09/10/2009

Les obsèques de Marek edelman, le dernier commandant de l'insurection du ghetto de Varsovie

L'enterrement du dernier commandant de l'insurrection du ghetto de Varsovie.

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Les obsèques de Marek Edelman, le dernier commandant de l'insurrection du ghetto juif de Varsovie, ont réuni vendredi dans la capitale polonaise quelque 2.000 admirateurs, ses proches et des officiels dont le président polonais Lech Kaczynski.

La cérémonie a débuté devant un monument aux Héros du ghetto de Varsovie qui se dresse au coeur de ce qui fut le quartier juif de la capitale polonaise, transformé par les Allemands en ghetto en 1940, puis rasé en 1943.

"Il a traqué la haine et les nationalismes partout dans le monde. Il a défendu les plus faibles", a déclaré l'ex-Premier ministre Tadeusz Mazowiecki, un ami de Marek Edelman.

Marek Edelman, devenu après la guerre médecin cardiologue, "n'a pas quitté la Pologne car c'était sa patrie. Il était Polonais et Juif à la fois. Il n'a pas tourné le dos à Israël, mais sa maison était ici", a souligné M. Mazowiecki.

L'ex-président polonais et chef historique du syndicat Solidarité Lech Walesa, ainsi que la famille de Marek Edelman, sa fille Anna, son fils Aleksander et ses petits enfants, étaient présents à la cérémonie.

Le cortège funèbre s'est ensuite dirigé vers le cimetière juif de Varsovie où Marek Edelman, mort à l'âge de 90 ans, doit reposer près d'une tombe symbolique de ses anciens compagnons de lutte. (belga/chds)
09/10/09 13h47 :source 7sur7belga

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22/09/2009

Les œuvres sociales dans le ghetto de Varsovie

Les œuvres sociales dans le ghetto de Varsovie

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L’un des problèmes les plus poignants fut celui de l’enfance malheureuse; le nombre d’enfants abandonnés ne cessait d’augmenter, malgré une mortalité considérable.

Que le père ou la mère mourut, que le père fût envoyé au travail obligatoire, et l’enfant, sans protection, devenait la proie de la faim et de la maladie. Isolés, ou par groupes, ils erraient, loqueteux, couverts de gale et de poux, les pieds nus, de cour en cour, de carrefour en carrefour, chantant pour mendier, clamant leur détresse et leur faim. Ils encombraient les rues, poursuivaient les passants la main tendue en murmurant une prière au milieu d’un sanglot. D’autres n’avaient même plus la force de marcher : effondrés sur le sol, ils vivaient dans le boue et les détritus.

Extrait du livre : "Cinq années dans le Ghetto de Varsovie" par Bernard Goldstein

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10/08/2009

Les documents du ghetto de Varsovie.

Les documents du ghetto de Varsovie.

 L’historien Emmanuel Ringelblum fonde une organisation clandestine dont le but est de rassembler des documents d’archives et de rédiger un compte rendu exact de souffrances infligées aux juifs. Pour que la connaissance du mal reste dans l’histoire. Il constitue une équipe autour de lui.

Tout le ghetto se met au travail. Dans chaque immeuble, on ramasse des tracts, des objets, des témoignages sur la vie dans tel et tel appartement, telle cour, tel étage. Tout est remis à ce groupe d’historiens, qui range, classe, met des documents dans des bidons de lait scellés puis les ensevelit à deux endroits différents, à l’intérieur même du ghetto.

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Ces bidons d’archives sont retrouvés après al guerre. Grâce à eux nous savons tous ce qui s’est passé dans le ghetto de Varsovie. Jamais nous n’aurions pu écrire son histoire sans ces documents. Enfin, reste l’ultime étape de la résistance…

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Extrait du livre : ce qui reste de nous de Murielle Allouche et Jean-Yves Masson.

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Archives du ghetto de Varsovie (Archives Emanuel Ringelblum) - Témoin de l'Holocauste

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Patrimoine inscrit

Patrimoine documentaire soumis par la Pologne et recommandé à l'inscription au Registre Mémoire du monde en 1999.

Année de soumission: 1999


Les Archives Ringelblum regroupent quelque 25 000 pages sauvées des ruines du ghetto de Varsovie.

Elles comprennent des documents officiels, des documents sur la résistance du ghetto, des témoignages sur le sort des communautés juives pendant l'Holocauste, des textes littéraires, des oeuvres d'art et des lettres privées rassemblés par des victimes de l'Holocauste pour l'information des générations futures. Cette collection est absolument unique en son genre tant par son origine que par sa valeur historique. Elle concerne surtout le plus grand ghetto de l'Europe nazie (quelque 500 000 habitants), mais couvre aussi l'ensemble de la Pologne occupée, apportant des informations sur la Shoah et le sort d'une communauté juive qui comptait 3 500 000 personnes. Presque tous les auteurs des documents des Archives Ringelblum sont morts, soit dans le ghetto, soit dans les camps d'extermination.

 


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08/06/2009

Le ghetto de Dvinsk

Le ghetto de Dvinsk ( Daugavpils)

ghetto de Dvinsk

Les Juifs sont enfermés dans un ghetto dans les casernes de la cavalerie lettone sur les berges de la Dvina, au nord de la ville. Les conditions de vie y sont effroyables. Quelques jours plus tard, des milliers de juifs des villes voisines de Griva, Kraslava, Preili, Viski, et Livani, sont entassés dans le ghetto, portant sa population à approximativement 16.000 personnes. Un Judenrat est formé, qui tente de faire face à la situation… A sa tête, l'ingénieur M. Movshenson dont le père avait dirigé la ville de Daugavpils avant la seconde guerre mondiale. Zaube, le commandant allemand du ghetto de Daugavpils est un homme sans scrupule, d’une extrême cruauté. Il n’hésite pas à abattre lui-même quiconque introduit de la nourriture en contrebande, devant tous les habitants du ghetto pour les effrayer et les humilier.

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10/04/2009

Spoliation des Juifs

Spoliation des Juifs,

Aneaux en ors des juifs volé par les nazis

La spoliation des Juifs faisaient partie intégrante de la politique nazie.

Tout ce qui appartenaient aux Juifs Était systématiquement pillé.

Dès que les nazis prirent le pouvoir, ils bannirent les juifs de la vie économique et en 1938, ils promulguèrent une loi dépossédant les juifs de tous Biens. Dès le début de la guerre, les nazis appliquèrent leur politique de dépossession et de vol dans tous les territoires occupés.

