancy ont d'abord été utilisés par le gouvernement de Vichy pour emprisonner des communistes puis par les Allemands pour l'internement des prisonniers de guerre français. Dans ce qui est devenu un "camp de représailles" pour les juifs, cerné d'une double rangée de barbelés et de quatre miradors, gardé et administré par les autorités françaises, les conditions d'hygiène sont déplorables et l'on souffre de la faim. La malnutrition a provoqué des centaines de cas d'œdème et de cachexie, et les décès se sont tellement multipliés qu'en novembre les autorités militaires ont dû libérer 800 des internés les plus malades.

Après de multiples comptages, les 565 sont conduits à la gare du Bourget-Drancy. Là, ils montent à bord des voitures de 3e classe d'un train de voyageurs. Il est 17 heures lorsque le train spécial 767 s'ébranle. Arrivé à Compiègne, il s'arrête et, dans la nuit, on fait monter 547 autres hommes. Il s'agit cette fois, en majeure partie, de juifs français arrêtés à leur domicile, à Paris, le 12 décembre 1941 — essentiellement des notables, dont le frère de Léon Blum, un sénateur, un colonel, plusieurs avocats célèbres — mais aussi de juifs étrangers, déplacés de Drancy à Compiègne, ainsi que d'un groupe, séparé, de 34 juifs yougoslaves. L'escorte est assurée jusqu'à la frontière allemande par des gendarmes français accompagnés d'un officier SS. Theo Dannecker, le chef du service des affaires juives de la Gestapo, antisémite fanatique, prend lui-même la direction du convoi.

"S'il y a une évasion, on fusille tout le wagon", a-t-on menacé les 1 112 "passagers". Un seul d'entre eux réussira à s'échapper avant Reims, où le convoi est verrouillé. Le lendemain, le train passe la frontière à Neuburg, traverse l'Allemagne et pénètre en Pologne. Au terme de trois journées, rendues très pénibles par la soif, le terminus porte un nom mystérieux : Auschwitz-Birkenau. Un double camp d'extermination qui restera pourtant dans l'histoire comme le symbole de l'horreur.

"Hébétés et épuisés nous avons été saisis par le froid et par la neige qui s'accrochait encore aux marécages de Birkenau où s'élevaient les premiers baraquements, se souvient Joseph Rubinstein. On nous a distribué des uniformes rayés et puis on nous a tatoués, à l'encre bleue." Bientôt, les hommes du premier convoi ne seront plus que des numéros de matricule, de 27533 à 28644. Joseph et Simon portent respectivement sur l'avant-bras les n° 28265 et 27815.

S'il a pris l'accent des titis parisiens, Joseph Rubinstein, surnommé "Jojo", est né en 1918 à Latoriz, un village de Pologne, dans une famille de sept enfants s'entassant dans deux pièces. Son père, tailleur, a émigré à Paris en 1923 et le reste de la famille l'a suivi un an plus tard pour s'installer dans le 11e arrondissement. Joseph qui, à 14 ans, a commencé à travailler comme tapissier, n'a plus quitté "son" quartier que pour une effroyable parenthèse de quatre années. "Le jour de la rafle, je circulais à vélo rue du Pasteur-Wagner lorsque des agents de police m'ont demandé mes papiers puis m'ont poussé dans un autobus. Démobilisé de la légion étrangère, j'avais fait l'erreur fatale de revenir dans la zone occupée."

Ayant conservé dans la diction certaines intonations d'Europe centrale, plus petit, plus rond, à la fois plus sûr de lui et plus fragile, Simon Gutman a pourtant bien des points communs avec Joseph. Il est né en 1923 à Varsovie, avait lui aussi six frères et sœurs et était également âgé de six ans lorsque son père, tailleur, est venu à Paris, en 1929. "Nous avions un petit logement-atelier dans le 10e , mes parents travaillaient quinze heures par jour, mais comparé à la Pologne, c'était presque le bonheur."

Inquiets pour leur sort, les déportés le sont plus encore pour celui de leurs parents, sœurs et frères. Le père de Simon, David, et sa mère, Syma, seront arrêtés en juillet 1942 et cette dernière ne reviendra jamais de la déportation. Son frère aîné, Maurice, pris dans la première rafle parisienne et détenu au camp de Pithiviers depuis le 14 mai 1941 sera transféré à Auschwitz. "Je n'ai pas réussi à le faire venir à Birkenau et un jour un gars du camp m'a glissé à l'oreille : 'Tu sais, Simon, ton frère est passé à la chambre à gaz'." Le moment qui reste le plus douloureusement marqué dans la mémoire de Simon est celui où, grâce à un ami qui l'avait reconnu dans un autre secteur, il put retrouver son vieux père. "C'était un petit bonhomme apeuré et très affaibli. Comme je sortais du typhus, il ne m'a pas reconnu et a demandé devant moi : 'Est-ce que tu as vu Simon ?- Et puis son regard s'est fixé au fond du mien et nous nous sommes embrassés..." Les larmes remontent, comme jadis. Dès lors, Simon, qui travaille aux cuisines, prendra son père sous sa protection, lui donnera un peu de sa ration et réussira à le faire partir, en septembre 1943, pour le déblaiement du ghetto de Varsovie, en compagnie de Joseph Rubinstein. Le père et le fils se retrouveront en 1945 à Paris, à l'hôtel Lutétia transformé en centre de regroupement. Squelettiques mais vivants.

