13/09/2012

Les excuses officielles du bourgmestre de Bruxelles

Les excuses officielles du bourgmestre de Bruxelles

A l’occasion de la commémoration du 70e anniversaire de la rafle du 3 septembre 1942, le bourgmestre de Bruxelles, Freddy Thielemans, a présenté à la communauté juive les excuses officielles de la Ville de Bruxelles pour sa participation à la déportation des Juifs de la capitale.

Il est rare qu’une cérémonie mémorielle soit aussi conforme à l’Histoire que celle organisée en ce dimanche 2 septembre 2012 à l’Hôtel de ville de Bruxelles.

Avant que le Bourgmestre de Bruxelles prononce son discours, une mise en perspective historique fut proposée au public venu nombreux.

En quelques minutes -et c’est un exercice très difficile-, un film réalisé par Sylvie Lausberg du Centre d’Action laïque (CAL) a mis en évidence les particularités de la persécution des Juifs de Belgique entre 1940 et 1945 : une politique du moindre mal qui s’avère être une politique du pire pour les Juifs. Face à l’occupant allemand, la « Belgique docile » a sacrifié les Juifs vivant sur son territoire.

Grâce aux travaux des historiens belges, il n’y a plus de doute : sans le concours des autorités belges, la déportation des Juifs n’aurait pu se réaliser.

Dans un discours conforme à la réalité historique, Freddy Thielemans a clairement insisté sur cette particularité en se concentrant sur le cas bruxellois :

« Après divers débats au sein du Collège des bourgmestres et échevins puis à la Conférence des bourgmestres, il est finalement décidé d’obéir aux injonctions de l’occupant et d’élaborer le registre juif ».

Et d’ajouter ensuite : « Joseph Van De Meulebroeck, le bourgmestre élu, a donc, en acceptant d’établir ce registre et en le remettant aux occupants, permis aux nazis de s’organiser pour arrêter et déporter progressivement les Juifs de Bruxelles. Les autorités politiques auraient pu se référer à la Constitution belge ou à la Convention de La Haye pour refuser d’obéir aux injonctions allemandes en les taxant d’illégalité. Elles ne l’ont pas fait ».

Cela fait des années que la communauté juive attend qu’un responsable politique déclare que cette politique du moindre mal des autorités belges était contraire à la Constitution et au droit international.

L’administration bruxelloise a même mis au point un système de fichier qui servira de modèle de base pour toutes les administrations du Royaume.

« Sans ce registre des Juifs, jamais les arrestations progressives des Juifs puis la rafle de septembre 1942 n’auraient eu le même impact à Bruxelles. La participation, même docile, des autorités bruxelloises porte donc un poids d’une responsabilité partielle dans le résultat de cette déportation », a précisé Freddy Thielemans.

Pour déclarer enfin : « Pour cette raison, je tiens à aujourd’hui à présenter à la communauté juive les excuses officielles de la Ville de Bruxelles ».

Attitude paradoxale que celle des autorités communales bruxelloises : en juin 1942, le bourgmestre de Bruxelles faisant fonction et président de la Conférence des bourgmestres de Bruxelles, le catholique et peu philosémite Jules Coelst, écrit aux Allemands pour leur indiquer qu’il refuse que les communes bruxelloises se chargent de distribuer l’étoile jaune. Il refusera aussi que la police bruxelloise soit mise à la disposition des Allemands pour la rafle du 3 septembre 1942.

Par ce double refus, Jules Coels apporte la preuve éclatante qu’il était possible de ne pas participer à la persécution des Juifs et ce, contre la volonté des Allemands !

Freddy Thielemans a terminé son discours en annonçant que le Collège des bourgmestre et échevins de la Ville de Bruxelles a décidé de confier aux chercheurs du CEGES une mission d’étude complémentaire pour mieux cerner la réalité historique bruxelloise sous l’Occupation.

C’est donc dans la sérénité que Maurice Sosnowski, président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), a pu prendre ensuite la parole pour remercier le bourgmestre de Bruxelles de son geste : « Une société ne saurait être apaisée dans le déni de l’Histoire. (…) D’où l’importance de cette cérémonie qui est à mes yeux, comme à l’ensemble de notre judaïcité, historique ».

Maurice Sosnowski sait bien que sans le travail titanesque du spécialiste de l’histoire de la déportation des Juifs de Belgique, Maxime Steinberg, ce type de cérémonie n’aurait pu se tenir : « C’est lui, Maxime Steinberg, qui a redonné une existence à chacun des 24.908 Juifs qui ne sont pas revenus en leur consacrant à chacun une biographie. C’est lui, Maxime Steinberg, qui a relevé le défi de l’oubli. Merci Maxime, pour tout ton travail. J’aurais tant aimé te voir ici, à ma place, vivre l’aboutissement de l’œuvre d’une vie ».