Ils confisquèrent des biens de toutes sortes; des maisons privées, des propriétés, des usines ou des commerces, comme des trésors artistiques et culturels.

En Europe de l'Est, le pillage continua dans les ghettos.

Lorsque les Juifs étaient déportés vers les camps de la mort, les populations locales prenaient le contrôle de leurs maisons et de leurs biens.

Des trains chargés de valeurs personnelles des victimes quittaient régulièrement les camps de la mort pour l'Allemagne.

 

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29/03/2009

suicide dans le ghetto

Suicide dans le ghetto

Les juifs du ghetto qui ne voulaient pas être déportés ou capturés se suicident à l'arrivée des SS, car ils savaient ce que les Allemands leurs réservaient.

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Voici une femme accrochée au balcon de sa maison, elle se jettera dans le vide


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Les juifs captués dans le ghetto

Les juifs capturés dans le ghetto

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Les Juifs capturés sont alligné contre le mur du ghetto, 7000 Juifs seront exécutés sur place et 6000 périront dans la destruction du ghetto

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20/03/2009

Ne les laissez pas nous mener comme des moutons vers l'abattoir

Ne les laissez pas nous mener comme des moutons vers l'abattoir

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Ne les laissons pas nous mener comme des moutons vers l’abattoir !

Suite aux échos du massacre des Juifs à Ponary et au témoignage d’une jeune fille rescapée de ce bain de sang Abba  Kovner, léarder du mouvement Hashomer Hatzair et du mouvement de résistance du Ghetto de Vilna, arriva à la conclusion que derrière cette poursuite effrénée des juifs se tramait un meurtre systématique.

En 1941, lors d’un regroupement des jeunes sionistes du ghetto de Vilna, Kovner lu publiquement ce qu’il avait inscrit sur une feuille de papier : «  Hitler planifie d’annihiler de façon radicale le judaïsme européen… Ne nous laissons pas nous mener comme des moutons à l’abattoir ! ».

En été 1943, lors de la liquidation du ghetto, Kovner dirigea un groupe de résistants vers les forêts de Rudniki. C’est en tant que commandant de « Avenger », une unité partisane juive, qu’il poursuivit sa lutte contre les Allemands.


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Jeunesse Juive, ne vous laissez pas induire en erreur. Sur les 80.000 Juifs de la Jérusalem de Lituanie     (Vilna), seuls 20.000 sont encore en vie. Sous nos yeux, ils nous enlèvent nos parents, nos frères et nos sœurs.

Où sont passé les centaines d’hommes enlevés par les ravisseurs Lithuaniens ?

Où sont nos femmes et nos enfants arrachés à nous lors de la nuit terrifiantes de la «  provocation » ?

Où sont les Juifs enlevés le jour du grand pardon ?

Où sont nos frères du second ghetto ?

Aucun d’entre eux n’est revenu. Toutes les routes de la gestapo mènent à Ponary. Et Ponary c’est la mort !

Vous qui hésitez ! Abandonnez vos illusions. Vos enfants, vos mari et vos femmes ne sont plus en vie.Ponary n’est pas un camp – Ils y furent tous fusillés.

Hitler projette d’anéantir le Judaïsme européen. Les juifs de Lituanie sont placés en première ligne. Ne les laissons pas nous mener comme des moutons à l’abattoir !

Il est vrai que nous sommes faibles et sans défense mais la résistance demeure l’unique réponse face à l’ennemi… Résistez ! Jusqu’au dernier souffle.

Abba Kovner, Ghetto de Vilna, le 1er janvier 1942

 

 

 

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01/03/2009

Le choix héroïque d'un étudiant de yéchiva

Le choix héroïque d’un étudiant de yéchiva.

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Si quelqu'un, dans le ghetto de Cracovie, avait une chance de survivre à la Shoah, c'était Avraham Shapiro*. À 22 ans, il était un jeune homme intelligent et plein de ressources dont l'esprit avait été affiné durant des années par ses études à la yéchiva. Il avait compris que les Allemands cherchaient à supprimer tous les Juifs et il prit les précautions nécessaires pour se sauver lui-même ainsi que ses parents. Il obtint des faux papiers parfaitement imités les identifiant, tous les trois, comme des ressortissants étrangers. Il construisit un bunker qu'il aménagea et approvisionna en nourriture, dans un endroit éloigné, sous le ghetto. Il se procura également une carte des égouts et mit au point un itinéraire d'évasion qu'ils emprunteraient le jour où le ghetto serait liquidé. La finalité de son projet d'évasion était de rejoindre la Hongrie qui offrait une plus grande sécurité.

Un jour, une voisine âgée de 18 ans, 'Haya Rivka, frappa à la porte des Shapiro, tenant un bébé dans ses bras. L'enfant, qui avait 20 mois et qui ne pouvait ni se tenir debout, ni s'asseoir tout seul, était son neveu 'Haïm. Ses parents avaient été expédiés à Treblinka. 'Haya Rivka savait que les Shapiro avaient des papiers de citoyens étrangers et avait estimé que de tous les Juifs condamnés du ghetto, ils étaient ceux qui avaient les meilleures chances de s'échapper. Elle avait abordé la famille Shapiro à plusieurs reprises pour leur demander de prendre en charge le bébé et de le mettre en sécurité, mais ils avaient refusé. Un bébé serait une responsabilité pouvant mettre en danger leurs propres chances de survie.

Toutefois, ce jour du 11 mars 1943 était différent. 'Haya Rivka avait appris qu'elle allait être déportée dans un camp de travail et il lui était impossible de prendre l'enfant avec elle. Secouée de sanglots déchirants, elle supplia Avraham, qui était seul à la maison à ce moment-là, de prendre son neveu.

Ma compassion eut raison de mon intellect et je décidai d'accepter l'enfant.


Avraham - un jeune homme à l'esprit logique et rationnel, prévoyant et prudent - s'était préparé à affronter les Nazis, mais ce jour-là, c'est sur lui-même qu'il dut faire un effort. Comme il le déclara plus tard : " Ma compassion eut raison de mon intellect et je décidai d'accepter l'enfant. "

Lorsque ses parents furent de retour et virent qu'Avraham tenait le bébé dans ses bras, ils en furent atterrés. Comment avait-il pu engager leurs trois vies dans un acte de compassion si irresponsable ? Avraham répliqua que le bébé était dorénavant le sien et que soit il s'échapperait avec eux, soit ils resteraient tous dans ce ghetto condamné.