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03/02/2009

LES EINSATZGRUPPEN (UNITÉS MOBILES D'EXTERMINATION)

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Peu avant l'exécution d'un jeune juif, les membres assassinés de sa famille sont étendus devant lui, les hommes a gauches sont allemands, ils aident a l'exécution par des membres d'un Einsatzkommando ( unité mobile d'extermination. 

Les Einsatzgruppen ( unités mobiles d'exécutions) étaient des escadrons de SS et de la police allemande qui suivaient l'avancée de l'armée

Les Einsatzgruppen (unités mobiles d'exterminations) étaient des escadrons de SS et de la police allemande qui suivaient l'avancée de l'armée allemande. Sous le commandement d'officiers de la Police de sécurité (Sipo) et du Service de sécurité (SD), ils reçurent pour mission, entre autres, d'exterminer ceux qui étaient perçus comme des ennemis politiques ou raciaux trouvés derrière les lignes de front en Union Soviétique occupée. Parmi leurs victimes, il y eut des Juifs (hommes, femmes et enfants), des Tsiganes, et des fonctionnaires de l'Etat soviétique et du Parti communiste. Les Einsatzgruppen assassinèrent également des milliers de patients dans des établissements psychiatriques. De nombreux chercheurs pensent que le massacre systématique des Juifs d'Union Soviétique occupée par les bataillons des Einsatzgruppen et la Police de l'ordre (Ordnungspolizei) constitue la première étape du programme nazi d'extermination de tous les Juifs européens.

 

 

 

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20/12/2008

Un survivant des Sonderkommandos témoigne

Un survivant des Sonderkommandos témoigne

Dow Paisikovic


Je m'appelle Dow Paisikovic, né le 1er avril 1924 à Rakowec (C.S.R.: Tchécoslovaquie) actuellement domicilié à Hedera, Israël. En mai 1944, je fus amené de Munkacs (ghetto) au camp de concentration d'Auschwitz et j'y reçus le numéro de détenu A-3.076, qui me fut tatoué sur l'avant-bras gauche.

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Le tri se faisait directement à l'arrivée.

Notre convoi fut soumis à une sélection. Environ 60 % d'entre nous furent sélectionnés pour les chambres à gaz, les autres furent dirigés sur le camp. Ma mère et mes cinq frères et soeurs furent aussitôt envoyés aux chambres à gaz. Au moment de la sélection nous ignorions à quoi servait cette répartition. Mon père et moi furent affectés au camp C de Birkenau avec les aptes au travail, où nous devions, sans raison, porter des pierres.

Le troisième jour arriva en civil dans notre partie du camp le SS-Hauptscharführer Moll, accompagné d'autres SS. Nous dûmes tous nous présenter à l'appel et Moll choisit les plus forts d'entre nous, exactement 250 au total. On nous amena sur la route qui traversait le camp: nous devions y prendre des pelles et d'autres outils. On nous amena à proximité des crématoires III et IV, où nous fûmes accueillis par des SS armés. Nous dûmes nous mettre en rang et cent d'entre nous furent détachés et amenés au crématoire III. Les autres durent continuer la marche en direction du bunker V (une maison de paysans où il était également procédé à des gazages); c'est là que le SS-Hauptscharführer Moll, arrivé à motocyclette, nous reçut dans son uniforme blanc. Il nous accueillit avec ces mots: « Ici vous aurez à bouffer, mais il vous faudra travailler. » On nous mena de l'autre côté du bunker V; la façade de ce bunker ne nous révélait rien de particulier, mais l'arrière nous fit voir à quoi il servait.

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Le batiment des chambres à gaz

Il y était entassé un amas de cadavres nus: ces cadavres étaient tout gonflés et on nous commanda de les porter jusque dans une fosse de six mètres de largeur et de trente mètres de longueur environ, où se trouvaient déjà des cadavres en train de brûler. Nous fîmes tous nos efforts pour amener ces cadavres au heu indiqué. Mais les SS nous trouvaient trop lents. On nous battit terriblement et un SS nous ordonna: « Un seul homme par cadavre. » Ne sachant comment exécuter cet ordre, nous fûmes encore battus et un SS alors nous montra qu'il fallait que nous prenions le cadavre par le cou avec la partie recourbée de la canne et l'amener ainsi de l'autre côté. Nous devions nous livrer à ce travail jusqu'à 18 heures. A midi, nous avions une demi-heure d'interruption. On nous apporta à manger, mais aucun de nous n'avait faim. Puis nous dûmes reprendre le travail. On nous amena au bloc 13 de la section D du camp de Birkenau, un bloc isolé. Ce soir-là, on nous tatoua (sur le bras) nos numéros de détenus.

