28/11/2013

Caché des nazis, il revoit son sauveteur 70 ans après

 Caché des nazis, il revoit son sauveteur 70 ans après

  

Un juif, caché sous un réservoir à grain en Pologne alors qu'il était enfant pour échapper aux nazis, a revu mercredi le fils de ses sauveteurs, 70 ans plus tard.

 

   

Leon Gersten, âgé aujourd'hui de 79 ans et devenu Américain, accompagné de ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, a serré avec émotion la main de Czeslaw Polziec, 81 ans, à son arrivée à l'aéroport JFK de New York. Les deux hommes s'étaient séparés en 1944, alors qu'ils étaient âgés d'une dizaine d'années, quand les Russes avaient libéré leur village de Frysztak. Leon Gersten avait alors émigré à New York.

"Pour moi et mes enfants, ce sont des héros", a déclaré M. Gersten, qui a pu se cacher avec sa mère, sa tante, son oncle et son cousin, de 1942 à 1944, dans la grange de l'humble ferme de la famille Polziec.

M. Polziec, qui a servi dans l'armée polonaise et survécu à l'occupation soviétique, a raconté que ses parents lui avaient dit de ne jamais parler de leurs invités. "Je suis très heureux, après avoir passé 69 ans en Pologne, de pouvoir revoir enfin mon ami", a-t-il déclaré. Les nazis avaient déjà pourchassé et tué beaucoup de juifs à Frysztak, y compris les grands-parents de M. Gersten en juillet 1942.

Ni jouets, ni livres
La mère de M. Gersten, Frieda, s'était échappée du ghetto en se faisant passer pour catholique. Marchande ambulante, elle avait frappé à toutes les portes de ses clients avant d'être accueillie finalement par Maria et Stanislaw Polziec, pourtant pauvres et parents de cinq enfants.

La famille Polziec leur avait construit un abri souterrain, recouvert d'un réservoir à grains pour échapper aux rafles. Elle leur donnait du pain chaque semaine et les enfants Polziec cueillaient des champignons dans la forêt pour leur faire de la soupe. Un jour les nazis sont venus dans la ferme et ont battu violemment Stanislaw Polziec, qui n'a cependant jamais révélé où se trouvaient les cinq juifs.

Il n'y avait rien dans le souterrain pour s'occuper. "Nous n'avions ni jouets, ni livres, rien pour nous occuper que regarder les araignées attraper les mouches", a raconté Leon Gersten. Ils passaient leur temps à s'enlever les poux de la tête, à rêver à un avenir meilleur et donnaient parfois un coup de main à leurs hôtes.

"Nous vivions dans l'espoir. En tant qu'enfant j'avais ce sentiment d'immortalité. L'idée qu'on puisse me tirer dessus et me tuer ne me venait pas à l'idée", a-t-il ajouté.

En 1998, Leon Gersten a pu rencontrer une des soeurs de Czeslaw venue travailler aux Etats-Unis, mais la communication était difficile car Gersten ne parlait plus polonais. Et après la mort de la mère de Gersten, les deux familles ont perdu le contact.

Leon Gersten va emmener maintenant Czeslaw Polziec visiter Long Island et New York pour célébrer la fête juive de Hanoucca et partager le traditionnel repas américain de Thanksgiving jeudi. Leur rencontre a été facilitée par la Jewish Foundation for the Righteous (Fondation juive pour les Justes), qui aide financièrement 650 sauveteurs européens de l'holocauste qui sont âgés ou dans le besoin.

Six millions de juifs ont été exterminés par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Plus de la moitié d'entre eux étaient polonais. Parmi eux se trouvaient le père, la soeur et trois frères de Leon Gersten.

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1748444/2013/11/28/Cache-des-nazis-il-revoit-son-sauveteur-70-ans-apres.dhtml

 

20:19 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Camps, Justes des nations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/07/2013

Petits-enfants de justes : Ambassadeurs de la mémoire.

Petits-enfants de justes : Ambassadeurs de la mémoire.

"Qui sauve une vie, sauve l'humanité"

Talmud

Témoignages poignants

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27/06/2013

Musée Daniel Trocmé

Musée Daniel Trocmé

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 En Israël, au kibboutz Beit Lohamei hagetha'ot (1) au nord de Acco, va s'ouvrir un musée, plus exactement un lieu de mémoire pour un "Juste" français. Les visiteurs de Yad Vashem à Jérusalem, connaissent déjà Janus Korczak, cet éducateur juif polonais qui donna sa vie pour les enfants dont il avait la charge. 
Un événement beaucoup moins connu, l'histoire de Daniel Trocmé, un non-juif, professeur et directeur de la Maison des Roches au Chambon s/Lignon - France : nous pouvons être fiers de Daniel, car il compte également parmi les "Justes" ayant risqué leur vie pour sauver des Juifs.
 
Daniel avait la charge d'étudiants juifs dont il n'a pas voulu se séparer, lors de la rafle de la Gestapo, le 29 juin 1943. Il fut emprisonné avec dix-huit de ses jeunes (de 18 à 25 ans) à la prison de Moulins. Le pasteur André Trocmé put obtenir pour lui une libération, arguant de sa non-judéité. Daniel refusa, préférant rester avec ses étudiants. En 1943, il fut envoyé à Compiègne, puis déporté à Buchenwald, et à Dora. Il fit partie d'un convoi de 1200 personnes dirigé à Majdanek le 27 mars 1944. Il y mourut, à 34 ans.
 
Le musée de la résistance, au Chambon
Le village du Chambon est un vrai symbole de résistance au nazisme, en France. Le Yad Vashem a décerné exceptionnellement au village entier la médaille des Justes. Dans cette région très protestante, trois pasteurs - André Trocmé, Edouard Theis et Charles Guillon - initièrent cette résistance et permirent avec le concours des habitants des différents villages du plateau du Vivarais, de sauver plusieurs milliers d'enfants juifs. On ne peut citer toutes les personnes impliquées dans ce sauvetage, la liste serait trop longue. Le musée qui vient d'être inauguré au Chambon début juin - voir l'article de Johanna Zilbenstein - permet notamment que personne, qui ait de près ou de loin participé à ce sauvetage, ne soit oublié.
 