Avraham avait dès lors un besoin urgent de fabriquer un certificat de naissance prouvant que l'enfant était bien le sien. Il connaissait un rabbin qui était en possession d'un tampon officiel, mais où trouver un formulaire ? Avraham s'arrangea pour trouver une machine à écrire. Il n'avait jamais tapé à la machine de sa vie, mais ce jour-là, il resta éveillé toute la nuit et, au petit matin, il avait entre les mains un certificat de naissance crédible. Il se précipita chez le rabbin pour le faire tamponner. " Dès lors, écrivit Avraham par la suite, Avraham Shapiro avait un fils. "

" NOUS RESTONS TOUS ENSEMBLE ! "

Deux jours plus tard, les Allemands liquidèrent le ghetto de Cracovie. Ils rassemblèrent les Juifs sur une grande place et les répartirent en différents groupes de déportation : les jeunes pour le travail, les vieux dans des maisons de retraite et les enfants dans des instituts. Avraham savait que tout cela n'était qu'une imposture. " Je n'ai jamais cru les Allemands et je me suis toujours efforcé de faire le contraire de ce qu'ils disaient. " Lorsque quelqu'un tenta de lui retirer le bébé, Avraham refusa de se laisser faire en hurlant : " Nous restons tous ensemble ! "

Il leur était impossible à ce moment-là de gagner le bunker qu'Avraham avait préparé car il était situé de l'autre côté du ghetto, séparé par une haie de fils barbelés. Le jeune homme confia le bébé à sa mère et demanda à ses parents de ne pas bouger et de l'attendre. Il allait trouver une cachette temporaire et reviendrait les chercher.

Après avoir cherché désespérément, il découvrit un immeuble vide dont les escaliers de l'entrée menaient à une cave. En dépit du péril, il parvint à y amener ses parents et le bébé. Avraham se douta que les Allemands fouilleraient tous les immeubles et caves, mais la Providence Divine avait aménagé en leur faveur une protection inattendue. Une famille habitant l'immeuble avait eu des problèmes d'évacuation des eaux usées et, dans les circonstances difficiles du ghetto, n'était pas parvenue à trouver un plombier. Aussi, ils avaient déversé les eaux usées de leurs toilettes dans un large tonneau qu'ils avaient placé dans la cage d'escalier. Au prix d'un grand effort, Avraham réussit à le renverser, déversant ainsi les excréments sur toutes les marches menant à la cave. Il estima que les pointilleux Allemands se montreraient réticents à souiller leurs bottes pour rechercher des Juifs.

Ce soir-là, ils entendirent les Allemands pénétrer dans le bâtiment. Pour empêcher le bébé de pleurer et d'attirer l'attention de leurs ennemis, ils avaient projeté de lui donner à manger, cependant, ils n'avaient qu'une vieille 'halla et pas la moindre goutte d'eau pour la ramollir et la rendre plus facilement consommable. Avraham et ses parents mâchèrent donc rapidement le pain, avant de le recracher pour nourrir le bébé de ces morceaux ramollis. Ils entendirent les Allemands se plaindre de la puanteur, mais Avraham avait raison : ils ne daignèrent pas descendre à la cave.

Ce fut durant cette nuit-là, suite à la liquidation du ghetto, qu'Avraham avait projeté de s'enfuir en passant par les égouts de la " partie aryenne " de Cracovie. Toutefois, en observant l'enfant, il se trouva face à un dilemme. Il avait entendu parler de Juifs qui s'étaient enfuis par ce moyen-là, accompagnés de leurs enfants qui avaient suffoqué en chemin. Non, décida-t-il, il ne risquerait pas la vie du bébé en s'échappant par les égouts. Il devait mettre au point un autre plan.

Avraham savait qu'ils ne pourraient pas rester très longtemps dans cette cave. Il leur fallait se frayer un chemin jusqu'au bunker qu'il avait préparé, mais la haie de fils de fer barbelés leur barrait la route. Avraham, à l'aide d'un canif et faisant appel à une force surhumaine, parvint à découper un trou dans la clôture. Courant à pas furtifs à travers les rues, vides de passants, mais parsemées de cadavres de Juifs, les Shapiro atteignirent le bunker.

Avraham avait installé auparavant un éclairage dans le bunker en retirant des fils électriques du mur de leur appartement pour les raccorder ensemble afin de se créer un système d'alimentation électrique dans le bunker. Cependant, il n'y avait aucun moyen d'installer une conduite d'eau. Chaque jour, Avraham devait donc remonter les escaliers pour prendre de l'eau à partir d'un robinet. Un jour, il fut pris sur le fait. En dépit de ses protestations, clamant qu'ils étaient ressortissants étrangers ayant des papiers pour le prouver, ils furent tous trois, ainsi que le petit 'Haïm, envoyés à la prison de la Gestapo.

LE FEU DE L'AMOUR

Ils soudoyèrent leurs geôliers et achetèrent leur liberté contre un étui à cigarette en or de 250g. Fuyant immédiatement Cracovie pour un village des environs, ils y louèrent une chambre et s'y cachèrent. C'était l'automne 1943 et la Hongrie était pratiquement le dernier pays d'Europe dans lequel la " Solution Finale " n'avait pas encore été déployée. Ils trouvèrent un passeur qui leur ferait traverser clandestinement la frontière pour la Slovaquie et de là, les mènerait en Hongrie.

Tout au long de leur voyage, ils survécurent en mangeant des pommes de terre crues, qu'Avraham et ses parents mâchaient et régurgitaient pour en nourrir le bébé 'Haïm. Une nuit de Chabbat, le 28 Octobre, ils se retrouvèrent au fin fond d'une forêt du côté polonais de la frontière. Ils étaient épuisés, frigorifiés et effrayés à l'idée d'être pris. Le guide leur annonça brutalement qu'ils devraient passer la nuit là parce qu'ils ne pouvaient pas traverser la frontière ce jour-là. Puis, sans un mot, il disparut.

Les Shapiro se préparèrent à dormir. Avraham, qui avait porté 'Haïm tout le long du chemin, réalisa tout à coup que l'enfant était humide, silencieux et inerte. Il le débarrassa rapidement de toutes ses couches de vêtements et vit qu'il était tout bleu.

Tremblant de frayeur, Avraham alla vite chercher des branches et des morceaux de bois et alluma un feu pour réchauffer le bébé et le ramener à la vie.

