25/01/2012

De nouveaux charniers découverts à Treblinka

De nouveaux charniers découverts à Treblinka
par David Koskas
De nouveaux charniers viennent d'etre découverts sur le site du camp de Treblinka.

Les lois religieuses juives relatives aux morts ont toujours gêné les recherches de restes humains sur cette zone.

L'archéologue légiste Caroline Sturdy Colls a pu contourner cette difficulté en utilisant un radar à pénétration de sol, qui lui a permis de localiser un nombre important de restes humains enterrés dans des charniers.

Cette découverte est importante dans la lutte contre une forme de négationnisme qui réfutait l'utilisation par les nazis de Treblinka comme camp de la mort et s'appuyait alors sur le manque de preuves matérielles. Plus de 800 000 Juifs y ont été exterminés.

www.israel-infos.net/Shoah--De-nouveaux-charniers-decouverts-a-Treblinka-7949.html

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22/05/2009

Les hommes.

Les hommes

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Les hommes, eux, se déshabillaient dans la cour.  On en désignait, dans le premier contingent de la journée, de cent cinquante à trois cents parmi les plus robustes, qui étaient chargés d'enterrer les cadavres et que, d'ordinaire, on tuait le lendemain.  Les hommes devaient se déshabiller rapidement, mais ranger avec soin leurs chaussures, leurs chaussettes, leur linge, leur veste et leur pantalon.  Tout cela était ensuite trié par une deuxième équipe, dite «rouge» à cause de la couleur des brassards.  Ce qui pouvait être expédié en Allemagne était sur-le-champ porté au dépôt; toute marque de fabrique, métallique ou autre, était soigneusement enlevée.  On brûlait le reste ou bien on l'enterrait dans des fosses.  Cependant, l'inquiétude ne cessait de grandir.  Quelle était cette effroyable odeur que coupait à tout moment celle du chlorure de chaux ? Pourquoi ces essaims de mouches grasses et obsédantes, ici, parmi les pins ? Le souffle rauque, le cœur battant, on cherchait jusque dans les moindres indices la clef de l'énigme; on voulait soulever un coin du voile... Pourquoi là-bas, en direction du sud, ce fracas d'excavateurs géants ?
Les gens nus étaient conduits à des guichets où ils devaient remettre leurs papiers et objets de valeur.  Et de nouveau la voix s'élevait, terrible, hypnotisante : « Achtung ! Achtung !  Achtung ! Quiconque tentera de dissimuler des objets de valeur sera puni de mort ! »
Le Scharführer était assis dans une petite cabane de planches.  Il était entouré de S. S. et de wachmanns qui se tenaient debout.  Il y avait près de la cabane plusieurs caisses de bois : une pour les billets de banque, l'autre pour les pièces de monnaie, une troisième pour les montres, les bagues, les bracelets, les boucles d'oreilles et les broches ornées de pierres précieuses.  Les papiers, désormais inutiles, jonchaient la terre, les papiers de ceux qui dans une heure seraient entassés dans la fosse.  Mais on triait soigneusement l'or et les objets précieux : des dizaines. de joailliers établissaient le titre du métal, la valeur des pierres, la pureté des diamants.
Cuir, papiers, tissus, ces brutes utilisaient tout ce qui avait appartenu à l'homme; ils ne faisaient Il que de cette chose précieuse entre toutes : sa vie.  Combien d'esprits vastes et puissants, de cœurs purs, de beaux yeux d'enfants, de doux visages de vieilles, combien de jeunes filles fières de leur beauté que la nature avait mis des siècles et des siècles à créer, ont été précipités, énorme flot silencieux, dans l'abîme du néant ? Quelques secondes suffisaient pour détruire ce que la nature et le monde avaient créé dans le gigantesque et douloureux enfantement de la vie.
Au guichet, tout changeait brusquement : finie la torture du mensonge qui les tenait tous dans l'hypnose de l'ignorance et dans la fièvre, et qui les faisait soudain passer de l'espoir au désespoir, des visions de la vie à l'horreur du néant.  Elle avait été jusque-là un des éléments de la chaîne qui, implacablement, les conduisait à la mort.  Elle avait facilité aux S. S. leur travail, mais au dernier acte du pillage, ils levaient le masque, brisant les doigts des femmes pour en retirer les bagues et leur arrachant leurs boucles d'oreilles.

source : http://pagesperso-orange.fr/d-d.natanson/treblinka.htm#de...