Un musée Trocmé en Israël

Yad Layeled
Une des vertus d'Israël est celle de la mémoire, car D.ieu lui a ordonné : "Souviens-toi !". Israël est également la conscience des peuples : le musée du Yad Vashem évoque le pire de l'homme - jusqu'où un être humain peut descendre dans l'horreur et l'ignominie. Non seulement le peuple juif n'ignore pas d'où il vient, ni par qui il est conduit - le D.ieu de Jacob - mais il ne veut pas oublier ceux qui ont été de précieux soutiens, des amis sincères. Ces gens qui avaient une conscience, malgré leurs peurs, et qui ont caché et sauvé des familles juives (ou des résistants) rehaussent l'honneur de l'humanité.
 
1) Ce musée en Israël s'adressera aux pèlerins chrétiens qui viennent visiter Israël. Ce lieu de mémoire s'ajoutera aux autres existants dans ce kibboutz si particulier (14 expositions), et parlera précisément aux coeurs des chrétiens francophones.
 
2) Il s'adresse également aux Israéliens qui ont une vision parcellaire de ce que les Français ont fait, et qui complétera les connaissances, et la documentation déjà utilisée (à Yad Vashem). La France, sachons-le, est un des pays d'Europe, qui a sauvé le plus de Juifs, par des gens ordinaires, des chrétiens ou des non-chrétiens...
 
3) Le kibboutz reçoit des groupes scolaires. Il poursuit une démarche éducative au travers de ces expositions sur les camps de la mort, sur la Résistance des ghettos, et sur la shoah des enfants (Yad Layeled). Le "Centre Education et Humanisme" est un lieu de dialogue entre élèves et enseignants de différentes cultures, arabe, juive, druze et chrétienne. Avec Daniel Trocmé et l'oeuvre du Chambon, chacun pourra voir l'importance de la solidarité humaine et de l'amour du prochain, vertus dont le monde a tant besoin. 
 

Claude Meyer et Anat Livené
Besoins immédiats, pour que ce musée voit le jour !
L'initiateur du projet "Daniel Trocmé" est Claude Meyer, de l'association NEGBA (oeuvre éducative pour des enfants en détresse). Avec d'autres amis juifs français ayant fait leur aliyah, Claude dit "avoir une dette" envers les personnes de France qui les ont cachés, lui et sa famille.
Claude Meyer a découvert ce lieu possible en Israël où l'on pourra honorer la mémoire de Daniel et ceux du Chambon. Nous étions dernièrement avec la directrice, Anat Livené et Raya Kalisman, qui dirige le Centre d'Humanisme, pour voir les détails de l'agencement de la salle prévue pour Daniel Trocmé. Il sera à l'intérieur du musée du kibboutz, et près de celui de nos amis hollandais.
 
Il va de soi qu'établir un musée demande un investissement. Celui-ci représente un coût de 37 000 euros. Une salle de 50 m² est mise gracieusement à notre disposition, mais tout reste à faire : agencer le lieu, prévoir des supports, la projection de films, de diapos..., collecter des documents et/ou objets, et savoir les disposer.
 
Investir en faveur de l'Héritage Protestant !
Claude Meyer est l'initiateur du projet. Cependant nous souhaitons de notre côté, permettre aux chrétiens de participer à l'élaboration de ce lieu de mémoire. Le Chambon s/Lignon est avant tout un fief protestant - c'est notre héritage, nous devons le préserver.
 
AVIS A TOUS
de la famille des différents pasteurs, et de toute personne qui posséderait des éléments concernant Daniel Trocmé, et le sauvetage des Juifs au Chambon, susceptibles d'être exposé.

Shalom Israël, Sophie & moi-même en Israël, serons heureux de rassembler
ces documents et/ou objets pour le musée,
contactez-nous.

DONS : Libellé des chèques  : "Shalom Israël - Trocmé"
A envoyer à : Shalom Israël
9 avenue Gaston Boissier
78220 Viroflay


(1) C'est le Kibboutz Beit Lohamei haghetaot, entre Acco (St Jean d'Acre) et Nehariyah au nord d'Israël, qui accueillera le musée consacré à la mémoire de Daniel Trocmé. Ce lieu de mémoire sera proche du musée des enfants de la Shoah, Yad Layeled, en souvenir des 1,5 millions d'enfants juifs assassinés. Nous en parlerons ultérieurement, car ce lieu mérite une vraie mise en lumière, tel Yad Vashem.
18 juin 2013
Pasteur Gérald Fruhinsholz

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22/06/2012

Destins d'enfants Juifs et de leurs sauveurs

Destins d'enfants Juifs et de leurs sauveurs

Des témoignages d'enfants Juifs sauver par des non Juifs

 

 

21:17 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Justes des nations, Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/05/2012

Le village Juifs qui protégea les Juifs.

Le village Juifs qui protégea les Juifs.

 

Le livre passionnant d’un universitaire américain a fait découvrir au monde l’attitude, en tout point exemplaire, des habitants du Chambon-sur-Lignon, un petit village français qui, aux pires heures de la guerre, sut toujours dire non à la haine.
L’article qui suit se fonde sur les renseignements contenus dans cet ouvrage ainsi que sur notre enquête auprès des Chambonnais.

Par Jean-Marie Javron.