Tremblant de frayeur, Avraham alla vite chercher des branches et des morceaux de bois et alluma un feu pour réchauffer le bébé et le ramener à la vie. Il s'agissait d'un acte d'une irrationalité extrême. Le feu était comme une enseigne lumineuse indiquant leur emplacement, mais la compassion d'Avraham avait à nouveau surmonté sa raison. Il tint le bébé aussi près que possible des flammes, le tournant d'un côté et de l'autre, tandis que Mme Shapiro se tenant de l'autre côté du feu, faisait sécher les habits de l'enfant.

' Haïm se ranima. Il reprit ses couleurs et commença à bouger. Avraham, qui avait déjà à maintes reprises risqué sa vie et qui ne manquerait pas de le faire à nouveau tout au long de la Shoah, se souviendra de ces instants de frayeur pour la vie du bébé comme du moment le plus tragique de la guerre.

Ils attendirent tout le Chabbat en se demandant si le guide allait revenir. Dans l'obscurité grandissante du samedi soir, le guide fit sa réapparition. Lorsqu'il aperçut les cendres du feu de la veille, il entra dans une colère noire du fait de leur imprudence.

Il était temps de passer la frontière. Pour éviter que le même problème se présente, Avraham prit un drap et attacha l'enfant à sa poitrine, face à lui. Cette position lui permettait d'avoir une vue permanente sur l'état de 'Haïm, mais entravait totalement son champ de vision du sol. Marchant sur des cailloux et un terrain cahoteux, invisibles à ses yeux, Avraham trébucha à un moment donné, ce qui arracha la semelle de sa chaussure. Il entoura son pied de morceaux de tissu et reprit sa marche. Plusieurs heures plus tard, ils traversèrent la frontière et pénétrèrent en Slovaquie.

" POUR LE BIEN DE L'ENFANT "

Les fugitifs arrivèrent finalement à Budapest où ils furent placés dans un centre de réfugiés. Un employé d'une organisation humanitaire, ayant entendu qu'ils avaient avec eux un bébé orphelin qu'ils avaient recueilli, leur suggéra de confier 'Haïm aux Schonbrun, un couple de Juifs aisés, religieux et sans enfant.

Cette fois-là, la raison et la compassion d'Avraham convergeaient. Le petit 'Haïm, alors âgé de deux ans, souffrait de malnutrition, était maladif et ne pouvait toujours pas s'asseoir tout seul. Avraham savait que la santé de son bébé nécessitait un foyer normal et stable, au sein duquel il recevrait trois repas par jour et qui le protègerait des dangers qui menaçaient toujours la famille Shapiro. Malgré les protestations virulentes de sa mère, qui s'était attachée à l'enfant, Avraham emmena 'Haïm chez les Schonbrun. Il fut impressionné non pas par l'ameublement somptueux, mais par les immenses bibliothèques remplies de livres saints. Confiant en l'idée qu'il accomplissait ce qu'il y avait de mieux pour 'Haïm, Avraham remit son fils aux Schonbrun.

Lorsque Avraham rencontrait de temps à autre M. Schonbrun à la synagogue et qu'il lui demandait des nouvelles de 'Haïm, il ne recevait que de vagues réponses. Avraham en déduisit que les Schonbrun ne souhaitaient pas que 'Haïm apprenne quoi que ce soit sur son passé. " J'ai donc pris mes distances avec cette famille, écrivit Avraham, pour le bien de l'enfant. "

Avraham Shapiro (gauche) et 'Haïm Schonbrun (droite).

Le 19 mars 1944, les Allemands prirent le pouvoir en Hongrie. Une nuit de Chabbat, deux mois plus tard, Avraham et son père furent arrêtés à la synagogue. Ils furent transférés d'un endroit à l'autre jusqu'à être finalement embarqués dans un wagon à marchandises qui se dirigeait vers Auschwitz. À l'aide d'un couteau qu'il s'était procuré chez un ancien cordonnier, Avraham parvint à agrandir la minuscule fenêtre du wagon. Alors que le train roulait à travers la Slovaquie en direction des camps de la mort, Avraham et son père sautèrent par la fenêtre.

Ils passèrent le reste de la guerre en Slovaquie en se faisant passer pour des Non-juifs. Dès que les Russes libérèrent la Slovaquie, Avraham et son père retournèrent à Budapest, à l'endroit où ils avaient laissé Mme Shapiro près d'une année auparavant. Lorsqu'ils ouvrirent la porte, ils trouvèrent Mme Shapiro assise à table, en train de manger un morceau de matsa. C'était le premier jour de Pessa'h, la fête de la liberté.

LA BOÎTE

Ce n'est qu'après la guerre, à Budapest, qu'Avraham aperçut le petit 'Haïm. L'enfant marchait (oui, il marchait !) dans la rue accompagné de sa gouvernante. " Des larmes emplirent mes yeux, rapporta Avraham dans ses mémoires, mais je n'ai jamais abordé l'enfant. "

La Hongrie communiste n'était pas un endroit pour les Juifs religieux. Peu après la guerre, les Schonbrun partirent pour la Belgique, puis pour Montréal au Canada où 'Haïm grandit et se maria par la suite. En 1950, Avraham Shapiro se maria et s'installa en Israël.

Cependant le fil qui reliait leurs vies, noué par une compassion plus forte que la logique, plus forte même que l'amour de la vie, n'était pas encore coupé. Avraham avait en permanence 'Haïm à l'œil et la Providence Divine fit en sorte que la tante de l'épouse de 'Haïm, qui vivait à 'Haïfa, soit une amie intime de Mme Avraham Shapiro.

Deux ans après son mariage, l'oncle belge de 'Haïm lui dit : " Il y a un Juif en Israël qui t'a porté dans ses bras de Pologne jusqu'en Hongrie et qui t'a sauvé la vie. "


Deux ans après son mariage, l'oncle belge de 'Haïm lui dit : " Il y a un Juif en Israël qui t'a porté dans ses bras de Pologne jusqu'en Hongrie et qui t'a sauvé la vie. " 'Haïm, toutefois, ne connaissait pas l'identité de son bienfaiteur qui continuait à veiller sur lui de loin.

En 1980, à l'âge de 39 ans, 'Haïm emmena sa famille en Israël pour la Bar Mitsva de son fils. La tante de sa femme lui envoya un message disant que le Juif qui lui avait sauvé la vie s'appelait Avraham Shapiro, qu'il était âgé de 60 ans, vivait à présent à 'Haïfa et qu'il était prêt à rencontrer 'Haïm.