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Les cheveux des femmes

Les cheveux des femmes 

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Dans le baraquement des femmes, il y avait un « salon de coiffure » où on les passait à la tondeuse; on enlevait aux vieilles leur perruque.  Étrange instant psychologique : au témoignage des coiffeurs, en se voyant dépouiller de leurs cheveux, les femmes étaient persuadées qu'elles allaient au bain.  Parfois, l'une d'elles passant la main sur sa tête disait : « Ici un peu plus court, s'il vous plaît... Egalisez... » Presque toutes sortaient rassurées, avec un morceau de savon et une serviette, mais les jeunes regrettaient leurs belles tresses.  Pourquoi donc coupait-on aux femmes leurs cheveux ? Etait-ce pour les tromper ? Non, c'était pour les utiliser comme matière première... J'ai demandé à bien des gens ce que les Allemands faisaient de tous les cheveux de celles qui allaient mourir.  Ils m'ont répondu que les énormes tas de boucles et de tresses noires, dorées ou blondes, étaient désinfectés, pressés dans des sacs et expédiés en Allemagne.  Des témoins ont confirmé que ces sacs portaient en effet des adresses allemandes.  Mais là-bas, que faisait-on de ces cheveux ? Nul n'a pu me répondre.  Un certain Kon, dans ses déclarations écrites, affirme qu'ils allaient au département de la Marine de Guerre; ils servaient à bourrer des matelas, à tresser des cordages pour les sous-marins, etc.
Cette déclaration doit être confirmée, et elle le sera, par le grand-amiral Raeder qui était en 1942 à la tête de la Flotte allemande.

Source :http://pagesperso-orange.fr/d-d.natanson/treblinka.htm#de...

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La séparation

 La séparation

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La deuxième phase de l'opération consistait à annihiler la volonté des victimes par des ordres incessants, où la lettre r claquait comme un fouet; ils étaient lancés de cette voix impérieuse dont est si fière l'armée allemande, parce qu'elle « prouve » que les Allemands sont une race de maîtres.
« Achtung ! » La voix du Scharführer jetait dans le silence tragique la formule consacrée qu'il répétait Plusieurs fois par jour depuis de longs mois :
« Les hommes restent où ils sont. les femmes et les enfants iront se déshabiller dans les baraques à gauche. »
Alors c'étaient des scènes affreuses.  L'amour maternel, conjugal, filial leur (lisait à tous qu'ils se voyaient pour la dernière fois.  Des poignées de main, des baisers, des bénédictions, des larmes, de courtes phrases où l'on mettait toute sa tendresse et toute sa douleur... Les psychiatres de la mort savaient qu'il fallait sans tarder couper court à tout cela.  Ces brutes connaissaient les lois très simples que l'on applique dans tous les abattoirs du monde, et ils les appliquaient aux hommes.
C'était l'une des parties les plus délicates dé l'opération, le moment où l'on séparait les filles de leurs pères, les mères de leurs fils, les grand-mères de leurs petits-enfants, les maris de leurs femmes.
« Achtung ! Achtung ! » De nouveau il fallait troubler les raisons, les bercer d'espoir, présenter les règles de mort comme des règles de vie.  Et la voix scandait :
« Les femmes et les enfants enlèveront leurs chaussures avant d'entrer.  Les bas doivent être déposés dedans ; les chaussettes des enfants seront mises dans leurs chaussons, leurs sandales, leurs bottines.  Ne nous trompons pas ! »
Après une courte pause, la voix reprenait « En allant au bain, emportez vos bijoux, vos papiers, votre argent, un essuie-mains et du savon... Je répète... »

source : http://pagesperso-orange.fr/d-d.natanson/treblinka.htm#de...

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14/05/2009

Le tri des bagages.