Le lendemain, il nous fallut de nouveau marcher en colonnes, le groupe de cent au crématoire III, et nous autres, cent cinquante, au bunker V. Notre travail était le même. Il en fut ainsi pendant huit jours. Quelques-uns d'entre nous se sont jetés eux-mêmes dans le feu, parce qu'ils n'en pouvaient plus. Si j'avais à évaluer leur nombre aujourd'hui, je l'évaluerais à 8-9. Parmi eux se trouvait un rabbin.

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Lieu ou les cadavres étaient brûlés lorsque les fours crématoires n'allaient pas vite assez

Chaque jour arrivait une sentinelle SS avec 5-6 détenus SS, qui avaient à faire le même travail aux crématoires I et II, afin de prendre à la section D du camp la nourriture pour le Sonderkommando. Le huitième soir, le kapo du Sonderkommando du bloc 13 m'a désigné pour accompagner le groupe de détenus au crématoire II avec la nourriture: en effet, un détenu de ce groupe de travail n'était pas là et le nombre des sortants devait être le même que celui des arrivés. C est ainsi que j'arrivai par hasard au Sonderkommando du crématoire I. Il y avait là un kommando de cent détenus, et au crématoire II il y en avait un de quatre-vingt-trois. Le kapo en chef des deux kommandos (crématoires I et II) était un Polonais du nom de Mietek. Au crématoire I, deux Russes non-juifs faisaient partie du Sonderkommando; il y en avait dix au Sonderkommando du crématoire II. Tous les autres membres des deux kommandos étaient juifs, originaires surtout de Pologne, de Tchécoslovaquie et de Hongrie, ainsi qu'un Juif hollandais. Les Sonderkommandos dormaient dans les crématoires mêmes, un étage au-dessus des fours.

Notre kommando, tout comme le kommando II, fut réparti en une équipe de jour et une équipe de nuit de nombre égal. Le matin, nous nous présentions à l'appel dans la cour; on nous amenait sur le lieu du travail tandis que l'équipe de nuit était amenée dans la cour, comptée et pouvait alors se coucher.

Mon premier travail dans ce kommando fut le suivant: le kapo Kaminski, Juif de Pologne, m'avait chargé de creuser une fosse d'environ deux mètres de longueur, d'un mètre de largeur et d'un mètre de profondeur dans la cour du crématoire I. C'est dans ce trou que furent alors jetés les os sortant des fours crématoires. Une fois ce travail achevé, je fus affecté au transport des cadavres. Le gazage durait en principe trois à quatre minutes environ. Après quoi, pendant à peu près un quart d'heure, le système de ventilation était mis en marche. Puis, le contremaître ouvrait la porte de la chambre à gaz -- toujours sous la surveillance d'un SS -- et nous devions traîner les cadavres vers le monte-charge électrique. On pouvait monter quinze cadavres environ en une fois avec ce monte-charge. Nous devions porter les cadavres nous-mêmes, six hommes étaient affectés à ce travail. La plupart du temps, quelques-uns de ceux qui étaient à même le sol immédiatement auprès de la porte étaient encore en vie. Le SS les fusillait alors. La position des cadavres dénotait visiblement qu'en général la lutte contre la mort avait été terrible. Les corps étaient souvent déchiquetés; il est arrivé plus d'une fois que des femmes avaient accouché dans les chambres à gaz. En principe, 3 000 victimes se trouvaient dans la chambre à gaz. L'entassement était tel que les gazés ne pouvaient pas choir à terre. L'évacuation de 3 000 cadavres prenait environ six heures. Comme les quinze fours de ce crématoire mettaient environ douze heures pour brûler ces cadavres, ceux-ci étaient entassés dans la pièce devant les fours. Un autre groupe de notre Sonderkommando s'en chargeait. Lorsque nous avions vidé le bas de la chambre à gaz (en bas), notre groupe devait nettoyer la chambre à gaz à l'aide de deux tuyaux pour faire de la place pour le prochain gazage. Ensuite, nous devions aller aux fours crématoires et aider à transporter les cadavres vers les fours. Auprès des fours mêmes devaient travailler deux groupes de détenus, l'un de quatre et l'autre de six hommes. L'un devait s'occuper de sept fours, l'autre de huit. Ces groupes devaient enfourner les cadavres et veiller à une combustion convenable en se servant d'un long crochet. Comme la chaleur auprès des fours était très grande, ces groupes-là ne se voyaient pas attribuer d'autre travail; pendant les interruptions de travail, ils pouvaient se rafraîchir. En dehors de cela ils n'étaient chargés que de l'évacuation de la cendre et des os tombés à travers le gril. La cendre était acheminée à la Vistule par les détenus escortés de SS. Le transport avait lieu par camions.