Il n’a pas non plus échappé à la clairvoyance du Président du CCOJB que la justesse de propos de Freddy Thielemans n’est pas la qualité la plus partagée au sein du monde politique belge. L’Histoire n’est pas toujours bien servie par les responsables politiques de plus haut rang. « Dans le discours [du 8 mai dernier à Auschwitz-Birkenau devant 1.000 jeunes Belges] de notre Premier ministre, le mot ‘juif’ n’a été prononcé qu’une seule fois », regrette amèrement Maurice Sosnowski. « A Auschwitz, 95% des personnes gazées étaient d’origine juive. Il est temps de le dire sans ambiguïté ».

Alors que nous allons commémorer le 9 septembre 2012 à Malines le 70e anniversaire du début de la déportation des Juifs de Belgique en présence du Premier ministre Elio Di Rupo, nous ne pouvons qu’espérer que ce dernier pose un geste aussi juste que réconfortant en reconnaissant clairement et sans faux-fuyant la responsabilité des autorités belges dans la persécution et la déportation des Juifs de Belgique.

Dimanche 2 septembre 2012
Nicolas Zomersztajn
 
L'Association pour la Mémoire de la Shoah
 
L'AMS remercie Freddy Thielemans pour avoir reconnu officiellement la complicité de l'administration de la Ville de Bruxelles dans la déportation des Juifs et invite le Premier ministre Elio Di Rupo à tenir de semblables paroles dimanche prochain à Malines
L'Association pour la Mémoire de la Shoah se déclare satisfaite des paroles de reconnaissance de la responsabilité des autorités communales de Bruxelles dans la déportation des Juifs prononcées ce dimanche par le bourgmestre de Bruxelles M. Freddy Thielemans. En tant qu'association soucieuse de  démocratie et donc de l'Etat de droit, l'AMS considère comme essentielle cette reconnaissance officielle de la faute irréparable d'une administration de l'Etat.

Après la cérémonie, l'AMS a réuni ses membres et sympathisants pour un débriefing public. Une vingtaine de personnes étaient présentes.  Elles ont reconnu que le discours du bourgmestre avait été à la hauteur des enjeux. Elles ont décidé de lui écrire afin de l'en remercier et de l'inviter à donner suite à sa déclaration en prévoyant que la Ville de Bruxelles finance les monuments mémoriels érigés ou à ériger aux noms des victimes de la Shoah qui ont été déportées avec la complicité de l'administration communale. Particulièrement, l'AMS souhaite que la Ville de Bruxelles  prévoit une contribution aux frais de rénovation du mémorial aux martyrs Juifs d'Anderlecht, sur lequel sont gravés, entre autres, les noms des Juifs déportés de Bruxelles. L'AMS demande également que la Ville de Bruxelles qu'elle prévoit de prendre à sa charge les frais des pavés de mémoire que demanderont les descendants de Juifs déportés de Bruxelles qui le souhaiteront.

L'AMS s'étonne de l'absence à la cérémonie d'échevins issus de la communauté maghrébine et regrette que l'assemblée ait surtout sinon uniquement été composée de proches des victimes de la Shoah ou de rescapés et non de membres de toutes les composantes de la communauté bruxelloise. Pour l'AMS, le collège bruxellois a manqué l'occasion de communiquer sa reconnaissance de ce fait historique qui concerne tous les démocrates vers l'ensemble des citoyens de la ville.

Lors de ce débriefing, les participants ont également prévu de s'adresser au Premier ministre Elio Di Rupo afin qu'il reconnaisse la responsabilité de l'Etat dans la déportation des Juifs de Belgique à l'occasion du discours qu'il tiendra à Malines dimanche prochain, en présence du Prince Philippe. Ils ont décidé de se rendre au pèlerinage de Malines en arborant l'étoile jaune- noire/jaune/rouge symbolisant la participation des autorités publiques belges à la déportation des Juifs de Belgique. Ils se réuniront ensuite (en un lieu à déterminer) afin d'évaluer ensemble le discours qu'aura tenu le Premier et vérifier si ses déclarations auront été suffisantes pour leur enleve cette étoile à l'avenir.

L'AMS demande qu'une commission d'enquête parlementaire sur la complicité de l'Etat belge dans la persécution et la déportation des Juifs de Belgique - comme promis depuis 2002 - soit enfin réunie. Cette commission devra faire la lumière de façon pédagogique sur ce dysfonctionnement de l'Etat belge aux conséquences dramatiques. Elle devra proposer des mesures pédagogiques, culturelles, mémorielles et structurelles de nature à apaiser les victimes et leur proches et permettant de réduire le risque que de tels dysfonctionnements ne se répètent.