Le tri des bagages 

Devant la gare, rapides et silencieux, deux cents ouvriers aux brassards bleu ciel défaisaient les paquets, ouvraient les paniers et les valises, déliaient les courroies des porte-plaid.  Ils procédaient au triage et à l'évaluation des objets laissés là par le groupe qui venait d'arriver : nécessaires à ouvrage soigneusement rangés, pelotes de fil, caleçons d'enfant, maillots, draps, chandails, ciseaux, nécessaires de toilette, liasses de lettres, photographies, dés, flacons de parfum, miroirs, bonnets, chaussons, bottes taillées dans des couvertures d'ouate en prévision du froid, souliers de femmes, bas, dentelles, pyjamas, paquets de beurre, café, boîtes de cacao, vêtements de prière, chandeliers, livres, biscottes, violons, jeux de cubes... Il fallait une grande habileté professionnelle pour trier en quelques minutes ces milliers d'objets, les évaluer, séparer ce qui serait envoyé en Allemagne du reste, des choses vieilles et rapiécées qui devaient être jetées au feu.  Malheur à qui mettait une valise de fibre avec les valises de cuir; gare à qui laissait parmi les vieilles chaussettes reprisées une paire de bas neufs venant de Paris.  On ne se trompait qu'une fois, jamais deux.
Quarante S. S. et soixante wachmanns travaillaient au « transport », c'est-à-dire à ce que j'appellerai la première phase de l'opération : réception du convoi, acheminement des, « voyageurs » vers la « gare , et la place, surveillance des ouvriers chargés de trier et d'évaluer les objets, qui de temps à autre, trompant la vigilance de leurs gardiens glissaient rapidement dans leur bouche un morceau de pain, un bout de sucre ou un bonbon trouvés dans les paquets.  Le travail terminé, on leur permettait de se laver les mains et le visage à l'eau de Cologne et au parfum, car l'eau manquait à Treblinka, et seuls les Allemands et les wachmanns en usaient pour se laver.
Tandis que les nouveaux arrivés se préparaient à prendre un bain, le triage s'achevait.  Les objets de valeur étaient emportés au dépôt; les lettres, les photos de nouveau-nés, de frères, de fiancées, les faire-part de mariage jaunis par le temps, ces milliers de choses infiniment chères et précieuses pour ceux à qui elles appartiennent, mais qui pour le . s maîtres de Treblinka n'offraient aucun intérêt, étaient réunies en tas et jetées dans d'immenses fosses au fond desquelles gisaient déjà des centaines de milliers d'autres lettres, cartes postales, cartes de visite, photographies, papiers couverts de gribouillis d'enfants, de dessins naïfs aux crayons de couleur.  Et la place, balayée à la hâte, était prête à recevoir un nouveau contingent.

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Larrivée au camp de treblinka

L'arrivée au camp de Treblinka.