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Les fours crématoires

Les cadavres mettaient environ quatre minutes à se consumer. Pendant que les cadavres étaient dans le feu d'autres détenus devaient tondre les cheveux aux cadavres préparés pour l'incinération (seulement pour les cadavres de femmes) et deux détenus dentistes devaient récupérer les dents et les bagues en or. Ils le faisaient à l'aide de tenailles. Dans le mur de la pièce devant les fours étaient aménagée une grande fenêtre. Deux à trois SS qui étaient dans la chambre de l'autre côté de la fenêtre pouvaient constamment contrôler de là notre travail.

Lorsque les fours n'étaient pas en mesure de brûler tous les cadavres, les convois destinés au gazage étaient amenés au bunker V où le gazage pouvait se faire pratiquement sans interruption parce que les cadavres y étaient jetés directement dans les fosses.

Quelques jours après mon arrivée au crématoire I, Mietek devint kapo en chef du Sonderkommando des crématoires I et II, Kaminski devint kapo du kommando I et Lemke (dont je ne connais pas le prénom) devint kapo du kommando du crématoire II. Kaminski et Lemke étaient des Juifs de Bialystok; leur numéro de détenus était de la série des 83 000. Lemke me prit avec lui au crématoire II où était également mon père. Je restai dans ce kommando jusqu'à son évacuation (18.1.1945).

Le Sonderkommando entier (dépendant des crématoires I-IV et du bunker V) comprenait 912 détenus au total à l'époque où notre groupe lui fut adjoint à titre complémentaire. Les autres détenus du Sonderkommando, qui étaient déjà en place quand notre groupe y fut affecté, avaient des numéros entre 80 000 et 83 000, un groupe composé de Juifs de Cracovie avait des numéros dans les 123 000. Je ne sais pas de façon sûre si les autres avaient été sélectionnés pour le Sonderkommando immédiatement après leur arrivée au KZ (camp de concentration) ou s'ils étaient passés auparavant par d'autres kommandos. Quelques détenus restaient au Sonderkommando un temps assez long: par exemple le kapo en chef Mietek qui avait un numéro dans les 5000 et qui avait été affecté au Sonderkommando par la compagnie disciplinaire; et deux orfèvres -- l'un du nom de Feldmann, était originaire de Tchécoslovaquie, l'autre, je ne me souviens plus de son nom -- qui avaient pour tâche de fondre l'or récupéré. (Cela se passait dans une pièce spéciale du crématoire II où était centralisé tout l'or de tous les crématoires, pour être fondu en de grands cubes sous la surveillance des SS.) Tous les vendredis un officier supérieur SS venait chercher l'or. De plus, le Juif tchèque Filipp Müller était au Sonderkommando depuis aussi longtemps que Mietek. Il était venu par un convoi de Theresienstadt et put survivre aux sélections du Sonderkommando parce qu'il était protégé par un SS originaire des Sudètes. Müller aurait pu devenir kapo au Sonderkommando. Mais il n'a pas voulu. De plus, un Juif de Paris, dénommé « Oler », était depuis longtemps au Sonderkommando. Il était artiste peintre et, pendant tout le temps que je connus le kommando, il avait l'unique tâche de peindre des tableaux pour les SS, il était dispensé de tout autre travail pour le Sonderkommando.

Nous savions qu'à part les exceptions mentionnées les détenus de l'ancien Sonderkommando étaient gazés. Ces gazages s'effectuaient par groupes, tout comme se faisaient par groupes les affectations au Sonderkommando. Un groupe du kommando spécial provenait du camp de Majdanek près de Lublin. Là déjà les détenus faisaient partie d'un kommando spécial affecté au même travail.

Comme il incombait à notre kommando de fouiller les vêtements des détenus suspendus dans les salles de déshabillage, nous avions la possibilité de nous approprier beaucoup de ravitaillement, d'alcool, d'or et de devises. La SS tolérait que nous mangions et même buvions de ces provisions. Ainsi, nous conservions nos forces. Nous n'en cherchions pas moins tous les jours la soupe (du camp) et les rations du secteur du camp pour ne pas perdre le contact avec le camp de Birkenau. J'étais en général avec le groupe qui cherchait le manger à la cuisine du camp de ce secteur. En général, nous étions escortés sur ce chemin par un vieil SS dur d'oreille; lui seul ne nous a jamais battus et regardait toujours de l'autre côté lorsqu'il se passait quelque chose qu'il ne devait pas remarquer. C'est ainsi que nous pouvions jeter le pain ramassé, et dont nous n'avions pas besoin, à des détenus d'autres secteurs du camp qui l'attendaient déjà. Nous buvions surtout beaucoup d'alcool. A cette condition-là, nous pouvions effectuer notre travail.