L'étoile jaune-noire/jaune/rouge a été retenue par l'AMS comme emblème du combat pour la vérité historique relative à la participation des autorités publiques belges dans la déportation des Juifs de Belgique. Ce symbole est né suite au discours prononcé par David Susskind en 2005, en réponse au discours décevant qu'avait prononcé Guy Verhofstadt au même pèlerinage de Malines. Cette années-là, Susskind s'était précipité au micro dès après la prestation du Premier pour lui dire publiquement sa déception. Il avait  évoqué son souvenir personnel du fonctionnaire belge qui avait tamponné avec enthousiasme un "Juif-Jood" sa carte d'identité. Il avait dit qu'il portait encore  cette marque, comme l'étoile, telle des blessures sur son coeur et qu'il attendait toujours le responsable politique qui voudra les lui enlever par des paroles de vérité et de compassion.
http://www.restitution.be/communique-201209021758.html#.UFJBrhh371w

 

La cérémonie du dimanche 2 septembre organisée par la ville de Bruxelles, pour la reconnaissance de la complicité des autorités communales dans les rafles et la déportation de Juifs il y a 70 ans (3/9/1942), le bourgmestre, Mr Freddy Thielemans, a accueilli près de 700 personnes dans l’hôtel de ville pour y présenter un discours juste, digne et poignant que vous trouverez en annexe.

Egalement en annexe, le discours du président du CCOJB, Mr Maurice Sosnowski, qui a souligné ses craintes pour l’avenir.

Discours du Bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Freddy Thielemans
Cérémonie de reconnaissance officielle de l’implication des autorités de la Ville de Bruxelles en place pendant la seconde guerre mondiale dans la déportation de Juifs

2 septembre 2012

Hôtel de Ville de Bruxelles

Excellence,

Mesdames et Messieurs les représentants des associations juives, Mesdames, Messieurs, en vos grades et qualités, Il y a 70 ans, dans le coeur de Bruxelles, des femmes, des hommes et des enfants dormaient sans se douter que cette nuit du 3 au 4 septembre marquerait un tournant irréversible dans leur existence.

Cette nuit-là, les forces occupantes et des SS belges mènent une rafle dans Bruxelles pour tenter d’arrêter tous les juifs résidant à Bruxelles afin de les déporter dans des camps d’extermination.

Ils pénètrent dans les logements répertoriés, arrêtent les juifs qui s’y trouvent et les emmènent dans des camions, divisant les familles, arrachant les enfants des bras de leurs parents, séparant les femmes de leurs époux.

En cette seule nuit du 3 septembre, 718 Juifs se verront arrêtés. Durant la seconde guerre mondiale, 37% des Juifs qui vivaient dans le Grand Bruxelles seront déportés. Autant de personnes qui connaîtront l’enfer de cette déportation et des camps d’extermination.

Certains parviendront à s’enfuir ou à en revenir. Mais dans quel état ? Avec quels souvenirs et quel traumatisme ?

Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer le souvenir de ces victimes. Pour effectuer notre devoir envers eux. Un devoir de mémoire, qui ne cessera jamais de prouver son utilité afin qu’une telle barbarie ne puisse jamais se reproduire dans notre société.

Mais le devoir de mémoire n’est pas qu’un acte passif, d’apprentissage et de transmission. Le devoir de mémoire est aussi un devoir d’enquête, d’analyse, de mise en contexte, d’éducation et de reconnaissance.

Ce travail a été mené à de multiples reprises par des historiens. Si bien que, 70 ans après les arrestations et les déportations de Juifs à Bruxelles, notre connaissance du déroulement précis des faits s’affine et permet de juger avec plus de pertinence de l’implication réelle de Bruxelles dans ce processus.

Une des études les plus pertinentes sur le sujet est sans doute celle menée, à la demande du Sénat, par les chercheurs du Centre d’Etudes et de Documentation Guerre et Sociétés Contemporaines, le CEGES, sous le titre de la Belgique Docile. Je profite d’ailleurs de l’occasion qui m’est donnée pour les remercier pour le travail précieux qu’ils ont effectué et pour l’aide qu’ils nous ont apportée dans la lecture de l’histoire bruxelloise.

Les chercheurs du CEGES montrent, au travers de cette étude, l’attitude adoptée par les différentes institutions belges durant la seconde guerre mondiale quant à la question des persécutions des Juifs.

Ils démontrent ainsi que la politique adoptée par les autorités belges fut celle dite du ‘moindre mal’. Suite au départ du gouvernement belge pour Londres, les autorités restées au pays sont soucieuses de ne pas se placer en confrontation directe avec l’occupant allemand. Ils appliquent leurs directives plus ou moins docilement, sans toutefois prendre d’initiatives complémentaires allant dans leur sens.

De cette politique, découlera une attitude souvent passive, parfois complice, de nos autorités et administrations qui appliqueront les ordres allemands avec plus ou moins de zèle.

Avaient-ils compris alors que la deuxième guerre mondiale était, à l’inverse de la guerre de 14-18, une guerre idéologique ? Savaient-ils que leur attitude de soumission allait permettre à l’occupant de réaliser, du moins partiellement, son objectif d’extermination des Juifs ? Ont-ils agi par le souci d’une forme de protection de la citoyenneté belge, par partage de l’idéologie anti-sémite ou simplement par indifférence ?

Je laisse ces questions aux historiens qui sauront, mieux que moi, départager le vrai du faux et interpréter les attitudes de l’époque.