 

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Tout indiquait, à la fin du mois de juillet 1942, que le petit village protestant du Chambon-sur-Lignon, dans les austères monts du Vivarais, serait le théâtre d’événements peu ordinaires. Un samedi, M. Bach, préfet de la Haute-Loire, vint y rencontrer le pasteur André Trocmé qui, depuis huit ans était le guide spirituel incontesté et l’âme de ce village de 3 000 habitants. Le préfet ne mâcha guère ses mots : « Monsieur le pasteur, nous savons que vous cachez ici plusieurs dizaines de Juifs. J’ai ordre de conduire ces hommes et ces femmes  à la préfecture pour vérifier leur identité. Veuillez donc m’indiquer au plus tôt leurs noms de leurs adresses. »

Le pasteur refusa. « Les hommes et les femmes dont vous parlez, dit-il, sont venus demander aide et protection. Je suis leur pasteur et leur berger. Ce n’est pas le rôle d’un berger que de trahir le troupeau dont il a la charge. »

Peu après, et trois semaines durant, la police fouilla plusieurs fermes, plusieurs greniers et de nombreuses caves : en vain ! Prévenus par certains habitants du village, les réfugiés se volatilisaient littéralement à chaque alerte, dans la forêt et les montagnes environnants.

Contre la violence.

C’est en septembre 1934 qu’André Trocmé alors âgé de trente-trois ans, débarque par un soir d’orage au Chambon-sur Lignon accompagné de sa femme Magda et de ses quatre enfants. Grand, doté d’une vitalité physique peu commune, il est capable de violentes colères lorsque ses principes sont contestés. Il est devenu pacifique et objecteur de conscience bien avant que l’église réformée de France n’ait reconnu l’idée, fondamentale à ses yeux, de la non-violence. Initié à cette doctrine, pendant la première guerre mondiale, par un soldat allemand qui refusait d’aller armé au combat se fit tuer dans les tranchée sans avoir tiré un seul coup de feu, Trocmé est persuadé que la violence, même lorsqu’elle semble la seule réponse possible, n’engendre jamais que la violence. On ne peut selon lui, briser le cercle infernal qu’en considérant tout homme comme un ami possible, quelle que soit sa race ou sa croyance, et en tendant de le persuader à son tour que toute que toute vie est sacrée.

André Trocmé s’emploie tout de suite à ranimer le village. Il a pour  cela, une idée en tête : Pourquoi ne pas créer au Chambon un collège voué aux idéaux de paix ? Ouvert en 1938 avec l’aide du pasteur Edouard Theis, un non-violent rompu à l’enseignement, le collège débute avec 4 professeurs et 18 élèves. Il en aura plus de 100 cinq ans plus tard, et l’esprit non-violent s’est si bien répandu que, lorsqu’un inconnu arrive au village et demande le Collège cévenol, il n’est pas rare qu’il s’attire cette réponse stupéfiante : « Le Collège, mais il est partout ! ».

« Entrez donc ! »

Un soir de l’hiver 1940-1941, l’un des plus froids que la France ait connus, une femme transie dans ses vêtements légers avance en titubant dans les rues désertes du Chambon.
Elle sonne à la porte des Trocmé.
« Je suis Juive et allemande, dit-elle à Magda. Je suis en danger. Pourriez-vous m’aider ? » Et Magda, qui attisait le feu : « Mais bien sûr ! Entrez donc ! »

Réchauffée, habillée de sec, nourrie, la jeune femme raconte son histoire : Elle a fui l’Allemagne pour ne pas être déportée et a cru trouver un refuge à Paris, mais à peine s’y était-elle installée que les troupes allemandes faisaient leur entrée dans la capitale. Il n’y avait plus, pour elle, de salut qu’au sud de la Loire, en zone libre.

Le lendemain matin, Magda, qui ne perd jamais de vue les réalités, va voir le maire du Chambon : Il lui faut des tickets de rationnement pour sa protégée. Le maire est un homme affable qui n’épouse pas à première vue, les thèses racistes de Vichy ; Elle ne doute pas d’obtenir ce dont elle a besoin. Or la réaction du notable la stupéfie. «  Une réfugiée ? Mais vous n’y songez pas ! Croyez-vous que je vais mettre tout le village en danger pour sauver une étrangère ? »

Magda est trop mortifiée pour chercher à convaincre ! Par son geste de confiance inconsidéré, elle vient de mettre en danger la vie de sa protégée. La mort dans l’âme, elle fait savoir à l’Allemande qu’elle ne peut pas la garder plus longtemps et lui indique un refuge de l’autre côté du Rhône où elle sera plus en sécurité. La femme repart, seule dans la neige, et Magda en reste navrée.

L’école du secret.

De cette faute, qu’ils ne se pardonneront jamais tout à fait, Magda et André Trocmé tirent une leçon qu’ils n’oublieront plus : Il leur faut désormais apprendre à mentir et à tricher, même si leurs principes moraux les plus élémentaires doivent  en souffrir cruellement. Cette conclusion, les Chambonnais la reprennent à leur compte, et presque d’instinct, dans les semaines qui suivent. Ainsi voit-on le pasteur Trocmé transformer allègrement le nom Juifs de Kohn en Colin, sur une carte d’identité, avant d’adresser le réfugié au maire qui doit lui fournir des tickets de rationnement.

Il se passe peu de jours sans que le train de 13 heures en provenance de Saint-Étienne ne dépose à la minuscule gare son contingent de Juifs traqués. Un certain nombre, c’est vrai, ne font que passer ; Pris en charge par la Cimade, une organisation protestante de secours, les plus vaillants, escortés de courageux volontaires, sont acheminés de presbytères en fermes amies jusqu’à la frontière Suisse.

Pour la grande majorité pourtant, le Chambon reste le seul espoir, à tel point que l’on voit débarquer nombre d’enfants seuls et sans bagage. Le Collège cévenol accueillera bientôt de nombreux élèves Juifs ; Et comme beaucoup d’enseignants étrangers arrivent aussi, il devient non seulement multiconfessionnel mais international.

Sous l’autorité d’André trocmé qui parcourt inlassablement le village, les méthodes d’accueil se perfectionnent aussi de mois en mois. On ne peut avouer, même sous la  torture, que ce que l’on sait. Tout était donc secret. Les familles qui abritaient des réfugiés Juifs s’efforçaient de se procurer de fausses cartes d’identité qui leur permettaient l’obtention de tickets de rationnement.

