12/09/2012

Les médecins juifs dans le Ghetto de Varsovie : Juillet 1942

Les médecins juifs dans le Ghetto de Varsovie : Juillet 1942

Il y  a  soixante  dix ans, le 22 juillet 1942  débutait la « grande déportation » ou Aktion qui rentrait dans le cadre de l’Aktion Reinhardt avec la mise en place des centres de mise à mort de Belzec (mars 1942), de Sobibor (mai 1942) et de Treblinka (juillet 1942).

 

Le 22 juillet 2012 eut lieu à Varsovie, pour la première fois la commémoration du 70ème anniversaire du début de la déportation (et de l'extermination) des Juifs du ghetto de Varsovie vers Treblinka, où ils furent tous gazés. Le Dr Halioua nous signale l'action des médecins dans ces conditions inouïes.

Cette entreprise d’anéantissement faisait suite à presque deux années d’existence du Ghetto de Varsovie au cours de laquelle les médecins juifs avaient déployé une énergie hors du commun pour assurer les soins de la population juive tout en réalisant des travaux de recherche clinique sur les conséquences de la faim par exemple le Dr Emil Apfelbaum (Retour sur le Ghetto de Varsovie Marian Apfelbaum Ed. Odile Jacob, 2002).

Dans un premier temps, pour faciliter l’entreprise d’anéantissement, les Autorités allemandes avaient fait placarder des affiches promettant trois kilos de pain et un kilo de marmelade à tous ceux qui se présentaient volontairement à l’Umschlagplatz qui était un vaste espace situé à la lisière nord du ghetto d’où partaient les trains pour  la « réinstallation à l’est » (Umsiedlung nach Osten). Dans un premier temps entre le 22 au 30 juillet, comme l’a bien relaté Marek Edelman futur membre de l'état-major de l'insurrection du ghetto de Varsovie, la majorité des Juifs ont fait confiance, aux promesses allemandes. «  Les gens échangent leurs certitudes, se raisonnent eux-mêmes ou expliquent aux autres que même les Allemands ne massacreront pas sans raison des centaines de milliers de gens, surtout au moment où ils ont tellement besoin de force de travail ».  Il a été procédé à la déportation des  Juifs non porteurs d’une attestation de travail tandis que certaines catégories de la population bénéficiaient d’une exemption, ainsi les médecins hospitaliers en particulier.

Dans l’enceinte de l’Umschlagplatz, les autorités allemandes avaient autorisé la mise en place d’une infirmerie  dans  laquelle une équipe de médecins et d’infirmières juifs assurait les soins de première urgence tout en déployant une énergie hors du commun afin de sauver un maximum de personnes. Mais très rapidement le doute s’est installé à la suite d’évasions de Treblinka et de nombreux Juifs ont tenté, le plus souvent en vain, de se soustraire à la déportation. À compter du 31 juillet, la SS, assistée de supplétifs (gendarmerie allemande, auxiliaires ukrainiens, lettons et lituaniens) a décidé de remplir les quotas de déportations journalières programmées sans tenir compte des exemptions prévues par les documents d’identité.

Ils ont alors bloqué systématiquement, une par une, les rues du Ghetto afin de fouiller les immeubles et de rabattre la population vers l’Umschlagplatz où  se trouvaient les  wagons de marchandises qui faisaient des va et vient entre Varsovie et Treblinka. Les médecins et les infirmières juifs autorisaient les sorties de l’Umschlagplatz pour les personnes souffrant de fracture. En conséquence comme l’a rappelé Marek Edelman  « Pour que la preuve du mal soit évidente, on brise sans anesthésie, dans un réduit derrière le dispensaire, les jambes de petits vieux et de petites vieilles  qui, grâce à quelque supplique ou à quelque faveur, ont bénéficié d’un sursis ».

De son côté, après chaque départ des trains, un certain nombre de médecins comme Adina Blady Szwajger, recueillaient les enfants que leurs mères avaient abandonnés sur place afin de les ramener dans l’enceinte du Ghetto. Les médecins et les infirmières remettaient des blouses à quelques personnes afin de les faire passer pour des membres de l’équipe soignante. C’est ainsi que le docteur Rundstein  a sauvé le docteur Reicher avec sa femme et sa fille. L’un des membres de l’infirmerie Nachum Remba s’est illustré en sauvant de nombreuses personnes notamment un acteur de théâtre, Jonas Turkow, qui a livré son témoignage après la guerre. Mais cela comportait des risques « Celui qui part repêcher des gens n’atteint pas toujours son but, mais il arrive souvent qu’il soit lui-même noyé dans la foule et enfoncé avec elle dans un wagon ».  De nombreux médecins ont refusé de quitter leurs proches ou leurs patients.

C’est ainsi que Janusz Korczak (de son vrai nom Henryk Goldszmit) a refusé l’offre qui lui  a été faite de ne pas être déporté, préférant partager le destin des enfants de l’orphelinat dont il s’occupait dans le Ghetto. 

Au terme de l’Aktion, le 21 septembre, jour du Yom Kippour, 265 000 Juifs de Varsovie avaient été exterminés à Treblinka tandis que plus de 10 000 ont été assassinés sur place et plus de 11 500 concentrés dans des camps de transit. Il ne restait plus dans  le ghetto que 55 000 Juifs qui y vivaient soit “légalement” (environ 35 000), soit cachés, c’est parmi ce groupe de survivants qu’a eu lieu la révolte du ghetto quelques mois plus tard.

Dr Bruno Halioua

Secrétaire général de l’AMIF (Association des Médecins Israélites de France)

www.crif.org/fr/revuedepresse/les-médecins-juifs-dans-le-ghetto-de-varsovie-juillet-1942/32154

23:15 Écrit par consolez, consolez mon peuple dans Varsovie le Ghetto | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

regrouper credit 0 frais et interet bancaire comment bénéficier d'un financement crédit crédit conso hypotheque emprunt travaux mensualité pas chères regrouper credit pret finance rachat de mensualité locataire

Écrit par : rachat de credit locataire | 14/04/2014

Les commentaires sont fermés.