Une partie des petits-enfants de 'Haïm Schonbrun

Ce même jour, 'Haïm prit un taxi de Jérusalem à 'Haïfa. " Notre rencontre fut un grand moment d'émotion, se souvient 'Haïm. Nous avons tous deux versé des torrents de larmes et nous avons parlé pendant des heures. "

Ce fut le début d'une relation étroite entre leurs deux familles. Au cours des 27 années suivantes, Avraham assista aux mariages de tous les enfants de 'Haïm et celui-ci assista à tous ceux des petits-enfants d'Avraham. " Nous sommes très, très proches, témoigne 'Haïm. Je le considère comme un père et il me considère comme un fils. "

Mais pourquoi Avraham n'était-il pas entré en contact avec 'Haïm plus tôt ? Pourquoi lui a-t-il fallu 35 années pour renouer le lien ?
La réponse est peut-être contenue dans une boîte. Avant qu'ils ne se séparent, ce jour de 1980, Avraham dit à 'Haïm : " J'ai quelque chose à te donner. " Il lui tendit une boîte en affirmant : " J'ai attendu 35 ans avant de pouvoir te remettre ceci. "

' Haïm ouvrit la boîte et vit qu'elle était remplie de pièces d'or. Avraham lui expliqua qu'avant que la mère de 'Haïm soit déportée à Treblinka, elle avait confié cette boîte emplie d'or à sa jeune sœur 'Haya Rivka et l'avait chargée de l'utiliser pour sauver la vie de son unique enfant. Lorsqu' Avraham accepta de s'occuper du bébé, la jeune femme lui remit la boîte.

Au cours de leur fuite de Pologne, la famille Shapiro épuisa sa propre réserve d'or. Avraham fut forcé, malgré lui, de puiser dans celle du petit 'Haïm. Lorsqu'ils atteignirent Budapest, il ne lui restait plus rien, ce qui gêna profondément Avraham. " J'ai accompli la mitsva de sauver une vie, expliqua-t-il à 'Haïm, et je ne voulais pas vendre cette mitsva pour tout l'or du monde. "

Après la guerre, dès qu'il se mit à travailler, Avraham mit de côté une partie de son salaire chaque semaine pour acheter de l'or. Cela lui prit 35 ans, mais il parvint finalement à réunir la quantité exacte d'or qui était, à l'origine, contenue dans la boîte de la mère de 'Haïm. Il remit la boîte à 'Haïm, satisfait de n'avoir retiré aucun profit de l'immense mitsva de sauver une vie. 'Haïm refusa d'accepter l'or, Avraham en fit alors don à de nombreux organismes de charité en Israël au nom de 'Haïm Schonbrun.

Dans le ghetto de Cracovie, la compassion avait surmonté la raison d'Avraham Shapiro, mais rien ne surmonta jamais son intégrité.

*Le nom de " Shapiro " est un pseudonyme, le protagoniste préférant rester dans l'anonymat.


source : http://www.lamed.fr/actualite/shoah/2009.asp

21:07 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ghetto, shoah, cracovie |  Facebook |

12/11/2008

Le camp de Belzec

Le camp de Belzec

Les opérations de gazage à Belzec commencèrent à la mi-mars 1942. Des trains de 40 à 60 wagons, avec 80 à 100 personnes entassées par wagon, arrivaient à la gare de Belzec. On décrochait les wagons vingt par vingt, et les wagons étaient amenés de la gare dans le camp. Ordre était donné aux victimes de débarquer sur la plate-forme de la zone de réception. Les officiers allemands annonçaient aux déportés qu'ils étaient arrivés dans un camp de transit et qu'ils devaient remettre tous les objets de valeur qui étaient en leur possession. Les hommes étaient séparés des femmes et des enfants. Tous étaient forcés de se déshabiller et de courir dans le "tube", qui conduisait directement aux chambres à gaz (qualifiées de douches pour tromper les prisonniers). Une fois les portes des chambres fermées hermétiquement, les gardes de la police auxiliaire démarraient un moteur qui était installé dans une cabane à l'extérieur. Le monoxyde de carbone était acheminé par des tuyaux dans la chambre à gaz, et tous ceux qui étaient à l'intérieur mouraient. La procédure était ensuite répétée pour les déportés se trouvant dans les vingt wagons suivants.

Les membres des Sonderkommandos - les groupes de prisonniers gardés en vie pour le travail forcé dans la zone d'extermination - enlevaient les corps des chambres à gaz et enterraient les victimes dans les fosses communes. En outre, ces prisonniers triaient les effets personnels des victimes en vue de leur transport en Allemagne, et nettoyaient les wagons de marchandises en vue des prochains convois de déportation.

LES DEPORTATIONS VERS BELZEC
 
Entre mars et décembre 1942, au moins 600 000 personnes furent déportées vers Belzec et assassinés. La plupart des victimes étaient des Juifs des ghettos du sud de la Pologne. Les Allemands déportèrent aussi à Belzec des Juifs d'Allemagne, d'Autriche, de Bohème-Moravie. Plusieurs centaines de Tsiganes furent également déportées dans ce camp et assassinés.

Au début d'octobre 1942, les Allemands commencèrent à exhumer les corps des prisonniers exterminés et à les brûler dans des fours à ciel ouvert faits de traverses de voie ferrée. Ce "nettoyage" continua jusqu'à la fin du printemps 1943, et ce jusqu'à ce que tous les prisonniers assassinés dans le camp furent brûlés.

Le camp d'extermination de Belzec fut démantelé en juillet 1943. Les prisonniers restants, qui avaient été assignés comme main d'oeuvre du camp, furent soit abattus à Belzec, soit déportés vers le camp d'extermination de Sobiboret assassinés.

Une fois le camp de Belzec démantelé, les Allemands installèrent une ferme sur le site et y plantèrent des arbres et des cultures pour camoufler la zone. Les anciens gardes de la police auxiliaire du camp cultivaient la terre. L'armée soviétique libéra la zone du camp de Belzec à l'été 1944.

 

27/10/2008

Un survivant de Chelmno

Un survivant de Chelmno

Cet homme, c'est Shimon Srebnik. Vous l'avez peut-être aperçu dans le film Shoah de Claude Lanzmann. c'était un survivant de Chelmno!