« C’était les êtres les plus en danger, mais aussi les plus dangereux pour leurs hôtes », dit à propos des Juifs, un ancien pasteur de la Cimade. Or sur les dangers qu’ils courent les Chambonnais, raffermis par les vigoureux sermons de leur pasteur, semblent fermer chaque jour un peu plus les yeux. Quand ils ne les provoquent pas inconsidérément !

« Nous saurons désobéir. »

Lorsque Vichy décrète que toutes les cloches de France devront sonner en l’honneur du maréchal Pétain qui vient d’avoir quatre-vingts ans, la femme qui détient les clés du temple refuse d’obtempérer parce que ce n’est pas une fête religieuse. Quand le ministre de la jeunesse et des sports de Vichy, Georges Lamirand, vient en personne visiter  le village durant l’été de 1942, c’est un groupe d’élèves du Collège cévenol qui, avec un courage suicidaire, lui tend une lettre déclarant : « Il est de notre devoir de vous dire qu’il y a parmi nous nombre d’étudiants Juifs, et qu’il est contraire aux Evangiles de faire la moindre discrimination. Si l’on nous y force, nous saurons désobéir et tenterons de protéger nos camarades du mieux que nous pourrons. »

Obligé de prendre la défense des élèves, le pasteur ajoute : « Je ne sais pas ce qu’est un Juif, je ne connais que des hommes. » Furieux, le ministre avertit le pasteur qu’il « ferait mieux de prendre garde ».

En 1942, nombreuses sont les familles qui accueillent déjà un ou plusieurs fugitifs.

Une auto noire.

Certes, les Chambonnais ne furent pas les seuls à tenter de sauver des vies juives. D’innombrables Français, protestants aussi bien que catholiques ou laïcs, en firent autant au péril de leur vie. Mais ils agirent toujours individuellement. Ce qu’il faut bien appeler, comme le fait Philippe Hallie, « Le miracle du Chambon », c’est l’incroyable unanimité d’une communauté défiant ouvertement des lois qui ne correspondaient pas à sa profonde conviction chrétienne. Dans l’Europe à feu et à sang. Le Cambon est devenu pour les Juifs le seul endroit où les portes s’ouvrent à coup sûr. Il est resté le seul où jamais personne n’a dit « non ».

Plusieurs pensions, de nombreux homes ont été organisés pour recevoir les enfants. Le presbytère de réfugiés qui s’arrêtaient une nuit ou y séjournaient plus longtemps. Autour de la table, ils sont souvent jusqu’à 15 à partager le maigre repas, et l’on parle toutes les langues. La vitalité du pasteur, sa gaîté contagieuse sont un précieux réconfort tant pour Magda et ses enfants que pour les réfugiés eux-mêmes, dont la situation devient de plus en plus précaire.

Le 13 février 1943, à 19 heures, une auto noire s’arrête devant le presbytère. Le commandant Silvani, chef de la police de Vichy en Haute-Loire, et un lieutenant en descendent. Les pasteurs Trocmé et Theis ainsi que Roger Darcissac, directeur du cours complémentaire, sont arrêtés et aussitôt transportés au camp de Saint-Paul-d’Eyjeaux, dans la banlieue de Limoges, où sont principalement détenus des communistes et des résistants.

Après vingt-sept jours de détention, on leur propose la liberté en échange d’une simple signature au bas d’une lettre d’allégresse au Maréchal. Ils refusent. Mais le lendemain, ils sont libérés sans avoir à signer ! Tandis qu’ils s’éloignent, leurs camarades de détention ne peuvent s’empêcher de fredonner en leur honneur : « Ce n’est qu’un au revoir, mes frères. »

« En un mois, écris Philippe Hallie, trocmé avait presque réuni à recréer un nouveau Chambon. »
De retour dans le petit village cévenol, André Trocmé sent pourtant que le véritable orage est encore à venir. La gestapo se substitue de plus en plus à la police de Vichy, et l’on apprendra par la suite qu’une division SS constitué de volontaire tartares, qui s’est distinguée en massacrant des villages entiers, s’était installée près du Puy.

Dans la tourmente.

Le mardi 29 juin 1943, un car de la gestapo s’arrête devant la Maison des Roches, qui abrite des jeunes gens Juifs d’âge militaire, et qui est dirigée par Daniel Trocmé, un petit cousin du pasteur. Prévenue, Magda Trocmé se démène et fait intervenir en officier allemand logé au village. Le seul pensionnaire qu’elle sauvera est un jeune espagnol, Pepito Kovacs, qui avait, quelques semaines avant arraché à la noyade un soldat allemand et qui n’est pas Juif. Tous les autres furent déportés, ainsi que Daniel Trocmé  qui trouva la mort au camp de Maidanek, en Pologne.

Un après midi de juillet 1943, l’indicateur placé dans le village par la police de Vichy est abattu par des maquisards dans le hall de son hôtel du Chambon. De tous côté, on avertit le pasteur trocmé qu’il est recherché par la gestapo et que son nom figure sur la liste noire. Sa présence met le village en danger. Pour sauver la vie de ses proches et des réfugiés, André Trocmé quittera le Chambon ; Il séjournera en plusieurs endroits de la région tout en s’efforçant de ne jamais être reconnu. Il ne viendra au Chambon qu’à la libération.

Durant l’été 1944, après le débarquement américain en Normandie, les maquisards de plus en plus téméraires quittent l’abri des bois  proches du village pour lancer des raids meurtriers contre les colonnes ennemies. Les miliciens de Vichy, gagnés par la panique, sont prêts à tout. Enfin, des parachutistes anglais se posent maintenant aux abords mêmes du village, attirant l’attention sur les Chambonnais.