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Pour tromper jusqu'au bout ceux qui venaient d'Europe, un semblant de gare avait été aménagé sur le quai où les rames de vingt wagons venaient se décharger l'une après l'autre.  Une gare avec ses guichets, sa consigne et son restaurant.  Des flèches indicatrices disaient - « Trains pour Bialystok », « pour Baranowicze », « pour Wolkowysk », etc.  L'arrivée du convoi était saluée par un orchestre; tous les exécutants étaient vêtus de façon impeccable.  Un homme eu tenue d'employé du chemin de fer demandait les billets et faisait sortir les voyageurs sur une place.  Ils étaient trois ou quatre mille, chargés de sacs et de valises.  Les jeunes soutenaient les vieillards et les malades.  Les mères portaient leurs enfants dans leurs bras; les plus âgés se serraient contre leurs parents et promenaient à la ronde des regards curieux.  Cette place, foulée par des millions de pieds,, avait quelque chose d'inquiétant, de tragique.  L'oeil aux aguets saisissait bientôt des détails alarmants.  Çà et là, sur le sol balayé à la hâte (juste avant l'arrivée du train, c'était visible) des objets abandonnés traînaient encore : baluchons de vêtements, valises ouvertes, blaireaux, casseroles émaillées...
D'où venaient-ils ? Et pourquoi, passé le quai, la voie s'interrompait-elle tout à coup ? Pourquoi cette herbe jaune et ces barbelés de trois mètres de haut ? Où étaient les lignes de Bialystok, Siedlce, Varsovie, Wolkowysk ?  Pourquoi les nouveaux gardiens avaient-ils ce ricanement étrange devant les hommes qui rectifiaient la position de leur cravate, les petites vieilles à la mise soignée, les garçons en costumes marins, les minces jeunes filles qui avaient su pendant tout le voyage garder propre leur toilette, les jeunes mamans enveloppant avec amour les nourrissons dans leurs couvertures ? Tous ces wachmanns en uniformes noirs, tous ces sous-officiers S. S. ressemblaient étonnamment aux conducteurs (l'un troupeau poussé à l'abattoir.  Pour eux, les nouveaux arrivés n'étaient déjà plus des vivants, et ils ne pouvaient s'empêcher de sourire devant leurs pudeurs, leurs marques d'amour, leur crainte, leurs attentions affectueuses, et le soin qu'ils prenaient des choses.
Qu'elles leur semblaient drôles, ces mères qui grondaient leurs enfants parce qu'ils s'étaient écartés de quelques pas ou qu'ils avaient sali leur petite vareuse, ces hommes s'épongeant le front de leur mouchoir et fumant des cigarettes, ces jeunes filles arrangeant leur coiffure et serrant leur jupe contre elles, quand passait un coup de vent.  Drôles, les vieux qui tâchaient de s'asseoir sur les valises, ,et ceux qui passaient avec un volume sous le bras, et les malades qui s'enveloppaient le cou d'une écharpe... Il arrivait quotidiennement à Treblinka jusqu'à vingt mille personnes; c'étaient des journées vides que celles ,où il ne sortait de la gare que six ou sept mille « voyageurs ». Quatre ou cinq fois par jour, la place se remplissait de monde.  Et ces dizaines, ces centaines de milliers d'yeux interrogateurs et inquiets, ces visages jeunes ou vieux, ces belles jeunes filles aux boucles noires ou au front nimbé d'or, ces vieillards chauves, voûtés, recroquevillés, ces adolescents timides n'étaient qu'un torrent où sombraient la Raison et la Science, l'amour des jeunes filles et la curiosité des enfants, la toux des vieillards et le cœur de l'homme.  Et ceux qui arrivaient sentaient en frémissant se poser sur eux des. regards étranges, narquois, réticents, repus, pleins de la supériorité de la brute vivante sur l'homme mort.  En l'espace d'un instant, leurs yeux enregistraient sur la place maints, détails insolites.  Qu'était-ce donc que cet énorme mur de six mètres, tout tapissé de branches de pins jaunissantes et de couvertures ? Bien inquiétantes aussi, ces couvertures ouatées de toutes les couleurs, faites de soie ou d'indiennes et si pareilles à celles qu'ils apportaient eux-mêmes... D'où venaient-elles ? Ceux à qui elles appartenaient n'en avaient donc plus besoin ?... Et ces hommes, à brassard bleu qui étaient-ils ? On se rappelait des réflexions récentes, de soudaines, alarmes, certains mots chuchotés.  Mais non, non, non ! C'était impossible ! Et l'on chassait l'horrible pensée.  L'inquiétude durait à peine : deux ou trois minutes peut-être, jusqu'à ce que tous se fussent réunis sur la place.  Cela traînait toujours : il y avait des infirmes, des boiteux, des vieillards et des malades qui avaient peine à se mouvoir.

de Vassili Grossmann

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Le voyage dans les trains de déportation