Son histoire a été raconté sur le site de Jérusalem post

Il dit :« Lorsque nous arrivâmes à Chelmno, les vieux commentaient, «Quel endroit merveilleux! », « Nous serons heureux ici !» « Comme c’est vert, les oiseaux chantent! », « Un vrai centre de cure ! »

« Je suis resté dans le « kommando des maisons ». « J’étais dans un baraquement avec Walter Bonmeister. Nous nous occupions de trier l’or et les biens des gens, les choses qu’ils avaient abandonnés, les valises. Il y avait une grande tente où les Juifs triaient les objets."

«Comment ai-je su que ma mère était arrivée à Chelmno ? Il y avait beaucoup de sacs à main, une montagne de sacs à main. Un jour j’ai trouvé dans un sac, des photos de ma mère et tout ses papiers. J’ai dit à Bonmeister : "Regarde, c’est le sac de ma mère."

"Oui, elle est au ciel", répondit-il."

"C’est celui de ma mère" dis-je. J’étais naïf!

"Je ne comprenais pas ce qu’il voulait dire par « ciel ».

Extrait du témoignage de Shimon Srebnik, dans les archives de Yad Vashem.

Dans une verte forêt du centre de la Pologne, dans la ville de Chelmno, à 77 km à l’ouest de Lodz, les Allemands construisirent le premier camp d’extermination en masse par le gaz. Entre Décembre 1941 et Janvier 1945, plus de 300 000 Juifs et 5 000 Gitans de Lodz et ses environs furent assassinés à Chelmno. Seuls trois survécurent.

Shimon Srebnik, habitait en Israël à Ness Ziona, il vient de s’éteindre à l’âge de 76 ans après un long combat contre le cancer. Srebnik qui avait perdu ses deux parents dans l’Holocauste, n’avait que 13 ans lorsqu‘il fût déporté à Chelmno depuis le ghetto de Lodz et astreint à enterrer les cadavres des victimes.

Dès son arrivée, Srebnik fût envoyé rejoindre un petit groupe de travailleurs esclaves de Chelmno, camp dont le cadre rupestre procurait de faux espoirs à ceux qui arrivaient des ghettos crasseux et infestés de maladies.

Comme le reste des prisonniers, Srebnik eut ses jambes immédiatement entravées - la longueur de ses chaînes était d’a peu près 40 centimètres - afin de prévenir toute tentative de fuite hors du camp qui était contrôlé par des Allemands en armes.

Les prisonniers étaient forcés de garder les chaînes 24 heures sur 24. Au cours des deux ou trois premiers mois, Srebnik monta des tentes et prépara les installations où sa propre mère devait être gazée jusqu’à ce que mort s’ensuive. Lorsque les convois de Juifs destinés à être exterminés vinrent à arriver régulièrement, Srebnik fût affecté à l’extraction des dents en or des cadavres.

Il fût aussi amené à faire diverses opérations de triage, avant d’être assigné aux enterrements.

C’est alors qu’il triait les biens personnels de certaines victimes, qu’il découvrit des photos ayant appartenu à sa mère et comprit qu’elle aussi avait été assassinée à Chelmno.

Lorsque les victimes arrivaient à Chelmno, elles étaient rassemblées sur la place du camp et averti que devant être envoyées dans un camp de travail, elles devaient commencer par se laver.

Des hommes attendent de monter dans les camions à gaz

Marchant au-devant de leur mort, les victimes étaient régulièrement rassurées par la vue de signaux indiquant des directions telles que «douche» ou «docteur», alors même qu’elles descendaient une rampe vers un camion à gaz.

Lorsque le camion était complètement rempli, le chauffeur refermait les portes et allumait le moteur du camion. Environ 10 minutes plus tard, les gaz avaient suffoqué tous les passagers.

Il y avait trois camions à gaz. Les gaz d’échappements entraient dans le camion par un grillage sur le plancher. Chaque camion embarquait 80 personnes. L’un était de plus grande capacité et pouvait en contenir 100. La distance de Chelmno à la forêt était de quatre kilomètres. Durant le trajet, le gaz entrait dans le camion

Un des camions à gaz

Lorsque l’on ouvrait les portes en arrivant, on pouvait voir que tous les morts s’étaient blessés. Tous, voulant vivre, s’efforçant de survivre s’étaient écorchés les uns les autres. C’était terrible.

Quand le camion atteignait les fours crématoires, deux personnes entraient. Les fours étaient déjà allumés.

Et quel feu ! Il y avait un grill dans le four. Ils mettaient une couche de bois par-dessus et allumaient, puis ajoutaient une « couche » d’êtres humains, puis une nouvelle couche de bois. Cela se passait ainsi tous les deux jours. Il fallait retirer les dents en or avec la chair autour. Moi, assis, je devais séparer l’or des chairs.

Ainsi qu’il est écrit sur le site web de Yad Vashem, en Janvier 1945, alors qu’approchait la fin de la guerre et que se rapprochaient les troupes Soviétiques, les Nazis évacuèrent Chelmno, qu’ils avaient commencer à démanteler quatre mois auparavant.

Les Allemands décidèrent de « liquider » le camp et ouvrirent le feu sur 48 derniers prisonniers Juifs, les tuant d’une balle dans la nuque.

Srebnik fut gravement blessé, mais, avec deux autres prisonniers, ils réussirent à s’échapper au cours d’une ultime insurrection des derniers prisonniers.

Srebnik parvint à trouver refuge chez un fermier Polonais, qui coupa ses chaines et prit soin de lui. Le jour suivant les Allemands offrirent une importante prime à qui leur livrerait Srebnik.

Mais les Polonais, qui craignaient désormais plus l’arrivée des Russes que les Allemands, ne le trahirent pas, et Srebnik put rejoindre les forces Russes. Après la guerre, il prit immédiatement la direction d’Israël. Dans une gare italienne sur son itinéraire, il faisait la connaissance de sa future femme.

Trente trois ans plus tard, en 1978, Srebnik reçut du fermier Polonais qui lui avait sauvé la vie, les chaines et entraves qu’il avait brisé trois décennies plus tôt, lors d’un voyage sur le site de Chelmno pour le tournage de Shoah, avec Claude Lanzmann.

Après quelques hésitations, il en fit don à Yad Vashem.

Les Chaines brisées de Shimon Srebnik


« Cela ne lui fut pas aisé de se séparer de ses entraves, » précisa Yehudit Inbar, le directeur des musées à Yad Vashem, qui recueillit le témoignage de Srebnik.