Il est en effet toujours très périlleux de tenter de juger les actions des uns et des autres sans se placer dans le contexte de l’époque.

Mais si il ne m’appartient pas de juger, il me revient évidemment de reconnaître l’implication de la Ville de Bruxelles et de ses autorités politiques et administratives de l’époque dans le processus de déportation des Juifs.

Le 28 octobre 1940, le commandement militaire pour la Belgique et le Nord de la France édite une ordonnance chargeant les autorités communales de tenir, sous forme de fiches alphabétiques, un registre des Juifs âgés de plus de 15 ans.

Après divers débats au sein du Collège des Bourgmestre et Echevins puis de la Conférence des Bourgmestres, véritable organe de concertation politique entre les communes bruxelloises, il est finalement décidé d’obéir aux injonctions de l’occupant et d’élaborer pareil registre.

Le libéral Joseph Van De Meulebroeck, Bourgmestre élu, a donc, en acceptant d’établir ce registre et en le remettant ensuite aux occupants, permis aux nazis de s’organiser pour arrêter et déporter progressivement les Juifs de Bruxelles.

Les autorités politiques auraient pu se référer à la Constitution Belge ou à la Convention de la Haye pour refuser d’obéir aux injonctions allemandes en les taxant d’illégalité. Ils ne l’ont pas fait, préférant suivre l’avis du comité permanent du Conseil de Législation.

Ce dernier, bien que déclarant les mesures demandées par les Allemands anticonstitutionnelles, argumentait en effet que toute exécution donnée aux prescriptions des ordonnances n’est pas une ‘participation’ à celles-ci.

L’administration bruxelloise rédigera donc la note d’instruction qui sera imposée aux autres communes. Celle-ci précise que le registre sera établi sur base des Juifs qui se présentent aux services de la population. Pratiquement parlant, des affiches bilingues sont réalisées et l’administration bruxelloise met au point un modèle de fiche d’identification qui servira d’ailleurs de modèle de base pour tout le royaume.

Les affiches appelant les Juifs à se présenter à leur administration communale sont placardées et, le 16 décembre, 20 employés sont recrutés à Bruxelles pour aider à constituer le registre des Juifs.

5.640 juifs de plus de 15 ans seront ainsi convoqués et fichés par l’administration de la Ville de Bruxelles.

Il est aujourd’hui évident, à la lecture des analyses historiques que, sans ce registre des Juifs, jamais les arrestations progressives puis la rafle de septembre 1942 n’auraient eu le même impact à Bruxelles.

La participation, même docile, des autorités bruxelloises porte donc le poids d’une responsabilité partielle dans le résultat de cette déportation.

Pour cette raison, je tiens aujourd’hui à présenter à la communauté juive les excuses officielles de la Ville de Bruxelles.

Il est toujours choquant, pour les êtres humains que nous sommes aujourd’hui, de poser un tel constat.

Il est très perturbant, pour un Bourgmestre en fonction, de tenter de comprendre les raisons

qui ont poussé ses prédécesseurs à baisser les armes et à céder aux attaques des ennemis de la démocratie et des droits de l’homme.

De ce choc doit naître une prise de conscience.

De ce questionnement doit découler un engagement.

Celui de toujours remettre en question la moindre de nos décisions, le moindre de nos actes, pour que jamais plus, de telles infamies ne puissent être commises au nom de la Ville de Bruxelles, terre de refuge et de liberté.

Je parlais tout à l’heure de contexte historique. Il est effectivement essentiel d’en tenir compte pour dire toute la vérité.

Car à la noirceur de la participation administrative et politique de Bruxelles à l’établissement du registre des Juifs en 40, s’oppose la lumière du refus des autorités politiques en place en 1942 de distribuer les étoiles jaunes et de participer policièrement aux rafles de septembre.

Lumière parce que, pour la première fois, c’est à un argument humain et moral et non plus uniquement d’ordre juridique que fera référence le Bourgmestre de l’époque, Jules Coelst, qui remplace Joseph Van De Meulebroeck démis par les Allemands.

Le 5 juin 1942, Jules Coelst communique le refus de la Conférence des Bourgmestre de distribuer l’étoile juive en utilisant les mots suivants : « Un grand nombre de Juifs sont Belges et nous ne pouvons nous résoudre à nous associer à une prescription qui porte une atteinte grave à la dignité de tout Homme, quel qu’il soit. » Ce faisant, cette disposition touche également les Juifs étrangers.

Lumière donc, parce qu’après plusieurs années d’occupation, la Belgique docile commence enfin à relever la tête.

Lumière parce que ce refus marquera un tournant significatif dans l’attitude des autorités bruxelloises envers les demandes allemandes de persécution des Juifs, tant belges qu’étrangers.

Lumière parce que cette position de refus amènera à une deuxième prise de décision similaire, ô combien salvatrice.