Après le débarquement allié dans le sud de la France le 15 août, les Chambonnais  apprennent qu’un détachement allemand se dirige vers le village voisin de Saint-Agrève ; Ils prennent au sérieux les rumeurs selon lesquelles le Chambon est désormais promis à la destruction. En quelques heures toutes les maisons sont évacuées et pendant une journée entière, les Chambonnais et leurs réfugiés se terrent dans la campagne. Au dernier moment, la colonne allemande s’arrête en Ardèche. Peu après, le village était libéré.

Ce qui s’était passé ce jour fatidique où le village faillit être détruit, le pasteur Trocmé ne l’apprit que bien des années plus tard. En 1961,au cours d’une visite à Munich, il rendit visite au major Julius Schmäling, qui commandait la région du Puy.

« Monsieur Schmäling, » lui dit le pasteur, « vous ne pouviez pas ignorer que nous cachions des Juifs au Chambon. Pourquoi n’avez-vous pas détruit le village ? »
« Oui, je savais tout, » répond Schmäling. « Le colonel SS qui commandait la légion tartare revenait sans cesse sur la nécessité de faire un raid au Chambon. Mais j’expliquais qu’on ne vient pas à bout de ce genre de résistance par la violence, et je lui demandais d’attendre. Vous savez, pasteur, je suis chrétien, et l’attitude des chambonnais faisait partie de ce que je pouvais comprendre.

Ainsi alors que régnaient haine et violence, la bonté et le courage ont su trouver un écho jusque sous l’uniforme à croix gammée. Ce n’est pas le moindre miracle du Chambon…

Aujourd’hui,

Le courage des Chambonnais est symbolisé par deux arbres, plantés en Israël en présence de Magda Trocmé, et qui rappellent le souvenir du pasteur,mort en 1971, et de son petit cousin Daniel. Les deux hommes reçurent l’un et l’autre, à titre posthume, la plus haute récompense israélienne : La médaille des justes.

Pour nombre de Juifs, le pèlerinage au Chambon fait désormais partie des coutumes familiales, et le 17 juin 1979 les survivants des quelques 2 500 Juifs qui trouvèrent refuge au Chambon inaugurèrent dans le village une plaque rendant hommage à tous leurs sauveurs.

Le plus grand hommage jamais rendu aux Chambonnais, c’est pourtant au Pr Hallie qu’ils le doivent : «  Il n’est pas à la portée de tout le monde d’être le pasteur Trocmé, ni même d’avoir la force morale des Chamnonnais, mais au plus profond de lui-même, nul ne doit fermer sa porte. Cette porte ouverte avec tant d’empressement par Magda Trocmé, disant à la première réfugiée du Chambon : Mais bien sûr ! Entrez donc ! »

Revue -
    •    Sélection Du Reader's Digest N° 418 : Ce Village Qui Protégea Les Juifs - Littérature étrangère - 01/12/1981
 

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23/04/2012

Le Juste qui voulait reposer au milieu des juifs

Le Juste qui voulait reposer au milieu des juifs


par David Koskas
Wladyslaw Kowalski ést un Juste parmi les Nations: il a sauvé près de cinquante Juifs pendant la Shoah.

Il fut un de ces non-Juifs qui mirent leur propre vie en péril pour sauver des Juifs de la barbarie nazie. Honoré de cette distinction par Yad Vashem, il mérite l'admiration et la reconnaissance de tous pour le courage et l'humanité dont il a fait preuve.

Cela fut pourtant à peine suffisant, semble-t-il, pour accéder à sa dernière volonté: être enterré parmi les Juifs.
Le quotidien Haaretz est revenu sur la vie de cet homme extraordinaire, entouré de mystère.

Né en Ukraine en 1896, Kowalski fit ses études d'ingénieur agronome à Saint-Pétersbourg, puis s'engagea dans l'armée polonaise, qu'il quitta en 1935 avec le grade de colonel.
Il travailla ensuite pour le groupe Philips, à Varsovie.

Mobilisé lors de la Seconde Guerre mondiale, il dirigea la brigade qui défendit Varsovie quand l'Allemagne envahit la Pologne en 1939.
Il refusa de se rendre lorsque ses supérieurs lui en donnèrent l'ordre et combattit pendant deux semaines supplémentaires, jusqu'à être arrêté par les Allemands.

Une fois libéré grâce à sa position chez Philips, il fit de son mieux pour venir en aide aux Juifs, persécutés par les nazis et leurs alliés.
Il en cacha chez lui, chez des amis, obtint pour eux de faux passeports, consacra ses revenus à leur survie.

Ses fonctions professionnelles l'autorisaient à pénétrer dans le ghetto de Varsovie. Il en profita pour faire passer des médicaments et des armes.
Parmi les Juifs qu'il a sauvés, se trouvait sa future épouse, Leah Bucholtz. Dix ans après leur mariage, en 1947, ils émigrèrent en Israël. Il y finit sa vie dans un relatif anonymat.
Peu de temps avant de mourir, il demanda qu'on ne l'éloigne pas des Juifs, qu'on l'enterre "parmi eux".

Mais cette requête, apparemment simple, se heurtait à des règles de la loi juive qui obligent à séparer les tombes juives des autres tombes.
Les autorités religieuses israéliennes demeurèrent inflexibles, il ne pouvait pas être enterré dans un carré juif.

Une solution fut tout de même trouvée, grâce au rabbin de Tel Aviv, Yedidya Frenkel, et à l'intervention de Yad Vashem: Wladyslaw Kowalski fut enterré à coté de tombes de survivants de la Shoah dans le kibboutz Yad Mordechai, qui accepta le corps et fut flatté d'accueillir un tel personnage.

Aujourd'hui encore, 41 ans après son enterrement, un mystère plane autour de lui: pourquoi personne ne s'est jamais rendu sur sa tombe ? Qu'est devenue sa famille ?