Celui-ci avait quelques années auparavant témoigné au procès d’Eichmann, et il avait aussi assisté l’archéologue Polonais qui travailla sur le site de Chelmno aucours des vingt dernières années.

Inbar ajoutait : « C’était un homme très particulier, avec une histoire spéciale. »

Srebnik laisse sa femme, deux filles, cinq petits enfants et un arrière petit fils.

00:54 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Chelmno le Camp | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ghetto, israel, gaz, camions, holocauste, shoah, prisonniers, gitans, lodz, fours, chelmno, crematoires |  Facebook |

19/10/2008

Déportation d'enfants juifs

Déportation d'enfants juifs

déportation d'enfants juifs

Déportation d’enfants juifs d’un orphelinat. Ghetto de Lodz, Pologne, au cours de l’action “Gehsperre” (action couvre feu), du 5 au 12 septembre 1942.

Ces enfants étaient séparé de leurs parents et envoyés à la mort.

00:02 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Lodz le Ghetto | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pologne, orphelinat, ghetto, lodz, deportation enfants |  Facebook |

18/10/2008

Captures de combattants Juifs au ghetto de Varsovie.

Captures de combattants Juifs au ghetto de Varsovie.

résistance juve au ghetto de Varsovie

Combattants de la résistance juive capturés par les troupes SS au cours de la révolte du ghetto de Varsovie. Varsovie, Pologne, du 19 avril au 16 mai 1943.

23:54 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Varsovie le Ghetto | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pologne, varsovie, ghetto, revolte, resistance, ss, combattants |  Facebook |

14/08/2008

La création du ghetto de Varsovie

La  création du ghetto de Varsovie

     En 1939, il y avait 1.300.000 habitants à Varsovie dont 380.000 Juifs. La ville fut prise par l'armée allemande dès le début de la Guerre le 30 septembre 1939. Hitler lui-même vint parader dans Varsovie le 5 octobre 1939.
     Dès l'hiver 1939-1940, les nazis commencèrent à persécuter les Juifs  : obligation de porter un brassard avec l'étoile de David, identification des magasins juifs sur leurs vitrines, obligation de rendre les radios, interdiction de voyager en train (novembre 1939).
     Bientôt, on rassemble les Juifs de Pologne dans des quartiers fermés : les ghettos. Il y eut d'abord un ghetto à Lublin et un à Lodz. Le ghetto de Varsovie fut créé le 12 octobre 1940 (jour de la fête juive de Yom Kippour). Puis il y eut ceux de Cracovie, de Lublin, de Czestochowa, de Kielce, de Lwow
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00:17 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Varsovie le Ghetto | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guerre, varsovie, ghetto, hitler, radios, persecuter, magasinsbrassard |  Facebook |

12/08/2008

En route pour Treblinka

En route pour Treblinka

ghetto de varsovie en route pour Treblinka

Des juifs du ghetto de Varsovie qui ont été arrêtés au printemps 1943, quand les SS liquidaient le ghetto. Tous furent conduits vers Treblinka où ils furent exterminés.

 

23:45 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Treblinka le Camp | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : varsovie, ghetto, treblinka, extermines |  Facebook |

20/05/2008

Cela n'avait rien d'humain, c'était une sorte d'enfer.