En juin puis en septembre 1942, l’Oberfeldkommandatur puis la Sipo-SD requerront l’aide de la police bruxelloise en vue d’arrêter les juifs qui n’ont pas répondu à des convocations à comparaître. Le Bourgmestre de Bruxelles, chef administratif de la police, signifiera par deux fois son refus de mettre ses policiers à disposition.

Arguant que l’ordre public n’est pas menacé, il fera valoir que la demande de requérir du personnel policier bruxellois ne se justifie nullement.

L’attitude de Coelst et de ses collègues est encore une fois marquée par le contexte de l’époque. Plusieurs incidents ont émaillé les relations entre autorités bruxelloises et allemandes. Le grand Bruxelles s’annonce et les élus bruxellois de l’époque savent qu’ils seront démis de leur fonction très prochainement.

A l’image de l’ambiguïté qui caractérise certains de ses pairs conservateurs catholiques, Jules Coelst avoue ne pas aimer les Juifs. Mais il reconnaît que résident en Belgique des personnalités juives dignes de toute estime. Cela montre bien la relativité des expressions de l’époque.

Il n’empêche que, par cette politique de refus, Bruxelles et la Conférence des Bourgmestre ont montré une voie.

Montré une voie à ses citoyens et à d’autres communes belges.

Montré qu’il était possible de résister, même à titre officiel et même contre l’avis de l’administration et de la police qui se montraient plus réceptives aux instructions allemandes.

Cette attitude politique a aussi et surtout sauvé des vies.

Celles de centaines de Juifs qui auraient sans doute été emmenés de force si la police bruxelloise était intervenue dans les mêmes conditions que la police d’autres villes.

Il est donc fondamental, tout en reconnaissant l’implication des autorités de 1940, de souligner l’attitude salvatrice de celles de 1942.

L’implication de nos autorités démocratiques se termine avec l’arrêté constitutif du Grand Bruxelles du 27 septembre 1942 qui met en place un collège collaborationniste.

Bien sûr, résumer un passage si important de notre Histoire en un discours de quelques minutes est un exercice difficile et toujours incomplet.

Pour que nous remplissions pleinement notre devoir de mémoire, il nous faudrait parler de ces Bruxellois qui ont, chacun à leur manière, fait preuve de résistance et de bravoure.

De ces fonctionnaires de l’Etat Civil qui ont fourni des faux papiers. De ces responsables du service de l’Assistance publique qui ont fourni des logements pour cacher des enfants Juifs.

De ces citoyens qui, au moment des rafles, ont tendu les bras à leur voisin pour cacher leurs fils ou leurs filles.

Il serait profondément injuste de ne pas mettre en exergue le rôle individuel, réfléchi et sans doute philosophique de ceux qui entrèrent en résistance.

Mais nous devrions aussi souligner l’attitude des Bruxellois qui, malgré la politique de refus des autorités politiques, ont tout de même collaboré. Des citoyens qui dénoncèrent leur voisin.

Des policiers qui collaborèrent à titre individuel avec l’occupant.

Parce que ce travail de mémoire est fondamental et doit servir aux générations actuelles et futures dans l’établissement de leur attitude citoyenne et de leur sens des valeurs, nous avons voulu, au niveau du Collège des Bourgmestre et Echevins de la Ville de Bruxelles, confié une mission complémentaire au CEGES.

Ses chercheurs poursuivront leur étude pour approcher autant que faire se peut de la réalité historique bruxelloise. Nous n’avons pas le droit de laisser quoi que ce soit au hasard.

Ce devoir, nous l’assumons pour la communauté juive et pour les citoyens bruxellois dans leur ensemble. Nous l’assumons pour que l’histoire soit toujours plus empreinte de vérité. Ces travaux vont permettre aux écoliers d’aujourd’hui et de demain d’appréhender cette vérité dans son objectivité la plus absolue possible.

Sur base de ce travail, je demanderai à la Conférence des Bourgmestres qu’elle s’associe à moi pour éditer un ouvrage et le remettre à l’ensemble des fonctionnaires et des écoles de la Ville et des communes bruxelloises.

Notre devoir de mémoire sera-t-il alors terminé ?

Je ne le pense pas. La mémoire est telle une flamme qui doit s’entretenir constamment et être protégée contre toute atteinte.

Tel est notre devoir et notre engagement, pour les années et les générations à venir.

Parce que plus jamais, nous ne pouvons permettre que l’Humanité se déchire au nom de quelque argument ethnique, religieux ou idéologique quel qu’il soit.

Parce que l’Humanité est une et indivisible.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, si vous me le permettez, conclure en remerciant les diverses personnes et associations qui ont participé avec nous à l’organisation de cette cérémonie.

Qu’il me soit ainsi permis de remercier le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique qui fut notre relais vers la communauté juive, le Centre d’Action Laïque qui a réalisé le documentaire qui a précédé mon discours et l’Association pour la Mémoire de la Shoah qui fut à l’origine de l’idée de cette cérémonie.

Je réitère mes remerciements au « Centre d’Etudes et de Documentation Guerre et Sociétés Contemporaines » et salue l’orchestre Krupnik qui va me succéder à cette tribune.