Le voyage dans les trains de déportation 


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Plus d'une fois les Allemands firent prendre à leurs victimes des billets pour « Ober-Majdan »; c'est ainsi qu'ils avaient baptisé Treblinka.  On commençait à parler dans toute la Pologne de ce lieu horrible.  Dès lors les S. S. évitèrent de prononcer le mot de Treblinka quand ils faisaient monter leurs victimes en voiture.  Mais leur comportement ne laissait aux voyageurs aucun doute sur le sort qui les attendait.  Ils étaient entassés à cent cinquante au moins, souvent à cent quatre-vingts et parfois à deux cents dans un wagon à marchandises, et pas une seule fois ils ne recevaient à boire pendant tout le trajet qui durait jusqu'à deux ou trois jours.  Ils étaient torturés par la soif au point d'en être réduits à boire leur urine.  Pour cent zlotys les gardiens promettaient une gorgée d'eau, mais le plus souvent ils n'apportaient rien.  On était si serré que parfois il fallait voyager debout.  En cours de route, surtout pendant les journées étouffantes de l'été, il mourait dans chaque wagon plusieurs personnes : des vieux et des cardiaques.  Comme on n'ouvrait pas les portes avant d'être arrivé à destination, leurs corps qui commençaient à se décomposer empoisonnaient l'air.  Si quelqu'un faisait flamber une allumette pendant la nuit, les gardiens ouvraient le feu.  Le coiffeur Abram Kon raconte que dans son wagon, ils blessèrent ainsi un grand nombre de personnes et en tuèrent cinq.
Pour ceux qui arrivaient des autres pays France, Bulgarie, Autriche, etc., le voyage était tout différent.  Ils n'avaient jamais entendu parler de Treblinka, et jusqu'au dernier moment ils étaient persuadés qu'on les emmenait travailler.  Les Allemands faisaient miroiter les commodités et les charmes de la vie nouvelle qui les attendait.  Certains convois arrivèrent chargés de gens qui avaient cru partir en pays neutre : ils étaient munis de passeports étrangers et avaient obtenu des autorités allemandes, en y mettant le prix, les visas nécessaires.
Un jour le train amena à Treblinka des citoyens du Canada, des Etats-Unis et d'Australie, que la guerre avait surpris en Europe : après bien des démarches et moyennant de gros pots-de-vin, ils avaient obtenu de partir en « pays neutre » ! Les trains venant d'Europe occidentale avaient des wagons-lits et des wagons-restaurants.  Ils étaient desservis par le personnel ordinaire : ici, pas de gardiens.  Les voyageurs emportaient des coffres volumineux, d'énormes valises, et de la nourriture en quantité.  Les enfants descendaient aux arrêts et s'informaient auprès des employés : serait-on bientôt à Ober-Majdan ?
De temps à autre il arrivait des convois de Bohémiens venant de Bessarabie et d'autres régions.  Des trains amenèrent aussi de jeunes Polonais, paysans et ouvriers, qui s'étaient soulevés ou avaient pris part à la guerre des partisans.
Il est difficile de dire ce qui est le plus affreux : d'aller à la mort dans d'horribles souffrances en sachant que chaque instant vous rapproche d'elle, ou bien de regarder par la portière d'un wagon de première classe dans, une ignorance complète de ce qui vous attend, tandis que de la station on téléphone déjà au camp pour annoncer l'arrivée du train et le nombre des nouvelles victimes.

de Vassili Grossmann

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D'ou venaient les victimes pour Treblinka

D'où venaient les victimes ? 

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Quels étaient ceux que les convois amenaient ? Des Juifs surtout, mais aussi des Polonais, des Bohémiens.  Au printemps de 1942, toute la population juive de Pologne, d'Allemagne, des régions occidentales de Biélorussie avait été parquée dans des ghettos.  Des millions d'ouvriers, d'artisans, de médecins, de professeurs, d'architectes, d'ingénieurs, d'instituteurs, d'artistes, vivaient confinés avec leurs femmes, leurs filles, leurs fils, leurs mères et leurs pères dans les ghettos de Varsovie, de Radom, de Czenstochowa, de Lublin, de Bialystok, de Grodno et dans des dizaines d'autres, plus petits.  Celui de Varsovie comptait à lui seul environ cinq cent mille habitants.  Cette réclusion, c'était la première partie, la partie préliminaire du plan hitlérien d'extermination des Juifs.  Au cours de l'été 1942, on décida de mettre à exécution la seconde partie du plan - la destruction physique des Juifs.  Himmler se rend alors à Varsovie et donne des ordres en conséquence.  Nuit et jour les travaux se poursuivent : on construit la fabrique de mort de Treblinka.  Dès juillet, les premiers convois arrivent de Varsovie et de Czenstochowa.  On a dit à tous ces gens qu'on les emmenait en Ukraine pour les travaux agricoles.  Ils ont avec eux vingt kilos de bagage, plus leur nourriture; c'est tout e qu'on leur a permis d'emporter.