Au Sonderkommando de chaque crématoire, il y avait un groupe qui tâchait de se préparer à une résistance. Ces groupes étaient en contact entre eux et avec des groupes de résistants à Birkenau et même au camp principal d'Auschwitz. J'appartenais à ce mouvement. Nous passions de l'or et des devises en fraude à nos camarades dans le camp; ils employaient ces objets de valeur afin de pouvoir mieux organiser la résistance. Je me souviens de trois frères de Bialystok qui déployaient une activité toute spéciale dans ce sens. Même les Russes de notre kommando -- il s'agissait d'officiers supérieurs -- étaient très actifs. De tous les détenus de notre convoi en provenance de Hongrie, seuls mon père et moi étions au courant de cette organisation de résistance. Quelque temps après, mon père se vit attribuer la tâche de concierge du crématoire II.

Notre convoi était le troisième de la longue série de convois de Juifs en provenance de Hongrie. (L'Ukraine subcarpathique, d'où je suis originaire, avait été à l'époque attribuée à la Hongrie.)

Tous les jours, des convois arrivaient de Hongrie à cette époque, et entre temps des convois d'autres pays et des « musulmans » au camp. Il ne se passait guère de jour sans qu'il y eût de gazage. Chaque fois, nous avions à nettoyer le crématoire tout entier. Comme les SS nous donnaient des ordres pour préparer les fours (en les faisant chauffer, etc.), nous savions quand un convoi était attendu. Après les grands convois de Hongrie, l'action suivante fut celle du ghetto de Lodz. Tous les jours -- je crois que c'était en août 1944 -- deux de ces convois arrivaient de Lodz.

Une fois achevée ce qu'on nommait l'action de Hongrie, les Juifs hongrois qui avaient été affectés à l'époque au Sonderkommando furent liquidés. Mon père et moi-même n'avions échappé à cette action d'extermination que parce que nous avions été affectés au Sonderkommando du crématoire II; les autres détenus de notre convoi étaient au bunker V et aux crématoires III et IV. Ces détenus furent conduits au camp principal d'Auschwitz et y furent gazés. Les cadavres furent amenés de nuit au crématoire II et brûlés par les SS eux-mêmes, cependant que tout notre kommando était consigné à la chambre. Nous avons été au courant parce qu'on nous fit emporter les vêtements des détenus. Nous reconnaissions les vêtements et les numéros des détenus. Après l'action d'extermination de Lodz, d'autres détenus du Sonderkommando furent encore liquidés; la plupart d'entre eux étaient affectés au bunker V, un petit groupe faisait partie du Sonderkommando des crématoires III et IV. La procédure de liquidation était identique. Il s'agissait d'environ deux cents détenus au total. Pendant tout le temps que je passai au Sonderkommando (de mai 1944 jusqu'à l'évacuation, en janvier 1945) aucun détenu nouveau n'y fut affecté.

Les crématoires étaient si solidement construits que pendant tout ce temps je n'eus connaissance d'aucune défaillance de fours ni de crématoires tout entiers. A plusieurs reprises, le monte-charge des cadavres tomba en panne parce qu'il était trop plein. Souvent, des officiers SS de la direction des constructions venaient inspecter les crématoires.

Un médecin détenu, hongrois, devait procéder à des dissections dans une salle spéciale. Il opérait sous la surveillance d'un médecin SS dont je ne me rappelle plus le nom. Dans cette salle, il y avait une table de dissection. On faisait surtout des dissections d'êtres anormalement constitués (par exemple des bossus) et de jumeaux. Je me souviens avec précision que le Dr Schumann était lui aussi présent à ces dissections et en supervisait certaines. Les détenus désignés pour opérer ces dissections furent exécutés, non dans les chambres à gaz, mais par des injections. On récupérait également le sang et divers organes de ces détenus pour en approvisionner des hôpitaux militaires.