"J'admets n'avoir sauvé que 49 Juifs", a-t-il dit en 1961, devant des immigrés polonais à Tel Aviv. "Je n'ai rien fait de spécial pour les Juifs, et je ne me considère pas comme un héros. Je n'ai fait que mon devoir en tant qu'être humain vis-à-vis de ceux qui étaient persécutés et torturés.

Je ne l'ai pas fait simplement parce qu'ils étaient Juifs, mais plutôt parce que j'aurais aidé toute personne persécutée, quelque soit sa race ou sa religion".

www.israel-infos.net/Le-Juste-qui-voulait-reposer-au-milieu-des-juifs-8682.html

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01/10/2009

LA REINE ELISABETH DE BELGIQUE (1876-1965)

LA REINE ELISABETH DE BELGIQUE (1876-1965)

 

En juillet 1942, la Gestapo opéra les premières rafles dans les quartiers habités par les Juifs à Bruxelles et à Anvers et les emprisonna à Malines en vue d’une déportation vers l’Est. En août 1942, Sa Majesté la Reine Elisabeth reçut en audience l’Association des Juifs belges, Sa Majesté leur assura qu’elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour arrêter les rafles et pour protéger les Juifs belges de la déportation. Le 24 septembre 1942, à Bruxelles, le cardinal Van Roey, chef de l’Eglise catholique en Belgique, et la Reine Elisabeth intercédèrent auprès des autorités d’occupation allemande après l’arrestation de six membres importants de la communauté juive. Grâce à leur intervention, cinq d’entre eux furent relâchés. Le sixième, secrétaire de la communauté juive belge, n’était pas un citoyen belge mais hongrois, et même l’intervention des autorités belges ne put le sauver. Il fut déporté à Auschwitz.

Le château de la Reine Elisabeth à Jamoigne était un orphelinat pour les enfants de soldats belges, dirigé par Marie Taquet, femme d’un officier de l’armée de terre. En 1943, elle y accueillit 80 enfants juifs. Tous leurs noms furent modifiés pour avoir une consonance chrétienne et ils furent dispersés parmi les autres enfants sans que ceux-ci sachent qu’ils étaient juifs. Ils furent tous sauvés.

 

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Andrée GeuleHerscovici a sauver des enfants


 ANDREE GEULEN-HERSCOVICI                                                 

Témoignage d’Andrée Geulen-Herscovici dans LA BOITE A IMAGES asbl (www.laboiteaimages.be) : « 1940-1945 : Un combat pour la liberté »

Je suis née le 6 septembre 1921 à Bruxelles.
En juillet 1942, j’ai commencé à faire des intérims dans l’enseignement, où j’ai été confrontée pour la première fois au problème des enfants juifs. Je voyais arriver dans ma classe des enfants avec une étoile jaune, et puis ils ne venaient plus à l’école parce qu’ils avaient été arrêtés dans la nuit avec leurs parents.

C’est à ce moment là que j’ai rencontré le réseau de résistance qui s’occupait de cacher ces enfants, et j’en ai fait partie jusqu’à la libération. Il s’agissait du « Comité de Défense des Juifs », section enfance. Je cachais des enfants dans des abris « sûrs ».
La révolte devant l’impensable m’a poussé à agir. Qui peut rester insensible à ça. On me communiquait des adresses de personnes juives, où je me rendais pour prévenir la famille que j’emmènerais l’enfant 48 heures plus tard. A la campagne, dans un couvent, dans des familles privées ou dans des institutions nées de la guerre (le Secours d’Hiver, l’Aide Paysanne aux Enfants, etc.).
La période était difficile. Nous avions faim et froid.
Mais sauver des enfants est une belle cause.

Un jour je suis allée chercher un bébé de 20 mois environ. Au moment où je suis sortie avec le bébé, la Gestapo est arrivée. Les rafles étaient effectuées dans les quartiers juifs. Ils barraient toutes les rues transversales avec des camions pour empêcher les gens de s’échapper.
Je suis arrivée dans une de ces rues avec la poussette, et pendant ce temps, ils faisaient descendre toutes les familles.
D’autres fois, nous allions aussi chercher des bébés qui avaient 6, 7 jours à la maternité. Des médecins « amis » nous signalaient les enfants à cacher tandis qu’ils s’occupaient des mères désemparées.

Nous avons appris l’existence des chambres à gaz suite au voyage de Victor Martin, un jeune universitaire, chargé par le « Front de l’Indépendance » de faire une enquête en Allemagne pour voir ce que devenaient les prisonniers que l’on envoyait là-bas. Le responsable du « Comité de Défense des Juifs » lui a demandé de voir ce que les déportés devenaient.
Martin est rentré d’Allemagne en disant : « on brûle les gens. » Il avait pris contact avec des gens autour du camp, des ouvriers qui lui ont parlé des cheminées.

Après la guerre j’ai continué à avoir énormément de contacts avec ces enfants, d’autant plus quand les parents avaient survécu. Parce que les parents avaient le souvenir de ce que j’avais fait, ils n’ont jamais oublié.
C’est un grand privilège pour moi d’avoir pu continuer à les aider en les guidant dans leurs études par exemple.

Un beau jour, quelqu’un m’a écrit de San Francisco pour me demander où il avait été caché pendant la guerre. Je lui ai répondu, et il est venu quelques jours après en Belgique. Nous sommes allés ensemble jusqu’au couvent où il était caché, à Louvain. Pour lui c’était terrible, il en pleurait car il se souvenait des caves où il se cachait pendant les alertes, du petit coin où il cultivait des légumes, de la chapelle.
Par la suite je suis allée le voir à San Francisco. Ces deux fils étaient présents. Nous avons fait un film ensemble. Il pleurait à chaudes larmes. Ses fils m’ont dit qu’il n’avait jamais rien raconté avant.