http://www.kh-uia.org.il/index_historical.html transmis par Keren Hayesod

Témoignage du combattant de la résistance polonaise Jan Karski sur le ghetto de Varsovie:"Cela n'avait rien d'humain, c'était une sorte d'enfer" En janvier 1940, Karski (1914-2000) commença à organiser des missions de courrier qui acheminaient des informations de la résistance polonaise au gouvernement polonais en exil à Londres. Afin de réunir les preuves sur le sort des Juifs polonais, Karski fut, à deux reprises, introduit clandestinement dans le ghetto de Varsovie par des leaders de la résistance juive. En 1942, Karski informa les gouvernements polonais, britannique et américain de la situation en Pologne et tout spécialement de la destruction du ghetto de Varsovie et de la Shoah des Juifs. En 1943, Karski avisa à nouveau personnellement Roosevelt de la situation en Pologne. En hommage à ses efforts en faveur des Juifs polonais, Karski a été fait citoyen d'honneur de l'Etat d'Israël en 1994. A Jérusalem, un arbre portant son nom a été planté en 1982 dans l'Allée des Justes parmi les Nations. Le rapport de Jan Karski[Cité d'après "Justes parmi les Nations" édité par Zofia Lewin et Wladyslaw Bartoszewski, Earlscourt 42 Publications Ltd., London 1969]Avant le moment où j'étais supposé quitter la Pologne, une rencontre fut organisée pour moi – sur l'ordre du délégué du gouvernement polonais à Londres et du commandant de l'armée clandestine (AK) – avec deux hommes qui étaient d'anciennes personnalités éminentes de la communauté juive et dirigeaient maintenant le travail des organisations clandestines juives. L'un d'eux était à la tête de l'organisation sioniste et le second était le leader de l'Alliance socialiste juive, le Bund. Le second assumait aussi une lourde et dangereuse tâche : il dirigeait le travail d'un département spécial [des services] du délégué du gouvernement polonais qui organisait l'aide à la population juive.(…)La première chose qui me frappa, alors que je parlais avec eux au crépuscule, dans le silence d'une banlieue de Varsovie, était l'absence de tout espoir dans leur impossible situation.  Pour eux, pour les Juifs de Pologne qui souffraient, c'était la fin du monde. Il n'y avait pas d'échappatoire pour eux ou leurs camarades. Mais ce n'était qu'une part de la tragédie, que l'une des causes de leur désespoir et de leur douleur. Ils ne craignaient pas la mort elle-même, et l'acceptaient même comme une issue presque inéluctable. Mais à cette lucidité s'ajoutait l'amère conscience que dans cette guerre ils ne pouvaient pas avoir le moindre espoir de victoire, aucune des satisfactions qui adoucissent parfois la perspective de la mort.Le leader sioniste me l'expliqua d'entrée de jeu: "Vous autres Polonais, vous avez de la chance", commença-t-il. "Vous souffrez, vous aussi. Beaucoup d'entre vous vont mourir mais, au moins, votre nation continuera de vivre. Après la guerre, la Pologne ressuscitera. Vos villes seront reconstruites et vos blessures cicatriseront lentement. Votre pays émergera de cet océan de larmes, de douleur, de rage et d'humiliation, mais les Juifs polonais n'existeront plus. Nous serons morts. Hitler perdra sa guerre contre ce qui est humain, juste et bon, mais il gagnera sa guerre contre les Juifs polonais. Non, ce ne sera pas une victoire, le peuple juif sera assassiné…"(…)Il [le leader du Bund] eut soudain une idée : "Je connais les Occidentaux. Vous allez négocier avec les Britanniques, vous allez leur transmettre votre rapport oral. Je suis sûr que cela sonnera bien plus convaincant si vous pouvez leur dire 'Je l'ai vu'. Nous pouvons vous organiser une visite dans le ghetto. Etes-vous d'accord ? Si c'est le cas, je vous accompagnerai et j'assurerai votre sécurité…"Il y avait un tunnel creusé sous un bâtiment dont le mur arrière constituait une partie du mur du ghetto tandis que la façade donnait sur le côté aryen. Nous l'avons franchi sans encombre. Et nous nous sommes retrouvés dans un monde complètement différent. Le leader du Bund qui, quelques instants auparavant, ressemblait à un aristocrate polonais, se voûta soudain comme un Juif du ghetto, comme s'il avait toujours vécu là. C'était sa nature, son monde. Nous longions les rues. Il marchait à ma gauche et nous ne parlions pas beaucoup. Il y avait des corps nus gisant dans les rues. Je lui demandai : "Pourquoi sont-ils couchés là ?" "C'est un problème", me répondit-il. "Lorsqu'un Juif meurt et sa famille veut l'enterrer, elle doit payer. Ils n'ont pas d'argent, alors ils jettent ainsi leurs morts dans la rue. Comme chaque morceau de chiffon a une valeur, ils les dépouillent d'abord de leurs vêtements. Lorsque les corps dénudés se trouvent dans la rue, ils deviennent du ressort du Conseil juif."Des femmes allaitant de jeunes enfants à la vue de tous. Seulement, elles n'ont pas de seins… Leur poitrine est complètement plate à cet endroit. Des enfants nous regardent avec des yeux de fous. Ce n'était pas notre monde. Ce n'était pas l'humanité.Les rues sont bondées, remplies de monde, comme si tous vivaient à l'extérieur. Ils exposent leurs pauvres richesses, chacun tente de vendre ce qu'il a : trois oignons, deux oignons, une paire de punaises. Tout le monde vend quelque chose, tout le monde mendie. Faim. Terribles enfants. Des enfants qui courent seuls, des enfants qui sont assis auprès de leurs mères. Cela n'avait rien d'humain, c'était une sorte d'enfer.Des officiers allemands avaient l'habitude de traverser cette partie du centre du ghetto. Des officiers qui n'étaient pas de service prenaient un raccourci à travers le ghetto. Des Allemands en uniforme passaient ainsi. Un silence de mort tombait. Tout le monde les regardait passer, glacé de peur, sans bouger, sans rien dire.  Les Allemands étaient pleins de mépris, on pouvait sentir qu'ils ne considéraient pas ces sous-hommes sales comme des êtres humains. Soudain, un vent de panique se mit à souffler. Des Juifs s'enfuyaient des rues que nous parcourions. Nous nous précipitâmes vers l'une des maisons, mon compagnon murmura : "La porte, ouvrez la porte." Quelqu'un ouvrit et nous entrâmes. Après nous être précipités vers les fenêtres donnant sur la rue, nous sommes revenus vers la porte et la femme qui se tenait près d'elle. Il lui dit : "N'ayez pas peur, nous sommes Juifs." Il me poussa vers la fenêtre et me dit "Regardez". Deux jeunes gens au visage avenant, revêtus d'uniformes de la Hitlerjugend passaient. Ils bavardaient. A chacun de leurs pas, les Juifs dispersés disparaissaient. Ils continuaient à bavarder. Soudain, l'un d'eux porta sa main à sa poche et, sans un instant d'hésitation, tira un coup de feu. Le bruit d'une vitre brisée, le hurlement d'un homme. Son compagnon le félicita et ils s'éloignèrent.J'étais cloué sur place. Alors la femme juive, qui avait sans doute compris que je n'étais pas Juif, me serra dans ses bras. "Allez-vous en", me dit-elle. "Ce n'est pas pour vous, allez-vous en."Nous quittâmes la maison, puis le ghetto. Mon guide me déclara : "Vous n'avez pas tout vu. Voulez-vous revenir ? Je viendrai avec vous. Je veux que vous voyiez tout."Nous y sommes retournés le lendemain par le même bâtiment. Cette fois, le choc fut moins fort et je remarquai d'autres choses. La puanteur, la saleté. Une puanteur suffocante. Des rues sales. L'atmosphère d'excitation, de tension, de frénésie. C'était sur la place Muranowski. Dans un coin, des enfants jouaient avec des chiffons. Ils se lançaient des chiffons. Il me dit : "Regardez, les enfants jouent. La vie continue.". Je lui répondis : "Ils ne jouent pas, ils font seulement semblant." Tout près de là, il y avait quelques arbres maladifs. Nous avancions sans parler à personne. Nous marchâmes ainsi pendant environ une heure. Il m'arrêtait parfois. "Regardez ce Juif", me dit-il désignant un homme qui se tenait debout sans bouger. "Est-il encore en vie?", demandai-je. "Oui, c'est vrai, il est encore en vie", rétorqua-t-il. "Mais n'oubliez pas qu'il est engagé dans le processus de mort. Il est tout bonnement en train de mourir. Regardez-le, s'il vous plaît et racontez ce que vous avez vu à ceux que vous rencontrerez là-bas. Vous l'avez vu, souvenez-vous en, je vous en prie." Nous poursuivîmes notre chemin. Horreur ! De temps à autre, il murmurait : "Vous devez vous vous souvenir de ceci, de cela, et de cela encore. Et de cette femme." Je lui demandais souvent : " Qu'est-ce qui arrive à ces gens ?" Et il me répondait : "Ils sont en train de mourir. Ne l'oubliez pas. Souvenez-vous en, s'il vous plaît."Nous continuâmes ainsi pendant une demi-heure, puis nous fîmes demi-tour. Je ne pouvais plus le supporter. "S'il vous plaît, sortez-moi d'ici."Ce n'était pas le monde que je connaissais. Cela n'avait rien d'humain. Je n'étais pas là-bas. Je n'appartenais pas à ce monde. Je n'avais jamais rien vu de pareil. 

22:05 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : temoignage, combattant, rsistance, polonaise, ghetto, enfer |  Facebook |