Depuis un certain temps déjà nous projetions une révolte. Le noyau de cette organisation se trouvait dans notre crématoire II. Les Russes étaient les meneurs, de même que les kapos Kaminski et Lemke. Lorsqu'en automne 1944 les actions d'extermination furent complètement arrêtées, sur ordre de Berlin, et qu'on nous donna pour tâche d'effacer les traces de l'action d'extermination, nous comprîmes que le moment de notre propre liquidation approchait. Notre révolte devait la prévenir. Voici quel était le plan: un jour où il n'y aurait pas de convoi et par conséquent pas de renfort de SS près des crématoires, notre groupe qui emportait régulièrement la nourriture de ce secteur du camp pour la porter aux divers crématoires, viendrait avec des bidons d'essence là où chaque crématoire se ravitaillait. Seul, au crématoire I, on n'apporterait pas d'essence, parce que ce n'était pas utile. Au bunker V, il n'y avait à cette époque plus de Sonderkommando, l'extermination y ayant déjà été complètement arrêtée. L'essence avait été préparée par l'organisation de résistance à la section D du camp. Un dimanche du début d'octobre -- je crois que ce devait être le 6 ou le 7 octobre -- la révolte devait être déclenchée. Les détenus désignés pour apporter la nourriture furent choisis ce jour-là de telle sorte que seuls y allaient les initiés au plan. Tous venaient du crématoire II. J'étais du nombre. Nous amenâmes les bidons d'essence camouflés en soupe aux crématoires IV et III, mais lorsque nous arrivâmes à notre crématoire II, nous entendîmes déjà des coups de feu partis des crématoires III et IV, et vîmes un début d'incendie. Le plan avait été de commencer la révolte par un feu allumé à notre crématoire II. Son déclenchement prématuré le fit échouer. Les SS donnèrent aussitôt l'alarme et tous les détenus du crématoire II durent se rendre à l'appel. Le SS-Oberscharführer Steinberg, chef du crématoire II, nous compta; lorsqu'il se rendit compte que personne ne manquait, on nous enferma tous dans la salle de dissection. Le crématoire III était en feu et les détenus du Sonderkommando des crématoires III et IV coupèrent les fils et s'évadèrent; certains furent abattus sur-le-champ. Au crématoire I, les détenus du Sonderkommando coupèrent également la clôture électrique avec des ciseaux isolés et s'enfuirent. Il était prévu que les barbelés du camp des femmes seraient également coupés afin de leur permettre une fuite en masse. Cependant, en raison du déclenchement prématuré de la révolte ce ne fut plus possible. Les SS réussirent à rattraper tous les fugitifs. Le soir même, un groupe d'officiers SS arriva devant notre crématoire et nous enjoignit de faire sortir vingt des nôtres pour reprendre le travail. Or, nous étions persuadés qu'en dépit de toutes les dénégations, on nous répartirait en groupes pour mieux nous liquider; nous refusâmes donc de sortir de la salle de dissection. Les SS amenèrent alors du renfort et forcèrent vingt détenus à travailler. Bientôt de la fumée s'éleva du crématoire I. Nous en concluâmes que les vingt camarades avaient bien été amenés au travail. Leur tâche consistait à brûler les cadavres de ceux qui avaient été tués pendant leur évasion. C'est ainsi que tous les détenus du kommando spécial des crématoires I, III et IV furent massacrés. De notre kommando, un seul détenu fut tué; c'était celui qui avait coupé les pneus de la bicyclette d'un SS pour l'empêcher de s'en servir: le SS -- surnommé le « Rouge » -- a battu ce détenu jusqu'à ce que mort s'en suive.

De ce jour, les crématoires I, III et IV furent fermés. Les crématoires III et IV étaient détruits par la révolte et inutilisables, le crématoire I restait intact. Il n'y eut plus de gazage dans aucun crématoire. On nous fit brûler les cadavres qui arrivaient du camp; de petits groupes de détenus et de civils furent fusillés dans notre crématoire à partir de ce moment-là. Ces exécutions avaient lieu à l'étage au-dessus. Elles étaient l'œuvre d'un certain SS-Unterscharführer Holländer, qui, en principe tirait un coup de fusil dans la nuque; l'arme était munie d'un dispositif qui étouffait le son. Holländer nous était déjà connu pour sa cruauté particulière. Il a battu les détenus destinés au gazage, jeté des enfants contre le mur, etc. A notre égard, détenus du Sonderkommando, Holländer était toujours aimable. Holländer était de taille moyenne, maigre; il avait le visage allongé, des cheveux châtains et pourrait être originaire d'une région voisine de la Yougoslavie. Il avait environ trente-deux ans.

Quatre-vingt-deux détenus du Sonderkommando -- c'étaient nous, ceux du crématoire II -- ont survécu jusqu'à l'évacuation d'Auschwitz. Lors de cette évacuation, le 18.1.1945, la troupe de SS était déjà en pleine désorganisation. Nous en profitâmes pour marcher vers le camp D. Dans la course, un bon nombre d'entre nous furent tués d'une balle; je ne saurais dire combien, pressé que j'étais d'arriver au camp. Tous les détenus du camp D furent amenés au camp principal d'Auschwitz, c'est là que les SS recherchaient, de nuit, ceux qui avaient été affectés aux crématoires et qu'ils pouvaient reconnaître pour avoir fait partie du Sonderkommando. Personne évidemment ne s'est présenté à l'appel. Quiconque était découvert était fusillé sur-le-champ. Mon père et moi, nous nous cachâmes sous un lit. Je ne peux rien dire de plus, sinon que Filip Müller et Bernhard Sakal (qui vit actuellement en Israël et est originaire de Bialystok) ont pu également sauver leur peau.