Je vous remercie enfin tous pour votre présence en ce jour important de commémoration. Je suis désolé que chacun n’ait pu trouver une place en notre salle gothique, mais il était évidemment impensable de tenir cette cérémonie en un autre endroit qu’en l’Hôtel de Ville de Bruxelles.

Je vous remercie pour votre attention.

Freddy THIELEMANS

Bourgmestre de la Ville de Bruxelles

Discours de Monsieur Maurice Sosnowski, le 2 septembre 2012 à la cérémonie
Hôtel de ville de Bruxelles

Chers amis,

En cette année où la Belgique préside la Task Force sur l’Holocauste, la communauté internationale a le regard tourné vers nous. Il est donc bon que la Belgique prenne des initiatives. A ce titre, au nom de notre communauté, je vous remercie Monsieur le Bourgmestre d’avoir pris l’initiative de cette cérémonie. Oui, notre administration commit des fautes majeures durant la seconde Guerre mondiale avec pour conséquence le 3 septembre 42, la rafle, puis la déportation et le massacre de juifs, parce que juifs. Nous sommes heureux que celui qui préside aujourd'hui à la destinée de notre capitale le reconnaisse enfin. Pour nous, les enfants de la Shoah mais plus encore pour l'ensemble de nos concitoyens qu'ils fussent autochtones comme allochtones..

Une société ne saurait être apaisée dans le déni de l’histoire

Car, je vous sais trop brillant intellectuel pour ne pas avoir songé à cette phrase du philosophe américain George Santaya « ceux qui ne peuvent se rappeller le passé sont condamnés à le répéter. ». D'où l'importance de cette cérémonie qui est à mes yeux, comme à l'ensemble de notre judaïcité,  historique.

Et je veux remercier ici l’association pour la mémoire de la Shoah qui a pris l’initiative de proposer cette cérémonie à notre Bourgmestre.

Mais comment ne pas remercier, celui grâce à qui nous sommes aujourd’hui rassemblés, le premier historien de la Shoah belge, celui qui a redonné une existence à chacun des 24908 juifs qui ne sont pas revenus en leur consacrant à chacun une biographie. C’est lui, Maxime Steinberg, qui a relevé le défi de l’oubli. Merci, Maxime pour tout ton travail. J’aurais tant aimé te voir ici à ma place vivre l’aboutissement de l’œuvre de toute une vie.

C’est toi qui disais dans une interview à Sylvie Lausberg «  nous ne sommes pas devant une question d’histoire, mais devant une question de société, une question politique. Il faut que cette société dise si cela semble conforme que les administrations communales sur ordre constitue un fichier des Juifs qui sert à la déportation». J’ajouterais à cela que les administrations ont ainsi trahi la confiance d’individus qui avaient foi en nos institutions. Les juifs se retrouvèrent séparés de leurs voisins sur seule base de leur origine religieuse ou soi-disant raciale

Ainsi, est on en droit de se demander pourquoi le Bourgmestre Van de Meulebroeck n’a pas fait une affiche pour prévenir les juifs de ne pas s’inscrire, plutôt qu’une affiche les incitant à s’inscrire. On peut féliciter  en revanche des Bourgmestres comme Herinckx, voire Coelst, ou le procureur du Roi de Bruxelles, Lucien Van Beirs qui très clairement indiquera qu’au sens de la loi belge, l’autorité occupante n’a pas le droit d’ordonner valablement des arrestations.

Mais ce qui m’interpelle aujourd’hui c’est les autres, ceux qui n’ont rien fait, qui ont laissé faire ou pire ont suivi des ordres.

Comme Edmund Burke le dit : Tout ce qui est nécessaire pour que le mal triomphe est que les hommes bons ne fassent rien.

En Allemagne, malgré l'impact de leurs exécutions nocturnes, et malgré l'intensité de leur propagande, les nazis n'obtiennent pas la majorité absolue aux élections de mars 33. Le NSADP recueille 44% des votes. Il n'est donc pas vrai que la démocratie a porté Hitler au pouvoir. Les chefs de partis d'opposition ont abandonné le combat. Le 5 mars les nazis étaient minoritaires, le 6, ils triomphaient. Le troisième Reich est né d’une trahison totale, générale et sans exception de la gauche à la droite. La croix gammée n'a pas été imprimée dans la masse allemande comme dans une matière récalcitrante ferme et compacte. Elle l'a été comme dans une substance amorphe, élastique et pâteuse. Que quelque chose puisse sortir du ruisseau, sans courant profond et gagner de la puissance sur presque tous les hommes, c'est précisément cela qui est effrayant dans le phénomène et c’est à cela que je vous demande de réfléchir.

La démocratie ça se mérite tous les jours. Les ressources de la tyrannie sont infinies et la liberté humaine est fragile. Nous devons tous être attentifs.