J’ai gardé de cette période la haine de tous les racismes, pas seulement de l’antisémitisme, qui peuvent mener jusqu’à l’extermination.
Je suis pessimiste au vu de l’actualité de ces dernières années. J’ai l’impression que l’homme n’a pas appris grand-chose. Il suffit de quelques incidents dans la rue pour que naissent des nouveaux sentiments de rejet. Mais il faut pouvoir résonner tout ça.
A mon sens, tant qu’il y aura dans ce monde des gens qui « crèvent de faim » et de l’autre qui « crèvent de trop de richesses », il y aura un appel de ces pays pauvres vers ces pays riches.
Si on établit un meilleur équilibre des richesses, on évitera d’abord les déplacements de population. Il faut faire un effort pour se mettre à la place des gens.
Nous vivons ici dans un pays de cocagne. J’admire les jeunes qui se battent pour une meilleure répartition des richesses. C’est ce combat-là qu’il faut mener aujourd’hui.

source: http://www.maisondesjustes.com/histoire_b.html

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17/02/2009

L'officier Allemand du " pianiste" honoré par Yad Vashem

Israël: l'officier allemand du "Pianiste" honoré par Yad Vashem

[ 16/02/09  - 14H18 - AFP  ]

© AFP/Archives - Marco Longari

L'officier de la Wehrmacht Wilm Hosenfeld, rendu célèbre par le film de Roman Polanski "Le pianiste" (2002), a été reconnu "Juste parmi les Nations" à titre posthume, selon un communiqué publié lundi par Yad Vashem, le Mémorial pour la Shoah de Jérusalem.

L'officier Wilm Hosenfeld, basé à Varsovie dès juillet 1940, s'est vu décerner le titre de "Juste parmi les Nations" pour avoir "sauvé des juifs de la Shoah" durant la Seconde guerre mondiale.

Hosenfeld a été rendu célèbre par le film de Roman Polanski, "Le pianiste", tiré de l'histoire vraie d'un musicien juif polonais, Wladyslaw Szpilman, qui a remporté nombre de prix au Festival de Cannes, aux Oscars et aux Césars.

Wladyslaw Szpilman a écrit au Mémorial de Yad Vashem pour raconter comment, en novembre 1944, l'officier allemand lui avait fourni une cachette, de la nourriture, des couvertures et un soutien moral. Un autre rescapé, Leon Wurm, a certifié qu'Hosenfeld, qui travaillait au Centre de Sports de l'armée, l'avait employé après son évasion d'un train qui le menait vers le camp d'extermination de Treblinka.

La Commission pour la désignation des "Justes parmi les Nations" avait déjà étudié le cas de l'officier allemand sans lui décerner le titre, aucune preuve ne permettant, selon elle, d'affirmer qu'il n'avait pas participé à des crimes de guerre durant la prise du ghetto de Varsovie.

Récemment, de nouveaux documents ayant appartenu à l'officier et étudiés par le Mémorial de la Shoah, tels des carnets intimes ou des lettres écrites à sa femme, ont montré sa profonde désapprobation de la politique menée par les nazis à l'égard des juifs.

"Dans ses écrits, Hosenfeld dévoile son dégoût grandissant pour l'oppression du peuple polonais, les persécutions du clergé polonais, les abus à l'égard des juifs, les débuts de la Solution finale et son horreur de l'extermination du peuple juif," souligne le communiqué.

Après la guerre, Wilm Hosenfeld a été arrêté, jugé et condamné à la prison à vie par les soviétiques. Il est mort en prison en 1952.

Son fils et ses deux filles vont recevoir la médaille et le certificat de "Juste parmi les Nations" au nom de leur père.

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23/09/2008

L'allée des justes des nations

 L'allée des justes des nations à Jérusalem

 

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 L'allée menant au Sanctuaire du souvenir est bordée d'arbres plantés en l'honneur des non-juifs - les Justes des nations - des hommes et des femmes qui, au péril de leurs vies, ont tenté de sauver des juifs pendant la Shoah. Le titre de Juste des nations  a été décerné à plus de 16 000 personnes.

 

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04/06/2008

Hommage aux Albanais ayant sauvé des juifs pendant la Shoa

Hommage aux Albanais ayant sauvé des juifs pendant la Shoah

Associated Press

Jérusalem

Les larmes aux yeux, un vieil homme a serré dans ses bras jeudi le fils de celui qui l'avait sauvé des camps de la mort nazis: C'était à Yad Vashem, le mémorial de l'Holocauste, qui rend hommage, via une exposition de photographies, au rôle méconnu des Albanais, musulmans, qui ont secouru des juifs pendant la deuxième Guerre mondiale.


Photo AP

La petite Albanie, où la majorité de la population est musulmane, refusa sous l'occupation nazie de fournir les listes de noms de la petite communauté juive du pays, qui, à l'exception d'une seule famille, survécut ainsi à la barbarie nazie. En tout, l'Albanie a protégé entre 600 et 1.800 réfugiés juifs: à la fin de la guerre, elle était le seul pays d'Europe où la population juive était plus importante qu'avant le début du conflit.

«C'est une histoire hors du commun», explique Yehudit Shendar, conservatrice de l'exposition. Celle de ces «musulmans qui ont mis leur vie en danger pour sauver des juifs».

Yoshua Baruchowic, 84 ans, qui s'est installé au Mexique après la guerre, a échangé toute sa vie des lettres avec Ali Sheqer Pashkaj, l'homme qui lui avait sauvé la vie, mort en 2004, et qu'il appelait son «frère». Jeudi, il rencontrait pour la première fois le fils de ce dernier, âgé de 50 ans.

En 1941, un convoi nazi transportant des juifs passa devant le magasin de la famille Sheqer, au plus profond des montagnes albanaises. Sheqer ravitailla les soldats, et incita un de leurs prisonniers, le jeune Baruchowic, âgé de 18 ans, à leur fausser compagnie. Feignant l'ignorance quant à sa disparition, il tint bon jusqu'au départ des Allemands, puis cacha le jeune homme pendant trois ans.

«Mon père était un musulman fervent», a expliqué Enver Sheqer. «Il pensait que sauver une vie permettait d'entrer au paradis».