De Vassili Grossmann :http://pagesperso-orange.fr/d-d.natanson/treblinka.htm#des%20lieux

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L'arrivée des trains

L'arrivée des trains 


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Le train, ordinairement composé de soixante wagons, s'arrêtait dans le bois qui masquait le camp, où il était divisé en trois rames de vingt wagons chacune, que la locomotive, allant à reculons, Poussait successivement jusqu'au quai, à l'intérieur du camp; elle-même s'arrêtait juste devant les barbelés, ce qui fait que ni le mécanicien ni le chauffeur ne pénétraient dans le camp.  Lorsque la rame était déchargée,, le sous-officier S. S. de service sifflait les vingt wagons suivants qui attendaient à deux cents mètres.  Quand les soixante wagons étaient vides, la Kommandantur téléphonait à la station que le convoi suivant Pouvait se mettre en route.  Celui qu'on venait de décharger partait pour la carrière prendre du sable qu'il emportait à Treblinka ou à Malkinia.
On avait mis à Profit la situation géographique de Treblinka : les convois chargés de victimes arrivaient ici des quatre coins du monde : de l'ouest et de l'est, du nord et du sud.  Ils venaient de villes polonaises de Varsovie, de Miendzyrzec, de Czenstochowa, de Siedlce, de Radom, de Lomza, de Bialystok, de Grodno; ils venaient de Biélorussie, d'Allemagne, de Tchécoslovaquie, d'Autriche, de Bulgarie et de Bessarabie. Pendant treize mois, les convois se succédèrent en direction de Treblinka; chacun d'eux comptait soixante wagons, et sur chaque wagon des chiffres avaient été tracés à la craie : 150, 180, 200; ils indiquaient le nombre de personnes qui- s'y trouvaient.  Des employés du chemin de fer et des paysans tenaient en secret le compte de ces trains.  Karzimierz Skarzynski, un vieux de soixante-deux ans habitant Wolka (l'agglomération la plus proche du camp), m'a dit que certains jours il était passé jusqu'à dix trains devant Wolka sur la seule ligne de Siedlce, et qu'au cours de ces treize mois, bien rares avaient été les jours où l'on n'avait vu passer aucun train.  Or, ce n'était qu'une des quatre lignes qui mènent à Treblinka.  Lurjan Cukowa, mobilisé par les Allemands pour travailler à l'entretien de la voie conduisant au camp n° 2, affirme que du 15 juin 1942 au mois d'août 1943, il vit passer chaque jour de un à trois convois dont chacun comptait soixante wagons de cent cinquante personnes au moins.  Nous avons recueilli des dizaines de témoignages analogues.  Si même nous réduisons ces chiffres de moitié, nous pouvons dire qu'en l'espace de treize mois, environ trois millions de personnes furent amenées au camp.  Mais nous y reviendrons.
Le camp lui-même, avec sa ceinture extérieure, son quai, les dépôts où étaient rassemblés les objets ayant appartenu aux victimes et les autres locaux accessoires, occupait une superficie peu considérable : sept cent quatre-vingt mètres sur six cents.  Si pour un instant on avait des doutes quant au sort des millions d'êtres amenés là, si l'on pouvait supposer ne fût-ce qu'une seconde que les Allemands ne les assassinaient pas aussitôt arrivés, on se demanderait : où sont-ils donc ces hommes qui pourraient constituer la population d'un petit Etat ou d'une grande capitale d'Europe ? Pendant treize mois - pendant trois cent quatre-vingt-seize jours - les convois sont repartis chargés de sable ou bien à vide : personne n'est revenu du camp n° 2. Mais aujourd'hui la question se pose, terrible comme un glas : « Caïn, où sont-ils donc ceux que tu avais amenés ici ? »
Le fascisme n'a pu tenir secret le plus grand de ses crimes.  Mais ce n'est pas parce que des milliers d'hommes en ont été les témoins involontaires : sûr de l'impunité, Hitler résolut d'exterminer des millions d'innocents dans l'été de 1942, période des plus grands succès militaires fascistes; on sait aujourd'hui que c'est en 1942 que le chiffre des assassinats fut le plus élevé : les fascistes montrèrent alors ce dont ils étaient capables.  Si Adolf Hitler avait vaincu, il aurait su faire disparaître toutes les traces de ses crimes; il aurait su réduire au silence tous les témoins, eussent-ils été dix fois plus nombreux; aucun n'eût soufflé mot.  C'est pourquoi je m'incline une fois de plus devant ceux qui, en automne 1942, dans le silence du monde qui célèbre aujourd'hui sa victoire, ont arrêté, sur la rive abrupte de la Volga, l'armée allemande derrière laquelle bouillonnaient des flots de sang innocent, - devant les vainqueurs de Stalingrad, devant l'Armée rouge qui a empêché Himmler de faire le secret sur Treblinka.

