27/06/2009

Musulmanisation

Musulmanisation

VPRSLNCA7SO9QACAUBDACXCABHC0R0CA6OQ88TCA6OVUICCAS77RKYCAHIG80HCA969EJLCA3Q0NYMCASY2YV8CAU3SG3ZCATALNCDCA8TBM5JCA9MLXHPCAEBW6PMCA4QTVWJCADJLVJ1CAPUYFXT

Il y avait deux sujets que les détenus d’Auschwitz considéraient comme une espèce de tabou: Les crématoires et la nourriture.

Parler de nourriture augmentait par voie de réflexes conditionnés, la production d’acides dans l’estomac et donc de l’appétit. Il fallait s’abstenir de parler de nourriture. Lorsque quelqu’un perdait le contrôle de lui-même et se mettait à parler de la nourriture qu’il mangeait chez lui, c’était le premier signe de la musulmanisation, et nous savions qu’au bout de deux ou trois jours, cet homme passerait déjà au deuxième stade. Il n’y avait pas de distinction très nette : nous savions que cet homme ne réagirait plus, ne s’intéresserait plus à son entourage, n’exécuterait plus les ordres. Ses mouvements devenaient lents, son visage prenait un aspect de masque, ses réflexes ne fonctionnaient plus, il faisait ses besoins sans s’en rendre compte. Et il ne se retournait même plus sur son lit, de sa propre initiative ; Il restait couché sans bouger, et c’est ainsi qu’il devenait un musulman, il devenait un cadavre aux jambes très enflées. Comme il fallait se tenir debout lors de l’appel, nous le mettions de force face au mur, les mains levées, et c’était simplement un squelette au visage gris qui se tenait contre le mur et qui ne bougeait que parce qu’il avait perdu son équilibre…

Extrait du livre: Les médecins de l'impossible de Christian Bernadac page : 392

23:58 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Revier (infirmerie) | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : auschwitz |  Facebook |

04/03/2009

Infirmière à Auschwitz, témoignage

Infirmière à Auschwitz, témoignage

 

revier

Une déportées sur un lit du Revier, sorte d'infirmerie, qui est plutôt un endroit pour mourir. une photo qui a été prise au camp de Sachsenhausen à la libération du camps, on ignore si cette femme très affaiblie a survécu.

Il y avait cette femmes, arrivée avec nous, et que je ne reconnaissais pas, bien qu'elle me dit qui elle était.Squelettique, sa jambe gauche était énorme, tendue, violacée, l'autre réduite à l'état d'un bâton.

Notre chef l'amena hurlante, la bousculant parce qu'elle ne pouvait marcher.Etandue sur la table de soins, elle se mit à hurler d'une façon si intolérable que, avec le sang-froid qui la caractérisait, la docteresse l'étourdit d'un direct à la mâchoire et, profitant de cette anesthésie, elle fit une large incision du mollet d'oû sortirent des litres de pus noirâtre.

Quand elle revint à elle, elle ne fut plus capable que de délirer.Elle parlait beaucoup et tint des propos incohérents jusqu'à sa mort.

J'hésitais à refaire le pensement, mais le papier (les pensements étaient fait en papier) fut si vite imprégné qu'il fallait s'y résoudre.

Je découvrais alors un membre envahi d'asticots. Heureusement la malheureuse était dans une demi-inconscience, mais bien des jours passèrent avant qu'elle ne quittat ce monde d'horreur.

Ce témoignage est de Myriam David,un extrait du livre "Les mannequins nus" de Christian Bernadac

 

 

23:23 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Revier (infirmerie) | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mannequins, revier |  Facebook |