L'exposition, intitulée «Besa» («tenir la promesse»), comme le code de l'honneur en vertu duquel Sheqer, et d'autres, aidèrent les juifs à survivre, rend hommage en images à ces Albanais. Soixante-trois Albanais ont été faits «Justes des nations», titre honorifique attribué à ceux qui sauvèrent des juifs pendant la Shoah.

Elle est le résultat de cinq ans de recherches du photographe américain Norman Gershman, qui passa notamment quatre ans en Albanie et ailleurs à retrouver la trace des survivants et de ceux qui les avaient aidés. L'exposition ira ensuite au siège des Nations unies à New York, pour le 27 janvier, jour du Souvenir de l'Holocauste.

Jeudi, à l'inauguration, l'émotion du vieux Baruchowic était partagée par le plus jeune... Posant à Yad Vashem avec le vieux juif, Enver Sheqer a lui aussi les larmes aux yeux: «Je me sens tellement bien», dit-il. «Je ne sais même pas comment commencer à le décrire».

00:24 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Justes des nations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : larmes, albanais, exposition, photographies, guerre |  Facebook |

31/05/2008

Pour être un juste des nations, il faut qu'il soit :

Pour être un Juste, il faut :

  • Avoir apporté une aide dans des situations où les juifs étaient impuissants et menacés de mort ou de déportation vers les camps de concentration.
  • Le sauveteur était conscient du fait qu'en apportant cette aide, il risquait sa vie, sa sécurité et sa liberté personnelle (les nazis considéraient l'assistance aux juifs comme un délit majeur).
  • Le sauveteur n'a exigé aucune récompense ou compensation matérielle en contrepartie de l'aide apportée.
  • Le sauvetage ou l'aide est confirmé par les personnes sauvées ou attesté par des témoins directs et, lorsque c'est possible, par des documents d'archives authentiques.

L'aide apportée aux juifs par des non-juifs a revêtu des formes très diverses ; elles peuvent être regroupées comme suit :

  • Héberger un juif chez soi, ou dans des institutions laïques ou religieuses, à l'abri du monde extérieur et de façon invisible pour le public.
  • Aider un juif à se faire passer pour un non-juif en lui procurant des faux papiers d'identité ou des certificats de baptême (délivrés par le clergé afin d'obtenir des papiers authentiques).
  • Aider les juifs à gagner un lieu sûr ou à traverser une frontière vers un pays plus en sécurité, notamment accompagner des adultes et des enfants dans des périples clandestins dans des territoires occupés et aménager le passage des frontières.
  • Adoption temporaire d'enfants juifs (pour la durée de la guerre).

01:15 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Justes des nations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : justes, heberges, concentration, sauvetage, frontiere, adoption |  Facebook |

30/05/2008

Qui sont les "justes des nations"?

Qui sont les "Justes parmi les Nations" ?

L'État d'Israël a créé, en 1953, le titre de "Justes des Nations".

Les "Justes" sont des personnes, non juives, qui, pendant la guerre dans l'Europe occupée, ont risqué leur vie pour sauver un Juif. Une commission, présidée par un juge de la Cour suprême, désigne les Justes. Une médaille leur est remise personnellement ou à leurs ayants droits s'ils sont décédés. Un arbre est aussi planté dans le mémorial Yad Vashem à Jérusalem. Une plaque gravée y rappelle le nom de la personne honorée pour sa conduite durant l'Occupation.

« Le concept de « Juste des Nations » est emprunté à la littérature talmudique. Au long des générations, il a servi à désigner toute personne non juive ayant manifesté une relation positive et amicale envers les Juifs. Le Mémorial Yad Vashem décerne ce titre de Juste des Nations aux non-Juifs qui, pendant la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, ont aidé des Juifs en péril, dans des circonstances telles qu’elles impliquaient des risques pouvant aller jusqu’au danger de mort, sans recherche d’avantages d’ordre matériel ou autre.
« Le nouveau porteur du titre de Juste des Nations est convié à une cérémonie où lui sont remis une médaille et un diplôme d’honneur. La cérémonie se déroule soit à Yad Vashem, soit, par les soins de la mission diplomatique d’Israël, dans le pays où réside le Juste. Les Justes, ou leurs représentants, ont planté des arbres dans l’allée des Justes sur le site du Mémorial Yad Vashem. Aujourd’hui, faute de place, le nom des Justes est gravé sur le Mur d’honneur édifié à cette fin dans le périmètre du Mémorial.
« Les sauveurs se comptent par milliers, même si l’on y inclut ceux qui restent inconnus, alors que des millions de Juifs auraient eu besoin d’aide sous l’occupation allemande. Jusqu’à la fin de l’année 1999, Yad Vashem a décerné le titre de Juste des Nations à plus de 17 000 personnes. Ce qui démontre de manière incontestable que, malgré la tragédie implacable qui a frappé le peuple juif, il s’est trouvé des hommes et des femmes qui ne sont pas restés passifs et ont pris des risques pour accomplir le précepte : « Aime ton prochain comme toi-même. » Les Justes des Nations ont sauvé non seulement la vie des Juifs, mais aussi la dignité humaine et l’honneur de leurs compatriotes. »

La guerre 40-45 a fait apparaître dans le langage courant un mot qui rendait et déclarait humainement juste une personne qui a pris position, a sacrifié partiellement ou totalement sa vie pour la cause juive ou, plus simplement s'est sacrifié pour la vie des juifs ou pour la vie en général.

L'époque de tension internationale que nous connaissons actuellement révèle des personnalités qui osent se mouiller pour la cause du peuple juif. Certains risquent leur position politique si pas tout simplement leur vie.

Le critère d'élargissement est signifié par les Ecritures Saintes en Matthieu 25:40  Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de  mes frères, c’est à moi que vous les avez faites.

00:03 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Justes des nations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : justes, nationsoccupation, litterature, literature, cermonie |  Facebook |