13/09/2012

Les excuses du gouvernement Belge

Ce 9 septembre à la Caserne Dossin de Malines. Un millier de personnes étaient présents. Cette semaine, l'Etat belge a avancé d'un pas par rapport à sa responsabilité dans la déportation de 25000 juifs belges. Dimanche passé ce sont les autorités bruxelloises qui ont désavoué leurs prédécesseurs collaborateurs. Aujourd'hui matin dimanche 9 septembre, c'est le premier ministre belge accompagnant le Prince Philippe entourés d'une délégation du gouvernement belge, des ministres et des ambassadeurs de différents pays. Chacun a déposé une gerbe de fleurs devant le mémorial des juifs déportés. Tous sans exception se sont arrêtés devant le mémorial par respect... sauf ...un délégué flamand du parti nationaliste flamand qui n'a pas daigné s'arrêter devant le mémorial comme tout le monde ! Un comportement pour le moins choquant et blessant qui n'a pas été relayé par la presse.

Voici un compte rendu de l'association juive qui est à la base de toutes ces initiatives.

L'Etat, par la voix de son Premier ministre Elio Di Rupo, a aujourd'hui enfin arraché l'étoile infâmante qu'il avait contribué à épingler sur le coeur des Juifs durant la guerre. L'AMS demande la constitution d'une commission d'enquête parlementaire .
C'est avec un immense soulagement et avec une profonde reconnaissance que les rescapés de la Shoah, rassemblés à Malines à l'occasion du 56ème pèlerinage du martyr juif de Belgique, ont entendu les paroles historiques prononcées à cette occasion par le Premier ministre Elio Di Rupo.

L'Association pour la Mémoire de la Shoah a rassemblé ses membres et sympathisants après la cérémonie, afin d'en tirer en commun les conclusions.

L'AMS salue les paroles de vérité, de condamnation, d'excuses et d'engagement qui furent prononcées par le Premier ministre. Son discours répond en tous points à l’objectif que l'AMS lui a exposé le 27 janvier 2012, quand une délégation avait été reçue à la chancellerie lors de la journée internationale de la libération des camps nazis.

Au nom de l'Etat belge et devant le Prince Philippe, le Premier ministre a voulu écarter "toute ambiguïté" et reconnaître que l'Etat belge, durant la guerre, "s'est rendu complice du crime le plus abominable" en trahissant les Juifs du royaume qui étaient venus "y chercher l'assurance d'une sécurité, le droit de vivre en paix, tout simplement".
Considérant que les conclusions du rapport du CEGES "La Belgique docile" sont "accablantes", Elio Di Rupo a déclaré qu'il s'agit "d'une tache indélébile, moralement imprescriptible" et "d'une responsabilité ineffaçable"; il à présenté ses "excuses à la communauté juive, même si les faits de l'époque sont inexcusables". Il a conclu en invitant le Sénat à inscrire, sans plus tarder, le sujet à son ordre du jour.

Pour l'AMS, ce travail parlementaire passe nécessairement par la constitution d'une commission d'enquête parlementaire. Un sujet aussi grave et complexe ne peut être expédié par quelques bonnes résolutions et autres voeux pieux genre "Plus jamais ça!". Il s'agit au contraire d'étudier comment l'appareil d'Etat a été progressivement préparé à une aussi grave forfaiture, quels sont les défenses morales et administratives qui n'ont pas fonctionnées et le cas échéant, quelles réformes il importe de décider afin d'en prévenir la possible répétition. Après avoir pris le temps d'écouter des experts juristes, sociologues, historiens, psychologues des foules et des institutions; après en avoir discuté et examiné les détails, les membres de la Commission d'enquête devront rédiger un rapport qui sera soumis en une séance plénières aux élus de la nation. Ces derniers auront alors l'occasion d'adopter des motions symboliques, mais également de décider des propositions concrètes de la Commission d'enquête en matière constitutionnelle, législative, mémorielle et pédagogique.

Pour sa part, l'AMS souhaite que soient abrogés en urgence les articles de loi qui réduisent le droit au bénéfice d'une pension de dédommagement aux victimes de la Shoah en Belgique encore en vie s'ils n'étaient pas belges durant la guerre, même s'ils ont obtenu la nationalité depuis lors.

L'AMS considère avec satisfaction la reconnaissance du Premier ministre. Ses paroles fortes et justes ont contribué à apaiser de plaies toujours existantes. Même si le crime a des conséquences irréparables, même si les quelques 28.900 Juifs du pays morts en détention, assassinés en Belgique ou à la suite de leur déportation depuis Malines ou Drancy ne reviendront jamais, l'Etat, par la voix de son Premier ministre, a aujourd'hui enfin arraché l'étoile infâmante qu'il avait contribué à épingler sur le coeur des Juifs. Par conséquent, et comme elle s'y était engagée, l'AMS décide de décrocher l'étoile jaune-noire/jaune/rouge que ses militants arboraient pour soutenir leur demande de reconnaissance. L'AMS prend acte de l'invitation du Premier ministre à entamer un travail parlementaire à ce sujet. L'AMS considère qu'une commission d'enquête parlementaire relative à la complicité de l'Etat belge dans la persécution et la déportation des Juifs du pays doit être réunie rapidement. Au cas ou une telle commission n'aurait pas encore été réunie dans un an, lors du 57ème pèlerinage de Malines, l'AMS sera contrainte à regrets de ressortir ses étoiles des tiroirs et de rappeler les autorités du pays à leur devoir.

 

22:54 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Camps | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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