Michel Herode rappelait lors du congrès organisé par l’UPJB à la mémoire de Maxime Steinberg, la phrase de Ian Kershaw, Si elle fut le fruit de la Haine, la route d’Auschwitz fut pavée d’indifférence. J’ai peur de cette indifférence d’hier comme celle d’aujourd’hui.

Comment expliquer autrement qu’un juif sur deux est déporté de Belgique alors que de France il n’y en a, si j’ose dire, que 1 sur quatre, malgré l'empressement de Vichy à collaborer. N’est-ce pas troublant ?

Comme tout enfant de la Shoah, cette question ne cessera de me tarauder et ce d’autant plus dans le climat de crise qui est aujourd’hui le nôtre. Tout doit être entrepris pour éviter que l’histoire ne se répète ; D’où mon interrogation : Où en est on dans la transmission de la mémoire. Lutte t on contre le négationnisme et le révisionnisme ? Contre l’antisémitisme ? Les concepts de Responsabilité et Citoyenneté sont ils enseignés à nos enfants. Et le plus jamais cela ne devient t-il pas le plus jamais quoi ?

La transmission de la mémoire de l’horreur vécue dans les camps a été assurée jusqu’ici par des témoins. Elle risque donc d’être hypothéquée.  Certes, les techniques de conservation assurent la transmission du témoignage tout à la fois dans le temps et dans l’espace. Et l’on doit à Eisenhower lors de sa découverte des camps de la mort cette riche documentation puisqu’il ordonna de prendre toutes les photographies possibles parce que disait-il, au cours de l’histoire, il se trouvera toujours un enfant de salaud qui se lèvera et proclamera que cela n’a jamais existé.  De nombreuses initiatives sont prises ici et là,  On pense au Décret Mémoire promulgué en 2009 par le Gouvernement de la communauté française, parce que ses objectifs et finalités éducatives rejoignent nos préoccupations. On pense surtout à Auschwitz, et au train des 1000 qui a emmené de nombreux jeunes de nos écoles accompagnés par notre1er ministre, et vice-première qui me confiait combien elle-même était bouleversée, et désirait recommencer cette expérience chaque année. Pour que tous nos enfants sachent.

Mais encore faut-il que l'histoire soit véritablement dite. Dans le discours de notre Premier ministre le mot « Juif » n'a été prononcé qu'une seule fois ! Bien sûr, les juifs furent et restent des êtres humains comme les autres... - ce que précisément les nazis contestaient- sauf que ce sont eux seuls et eux seuls qui furent exterminés systématiquement durant la seconde guerre.  A Auschwitz, 95% des personnes gazées étaient d’origine juive. Il est temps aujourd'hui de le dire sans ambigüité. Comme le souligne fort admirablement Albert camus : « mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde ». Ne parler que d'individus, de citoyens revient à se priver précisément de la salutaire leçon d'histoire ! 

Le défi est énorme. Au regard du négationnisme et du révisionnisme passé mais surtout présent.

Car si Faurisson pour qui les prétendus massacres en chambre à gaz et le prétendu génocide sont un seul et même mensonge ou qui intitulait un de ses cours à l’université de Lyon le Journal d’Anne Frank est-il authentique, a été condamné, il a néanmoins engendré un Le Pen qui qualifie les chambre à gaz de détail de l’Histoire, ou Dieudonné qui fait salle comble partout où il va, et là encore, je remercie le bourgmestre et ses services pour avoir interrompu son dernier spectacle à Bruxelles.

Mais on peut, on doit s’interroger sur le succès de ces spectacles.  Sur la volonté de banaliser ces crimes contre l’humanité.

Or cette notion de crimes contre l’humanité s’est imposée comme une catégorie nouvelle du droit international en 45 à la prise de conscience de ce que furent les camps de la mort.

Pour que plus jamais cela n’arrive, mais plus jamais quoi ?

Plus jamais l’exclusion, la discrimination, la stigmatisation, le mépris de l’autre, le racisme… Le génocide arménien du début du siècle est nié aujourd’hui encore, et le plus jamais cela de la Shoah, n’a pas empêché le génocide Tutsi de survenir en 1994. Avec la complicité de toutes les nations comme Mr Verhofstadt le soulignait, tout en présentant ses excuses pour la Belgique. Finkelkraut le rappelait, nous ne venons au politiquement correct que par crainte du politiquement abject.

Il ne faut pas oublier que les Dreyfusards étaient minoritaires dans la France du XIX. Qui nous dit que leur victoire est définitive. Qui nous dit que dans un contexte de crise économique, de désindustrialisation massive, de chômage chronique, les héritiers du dreyfusisme ne seront pas violemment balayés. Qui nous dit que, faute de pouvoir agir sur le processus en cours, la majorité ne trouvera pas dans la désignation de boucs émissaires, un exutoire à son angoisse et un moyen de refaire l’unité du corps social ? Nous ne sommes pas à l’abri d’une rechute. Brecht l’a dit : le ventre est encore fécond d’où est sortie la bête immonde.