Il y eut aussi au Sonderkommando II un certain Léon, le cuisinier, Juif polonais qui avait vécu à Paris; il était déchargé du travail général du Sonderkommando, étant affecté à la cuisine des SS. Il ne devait travailler au service des cadavres comme nous tous que s'il y avait vraiment beaucoup de travail. Nous étions très liés et j'ai appris ainsi que Léon avait pris des notes dès le moment où il fut affecté au Sonderkommando. Il a tenu une sorte de journal et noté les crimes des SS, ainsi que les noms de certains criminels SS. De plus, il a ramassé des documents, des passeports, etc., trouvés près des vêtements des assassinés et qui lui semblaient importants. Aucun d'entre nous n'a lu ces notes, mais je savais qu'elles existaient. Le mercredi qui précéda la révolte, j'ai enfoui tous ces documents en un lieu que j'ai soigneusement conservé dans ma mémoire. Les papiers se trouvaient dans un grand récipient en verre (contenance environ cinq litres), qui avait été graissé et hermétiquement fermé. Puis nous plaçâmes ce récipient en verre dans une caisse en béton que nous avions coulée. Cette caisse en béton fut enduite de graisse à l'intérieur, puis fermée au béton. Nous y enfermâmes également des cheveux de cadavres' des dents, etc., mais par principe aucun objet de valeur, afin que ceux qui trouveraient un jour cette boîte ne soient tentés de la piller pour s'emparer de tels objets de valeur. Le rabbin de Makow et Zalmen Rosenthal prirent des notes qui furent enfouies ailleurs -- je ne sais où.

douches à Auschwitz

La chambre à gaz

Pour finir, je voudrais encore décrire comment se passait une action de gazage. Nous avons vu de quelle façon on procédait aux sélections à l'arrivée des convois à la rampe. Ceux qui étaient sélectionnés pour le travail étaient conduits aux sections C et D du camp, ceux qui étaient destinés au gazage étaient conduits au FKL (camp de concentration pour femmes). Ceux qui étaient capables de marcher étaient amenés au crématoire à pied; les autres étaient chargés sur des camions Au crématoire on faisait basculer le camion et on jetait les malades à terre. Une voiture d'ambulance avec la Croix-Rouge amenait les boîtes de gaz. Tous étaient conduits à la salle de déshabillage, les SS leur ordonnaient d'enlever leurs vêtements. On leur disait qu'ils devaient se laver. Auprès de chaque crochet il y avait un numéro et on leur recommandait de bien retenir ce numéro. Tous ceux qui avaient encore des paquets devaient les déposer devant la salle de déshabillage. Des voitures amenaient ensuite ces effets au « Canada ». On commençait toujours par les femmes et les enfants. Lorsque ceux-ci étaient nus, les SS les conduisaient à la chambre à gaz. On leur disait qu'ils devaient attendre que l'eau arrive. Ensuite, les hommes devaient se déshabiller et se rendre également dans la chambre à gaz. Chacun devait nouer ses chaussures et les emporter. Avant de pénétrer dans la chambre à gaz, il devait remettre ses chaussures en passant à deux détenus. La plupart d'entre eux n'ont pas su ce qui leur arrivait. Parfois, ils savaient quand même quel sort les attendait. Alors ils priaient souvent. Il nous était détendu de parler avec les [détenus des] convois. Dès que les femmes étaient déshabillées et dans la chambre à gaz, un kommando de chez nous devait enlever les vêtements et les emmener au Canada; les hommes se trouvaient de nouveau en présence d'une salle de déshabillage vide et propre. Ceux qui étaient incapables de se déshabiller eux-mêmes devaient être aidés par des détenus de notre kommando. Deux détenus étaient régulièrement accompagnés d'un SS. Seuls, les détenus qui semblaient aux SS particulièrement dignes de confiance étaient affectés à ce travail. A chaque action de gazage, plusieurs officiers SS étaient, en plus, présents. Le gaz était jeté, dans notre crématoire, soit par le Hollandais, soit par le « Rouge », qui se relayaient par équipes. Ils mettaient des masques à gaz à cet effet. Souvent, le gaz n'arrivait pas en temps voulu. Les victimes devaient alors attendre assez longtemps dans la chambre à gaz. On entendait les cris de très loin. Souvent, les SS se livraient aussi à des excès particulièrement sadiques. C'est ainsi que des enfants furent fusillés dans les bras de leurs mères juste devant la chambre à gaz, ou jetés contre le mur. Quand l'un des arrivants disait un seul mot contre les SS, il était fusillé sur place. La plupart du temps de tels excès n'avaient lieu que lorsque des officiers supérieurs étaient présents. Lorsque la chambre à gaz était trop remplie, on jetait souvent des enfants qui ne pouvaient plus y entrer par-dessus la tête de ceux qui s'y trouvaient déjà. Du fait de la compression, d'autres victimes étaient tuées par piétinement. Les SS nous répétaient souvent qu'ils ne laisseraient pas survivre un seul témoin.

Cette description correspond en tout point à la vérité et a été faite en mon âme et conscience.


Témoignage de Dov Paisikovic au procès d'Auschwitz. Déposition du 17 octobre 1963. CCCLXI-370 (CDJC). Cité dans Léon Poliakov, Auschwitz, Gallimard / Julliard, coll. « Archives »1964, pp. 159-171.