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Les raisons pour être envoyé au camp

Les raisons pour être envoyé au camp de treblinka

TreblinkaSign

On était envoyé au camp n° 1 pour un laps de temps parfois très court : quatre, cinq ou six mois.  Il y avait là des Polonais coupables d'infraction aux lois du Gouvernement général, infraction de peu d'importance, bien entendu, car pour les cas graves c'était la mort sans différer.  Etre dénoncé, avoir laissé échapper un mot dans la rue, ne pas s'être acquitté intégralement des livraisons, refuser à un Allemand sa voiture ou son cheval, être non pas convaincu, mais simplement soupçonné de sabotage à la, fabrique, ou encore, si l'on était une jeune fille, repousser les propositions d'un S. S, suffisait pour être envoyé au camp disciplinaire où languissaient des centaines, des milliers de Polonais : ouvriers, paysans, intellectuels, hommes et femmes, vieillards et adolescents, mères et enfants.  Cinquante mille personnes environ ont passé par ce camp.  Les Juifs n'y étaient conduits que s'ils étaient passés maîtres dans le métier de maçon, de tailleur, de boulanger, de cordonnier, d'ébéniste.  Le camp comptait toutes sortes d'ateliers; celui de menuiserie, vaste, fournissait fauteuils, tables et chaises aux états-majors de l'armée allemande.

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03/09/2008

Fosse commune à Treblinka

Ue des fosses communes au camp d'extermination de Treblinka

fosses à treblinka

 

Source :http://www.phdn.org/histgen/schmitz/trebln01.html

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13/08/2008

Le camp de Treblinka

Le camp de Treblinka

 

camp de treblika maquette

 

La superficie du camp était divisée en rectangles impeccables ; les baraquements étaient rigoureusement alignés; de petits bouleaux bordaient les allées couvertes de sable.  Des bassins bétonnés avaient été construits pour les oies et les canards,, et d'autres pour  lessive.  Il y avait aussi, pour le personnel allemand, un four à pain, un salon de coiffure, un garage, un distributeur d'essence, des dépôts. 

Le camp ressemblait beaucoup - avec ses jardinets, ses pompes à eau, ses routes, bétonnées - au camp de Majdanek, près de Lublin, et à des dizaines d'autres camps de travail établis, dans l'est de la Pologne, où la Gestapo et les S.S. se croyaient installés pour longtemps.  Dans l'organisation de tous ces camps se manifestent des traits bien allemands : la ponctualité,, le calcul mesquin, l'amour de l'ordre poussé jusqu'à la manie, le culte de l'horaire.

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12/08/2008

En route pour Treblinka

En route pour Treblinka

ghetto de varsovie en route pour Treblinka

Des juifs du ghetto de Varsovie qui ont été arrêtés au printemps 1943, quand les SS liquidaient le ghetto. Tous furent conduits vers Treblinka où ils furent exterminés.

 

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