Quand vous entendrez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous. (Sartre)

Expression du vide, l’antisémitisme ne peut structurer aucune revendication. S’il peut être source de violences, il ne peut générer d’action. Il semble constituer une des expressions du ghetto une des manifestations du repli d’une partie de la population sur elle-même. 

Parler de repli communautaire est une erreur d’interprétation. Le repli s’effectue sur un monde factice, sur une caricature de vie sociale et de communauté. L’exemple de Merah, l’assassin de Toulouse, considéré  comme un exemple pour beaucoup dans sa communauté remet en question les plus grands acquis de notre civilisation comme le respect de l’autre pour ce qu’il est.

Dans une récente et très belle analyse de l’antisémitisme,  Didier Lapeyronie, professeur de sociologie à l’Univ Paris-Sorbonne présente les choses ainsi : « Les juifs sont tout, si je suis exclu, ils sont intégrés, si je suis pauvre, ils sont riches. Si je suis nulle part, les juifs il y en a partout et c’est bien là le problème. S’ils n’étaient pas partout, je ne serais pas nulle part.  Il devient inutile de chercher à se transformer ou à changer la société, il devient inutile d’agir. Il devient inutile de penser ».

L'ignorance n'est pas un vide, c'est un trop plein de certitudes. Alors, l’antisémitisme résoudrait tous les problèmes.

Mais cet antisémitisme d’en bas, ne susciterait peut-être pas tant d’inquiétudes s’il ne s’était pas développé parallèlement à un antisémitisme d’en haut, antisémitisme politique froid, provenant non pas de l’extrême droite, mais plutôt d’une partie de l’extrême gauche et du développement d’un antisionisme « radical » se présentant parfois sous le couvert d’antiracisme et impliquant des intellectuels. Je pense aux Forum sociaux des altermondialistes à Durban, bien sur et à son enfant Boycott-désinvestissement- sanction BDS qui a fait son entrée dans mon Université. En fait la nouvelle judéophobie ressemble très fort à l’ancien antisémitisme. Ce n’est pas Gaza qui explique l’antisémitisme, mais l’antisémitisme qui explique la focalisation sur la question du Proche-Orient. La situation des Kurdes ou les massacres de musulmans ne suscitent guère de réaction et d’indignation. Les massacres en Bosnie ou au Kosovo n’ont pas non plus engendré de mobilisation particulière. Et ne parlons pas de ce qui se passe aujourd’hui dans l’est du Congo et en Syrie

La responsabilité de l’enseignement est ici encore engagée. L’obligation civique qui s’impose à lui aujourd’hui ne connaît pas de voie facile. Elle n’en demeure pas moins une priorité. Car il ne suffit pas de connaître, il faut comprendre. Je pardonne a un étudiant qui ne connait pas, pas à celui qui n’a pas compris.

Ainsi, l’enseignement de l’histoire immédiate qui traite des faits contemporains ou ultra contemporains doit mettre en œuvre les méthodes employées à l’histoire, à la sociologie et à l’anthropologie pour expliquer ces faits.

Si l’enseignement reste à mes yeux le seul espoir de contrer le mal, vous aurez compris au travers de ces quelques mots que je partage l’inquiétude de membres de ma communauté, de voir réapparaître les stigmates des années trente ici comme ailleurs en Europe. L’exemple de la Hongrie actuelle est criant, et aujourd’hui comme hier, pour ne pas tomber dans ces abominables écueils, nous choisissons de passer certains faits sous silence. Comme en Iran.

Là ou l'on brule des livres, on finit par bruler des hommes, prophétisait Heine allemand et juif.

J’ai peur pour l’homme, la société, notre civilisation.

Trouverons-nous encore aujourd’hui des hommes et des femmes courageux, comme ces justes, qui n’hésitèrent pas à mettre leur vie et celle de leurs proches en danger pour sauver des enfants promis à la mort et dont plusieurs sont grâce à eux ici présents.

Ce même courage animait ces hommes et femmes libres qui n’hésitèrent pas à rejoindre le rang des résistants et des partisans afin de lutter contre la barbarie.

Le courage encore de tous les hommes et femmes membres des associations de la mémoire  qui depuis tant d’années luttent contre l’indifférence et l’ignorance. Vous savez combien je suis admiratif de votre travail. Merci à vous tous.

Du courage, vous avez en avez fait preuve aussi, Monsieur le bourgmestre, vous et votre administration qui avez permis la tenue de cette cérémonie. Votre geste est réconfortant car il témoigne, de votre volonté de tirer les leçons de l'histoire, sans compromissions mais aussi sans repentance exagérée.

Nous espérons que d’autres hommes et femmes politiques feront preuve de ce même courage pour qu’enfin le Sénat se penche sur les conclusions  du rapport du CEGES : la Belgique docile.

 

 

22:27 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Camps | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

après cet incident, le maire a fait un travail incroyable. vous saluons maire. aimer les choses que vous avez dit dans votre article et Merci pour ce partage.

Écrit par : laperlerare | 02/01/2013

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