01:39 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ss, auschwitz, crematoires |  Facebook |

13/11/2008

SS et Ukrainiens

600.000 personnes sont mortes dans les chambres à gaz de Belzec, les cadavres par milliers furent brûlés et enterrés dans des fosses communes durant l'année 1943

camp de Belzec

ceci est une photo trouvée sur un SS fait prisonnier

Une femme peu avant son exécution à Belzec.

Le soldat sur la gauche est un SS, les soldats du fond sont des gardes Ukrainiens

 

 

00:03 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Belzec le Camp | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : execution, ss, prisonniers, belzec, ukrainiens |  Facebook |

10/11/2008

Découverte à Berlin de documents d'Auschwitz

Découverte à Berlin de documents d'Auschwitz

J.C. (lefigaro.fr) avec AFP
10/11/2008


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Ces documents originaux ont été retrouvés en vidant un appartement berlinois. Certains sont signés par le grand chef de la SS, Heinrich Himmler.

Ce sont «les documents de l'horreur», comme les appelle Bild. Selon le quotidien allemand, des plans de construction originaux du camp d'extermination nazi d'Auschwitz ont été retrouvés en vidant un appartement à Berlin.

Le journal publie samedi en pleine page des fac-similés de plusieurs de ces documents. Il s'agit au total de 28 plans à l'échelle 1/100e, datés entre 1941 et 1943 et estampillés «Direction de la construction des Waffen-SS et de la police».

Certains sont signés d'anciens hauts responsables SS, l'un comporte les initiales de leur maître absolu, Heinrich Himmler.

Bild ne donne en revanche aucune précision sur le lieu, l'auteur et la date des ces trouvailles.

Mais selon le directeur des archives fédérales allemandes à Berlin, Hans-Dieter Kreikamp, interrogé par le journal, l'importance de ces documents est «extraordinaire»: «C'est la preuve authentique du génocide systématiquement planifié des juifs d'Europe».

Certains documents reproduits évoquent la construction d'un «camp de prisonniers de guerre» à Auschwitz.

La «cave aux cadavres»

Pourtant l'un représente clairement une chambre à gaz, intitulée comme telle («Gaskammer»), de 11,66 m sur 11,20 m. Ce plan a été dessiné par le «détenu N. 127», le 8 novembre 1941. A cette date, des expérimentations du gaz Zyklon B avaient déjà commencé.

Autrement dit, bien avant la conférence de Wannsee, qui s'est tenue le 20 janvier 1942, pour organiser la «solution finale de la question juive», c'est-à-dire l'extermination les juifs.

Un autre fac-similé montre le plan du célèbre long bâtiment d'entrée du camp d'Auschwitz-Birkenau, où avaient lieu les exterminations dans des chambres à gaz et auquel la voie ferrée conduisait directement pour déverser ses chargements de victimes.

Un plan montre également le premier crématorium. Cinq carrés y désignent les futurs fours crématoires. Le document annoté évoque la «L.Keller» pour «Leichenkeller», soit la «cave à cadavres», dont la longueur initiale prévue était de «8 mètres» mais pouvait être étendue «selon les besoins».

Plus d'un million de déportés, essentiellement des Juifs, ont péri au «camp de la mort» d'Auschwitz, situé près de Cracovie, en Pologne.

Plus de 6 millions de juifs sont morts sous le nazisme, selon les estimations les plus restrictives.

La libération d'Auschwitz le 27 janvier 1945 par les troupes soviétiques a permis de révéler au monde l'ampleur monstrueuse des crimes nazis.

21:14 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Camps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guerre, nazi, genocide, ss, extermination, plans, prisonniers, auschwitz, berlinois |  Facebook |

18/10/2008

Captures de combattants Juifs au ghetto de Varsovie.

Captures de combattants Juifs au ghetto de Varsovie.

résistance juve au ghetto de Varsovie

Combattants de la résistance juive capturés par les troupes SS au cours de la révolte du ghetto de Varsovie. Varsovie, Pologne, du 19 avril au 16 mai 1943.

23:54 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Varsovie le Ghetto | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pologne, varsovie, ghetto, revolte, resistance, ss, combattants |  Facebook |

29/09/2008

Synagogues brûlées et démolies

Synagogues brûlées et démolies

synagogue démolie

Les sections d'assaut nazies (SA), les SS et les Jeunesses hitlériennes s'en prennent aux synagogues et aux locaux des organisations israélites, ainsi qu'aux magasins et aux biens des particuliers. Les agresseurs sont pour la plupart en tenue de ville pour laisser croire à un mouvement populaire spontané.

Près d'une centaine de personnes sont tuées à l'occasion de ce gigantesque pogrom. Une centaine de synagogues sont brûlées et 7500 magasins sont pillés. La violence dépasse les bornes à Berlin et Vienne (annexée au Reich en mars 1938), où vivent les plus importantes communautés juives. Très rares, notons-le, sont les Allemands qui tentent de secourir leurs concitoyens persécutés.

23:42 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans La nuit de cristal | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : violence, berlin, vienne, ss, pogrom, persecutes, agresseurs, concitoyens |  Facebook |