17/09/2014

Découverte des chambres à gaz de Sobibor

Découverte des chambres à gaz de Sobibor

250.000 Juifs ont été exterminés dans le camp, seulement 64 ont survécu

Yad Vashem
 

Il aura fallu attendre près de 70 ans pour découvrir l'endroit exact des chambres à gaz du camp d'extermination de Sobibor situé dans l'Est de la Pologne aux confins de la Biélorussie et de l'Ukraine.

Lors des fouilles archéologiques qui ont été menées et ont permis la découverte des sinistres chambres à gaz, on a retrouvé une bague en or sur laquelle était gravée la célèbre formule de "Tu m'es à présent sanctifiée" ('הרי את מקודשת לי').

Les chambres à gaz de Sobibor ont fonctionné à partir de 1943 et près de 250.000 Juifs y ont été exterminés.

"La découverte de l'emplacement exact des chambres à gaz du camp de Sobibor est une des plus importantes des études sur la Shoah", a déclaré au site Mako l'historien David Silberklang qui dirige l'Institut international pour la recherche de la Shoah à Yad Vashem à Jérusalem.

"Il est important de comprendre qu'il ne subsiste aucune trace des Juifs qui ont travaillé sur le site des chambres à gaz, c'est la raison pour laquelle cette découverte est un témoignage de ce qui reste des personnes qui ont été assassinées. En fait, une petite fenêtre s'est ouverte sur leur souffrance quotidienne", ajoute-t-il.

"C'est la première fois que nous serons en mesure de mieux connaître le processus d'extermination dans le camp et ce que les Juifs ont subi jusqu'à ce qu'il soient tués. En outre, la détermination de la taille exacte des chambres à gaz nous permettra de nous rendre compte de leur capacité et ainsi d'évaluer plus précisément le nombre de personnes exterminées dans le camp de Sobibor", a précisé David Silberklang qui a souligné que ces éléments viendront compléter les témoignages des survivants qui avaient réussi à s'échapper du camp lors de la célèbre révolte.

Les fouilles archéologiques ont commencé en 2007 sous la direction des archéologues israélien Yoram Haïmi et polonais Wojtek Mazurek.

Au cours des fouilles, des milliers d'objets personnels ont été découverts: des bagues, des pendentifs, des boucles d'oreilles, des bijoux de toutes sortes, des bouteilles de parfum, des boîtes à pilules, des couverts, etc...

"Après 8 ans de fouilles à Sobibor, il s'agit d'un beau succès pour mon équipe de chercheurs et moi-même, nous avons enfin atteint notre but, à savoir la localisation exacte des chambres à gaz", a confié Haïmi à Mako.

"Nous avons été surpris par la taille de la structure et l'état de conservation des parois de la chambre à gaz. Le moment le plus émouvant fut lorsque nous avons trouvé à côté de la chambre à gaz cette alliance avec la célèbre bénédiction juive de mariage 'Tu m'es à présent sanctifiée' ".

La construction du camp commence en mars 1942. Le camp est situé loin d'un village mais près d'une petite gare ferroviaire. le Boug, fleuve qui marque la frontière entre le gouvernement général de Pologne et le Reichskommissariat d'Ukraine est à 5 km. Le camp est entouré de forêts et de marécages.

Le camp I est composé de baraquements où s'entassent les déportés juifs réquisitionnés pour le travail. Ils sont maintenus en vie temporairement et régulièrement tués pour être remplacés par des nouveaux déportés. Dans le camp II, arrivent les déportés. Il contient les baraques dans lesquelles les victimes doivent se dévêtir et déposer leurs objets de valeur. Dans le camp III se déroule l'extermination. Il se situe au nord-est dans un endroit très éloigné, totalement isolé du reste du camp.

Le camp III est relié au camp II par un chemin large de trois mètres, long de 150 mètres, clôturé par des barbelés avec des branches d'arbres entrelacées, le "boyau" (Schlauch), qui mène directement aux chambres à gaz ; à mi-chemin se trouve la "boutique du coiffeur", baraque dans laquelle des détenus Juifs coupent les cheveux des femmes.

Wikipedia

Au cœur du processus d'extermination, le camp III contient les chambres à gaz, les fosses communes, un baraquement pour les membres du Sonderkommando (unités de travail dans les camps d'extermination, composées de prisonniers, Juifs dans leur très grande majorité, forcés à participer au processus de la Solution finale) et un autre pour des gardes ukrainiens. Les fosses communes, longues de cinquante à soixante mètres, larges de dix à quinze mètres et profondes de six mètres, avec des parois pentues, sont directement reliées à la gare du camp par une voie ferrée étroite pour y amener les cadavres des déportés morts pendant le transport.

Le 5 juillet 1943, Himmler, qui avait visité le camp en février, ordonna de transformer Sobibor en camp de concentration. Cet ordre signifiait l'arrêt de mort des corvées juives qui travaillaient aux quais et aux chambres à gaz.

Il était évident pour eux qu'étant témoins de l'extermination de dizaines de milliers d'innocents, les SS ne permettraient pas à un seul d'entre eux de rester en vie. Ils apprirent le soulèvement des déportés à Treblinka début août et un projet de révolte se mit en place. Le 23 septembre arrive un convoi de Juifs biélorusses tous affectés à la construction de bâtiments ; avec Léon Feldhendler comme chef, secondé par Alexander Petcherski, un prisonnier de guerre russe juif surnommé Sacha, le 14 octobre 1943, la révolte éclate dans le camp.

Les révoltés réussissent à désarmer des gardiens, à en tuer une douzaine et à ouvrir une brèche dans les barbelés. Plus de 300 déportés réussissent effectivement à sortir du camp, mais seulement 47 survivent à leur fuite. Des dizaines d'entre eux trouvent la mort dans le champ de mines entourant le camp. À l'occasion de cette émeute, les SS assassinent presque tous les prisonniers du camp qui n'avaient pas pu s'enfuir ou même qui n'avaient en rien participé à la résistance, soit plusieurs centaines de personnes. Seuls quelques-uns sont conduits dans d'autres camps. En tout et pour tout, seulement 64 prisonniers survivent à la guerre. Cette révolte fut l'une des trois qui éclatèrent dans les camps d'extermination (avec celle de Treblinka le 2 août 1943 et celle du Sonderkommando de Birkenau le 7 octobre 1944).

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21:24 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Camps, Découverte archeologique, Sobibor le Camp | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

MERCI BEAUCOUP POUR VOTRE ARTICLE

Écrit par : trafic organique | 18/09/2014

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